LE REGARD TOURNÉ VERS L’AVENIR - Les Azzurri, une équipe qui pèse

Courses / 27.03.2019

LE REGARD TOURNÉ VERS L’AVENIR - Les Azzurri, une équipe qui pèse

Par Franco Raimondi

Précédemment, nous vous avons expliqué que les entraîneurs italiens installés en France ont présenté l’année dernière 99 poulains et pouliches de 2ans, dont 30 ont gagné 40 courses. Aujourd’hui, nous vous proposons un focus sur les 2ans des six principaux professionnels "azzuris".

Le poids des 2ans. Avec neuf gagnants, Alessandro Botti et Simone Brogi occupent, ex-aequo avec cinq confrères français, la sixième place dans cette colonne du classement des entraîneurs. Le Romano-Palois est neuvième en solitaire dans le classement selon les victoires (12) et le Milano-Cantilien est onzième avec un succès en moins. Simone est quatorzième par les gains (231.800 €) et Alessandro quinzième (215.975 €). Les juniors de Brogi ont remporté 34,9 % des gains de l’écurie et ceux d'Alessandro Botti 24,3 %. Les chiffres confirment ce que nous avait expliqué dans l’édition de mardi Simone Brogi, sur la culture italienne des juniors : les 2ans des dix entraîneurs français au top ont contribué pour 15,2 % aux gains de leur écurie.

Simone Brogi, plus de qualité. Les 2ans de Simone Brogi sont passés de 29 à 31 en deux jours et le jeune entraîneur nous explique : « J’ai une très belle équipe, avec moins de précocité et beaucoup plus de qualité par rapport à l’année dernière. Il est trop tôt pour avancer un nom ou un autre. Je suis confiant parce la grande majorité a été achetée aux ventes. S’ils sont moyens ce sera de ma faute ! J’ai acheté mon top price, un Charm Spirit (Invincible Spirit), à la vente d’octobre. Le prix moyen de mes achats est aux alentours de 28.500 €. Je pense qu’en France, on peut faire du bon shopping. Je ne m’attends pas à faire feu en tout début de saison, mais si un 2ans montre de la précocité, je ne lui interdirai pas de gagner… J’aime bien façonner mes juniors en région avant de monter à Paris, s’ils le méritent. C’est le programme qui veut ça. »

Le grand Pleasure d’Alessandro Botti. L’équipe d’Alessandro Botti est plus mélangée, avec plusieurs sujets élevés par leurs propriétaires. Le poulain qui tape à l’œil est le demi-frère de Sea of Class (Sea the Stars), élevé par la famille Botti et acheté à Tattersalls Octobre par Alessandro pour le compte de Carlo Ancelotti. Le jeune entraîneur avait façonné la mère de cet Honor and Pleasure (Oasis Dream), la célèbre Holy Moon (Hernando), et il nous a dit : « Il a très bien évolué depuis son achat. Je ne m’attendais pas à avoir un poulain précoce, sa mère était tardive comme toutes ses sœurs, et je pensais attendre ses 3ans, mais je pense que si tout si tout se passe bien, il fera ses débuts dans les bonnes courses pour inédits de fin saison. La plus précoce du lot est Mowaeva (Evasive) mais j’ai plein de juniors intéressants comme un magnifique Le Havre (Noverre) de monsieur Robert Ng, Dame de Cœur, une belle Anodin (Anabaa) de la Scuderia La Tesa, et une Siyouni (Pivotal) issue d’Ombrage (Orpen), une gagnante de Gr3 en Italie qui avait beaucoup de classe. »

Le Priore Gianluca… Gianluca Bietolini n’a pas connu une année 2018 inoubliable avec ses juniors, mais il s’attend à de belles choses : « J’ai reçu cinq sujets élevés par la Scuderia Micolo, mais je pense, comme d’habitude, commencer à sortir mes 2ans à partir du mois de juin, sauf un fils de Sommerabend (Shamardal) qui vient d’arriver, après été débourré en Italie chez mon frère Gabriele. Le lot est bon, avec plusieurs sujets prometteurs. » Sur le pedigree, le meilleur est Priore Anthony (Invincible Spirit), le demi-frère de Priore Philip (Dane Friendly), qui avait décroché un rating de 120 lors de son succès dans le Premio Roma (Gr1 à l’époque). Le poulain a été racheté (78.000 €) par son éleveur, Stefano Luciani, à la vente SGA. Gianluca Bietolini nous explique : « La vente est arrivée trop tôt pour lui et on l’a envoyé au pré pendant deux mois. Il a beaucoup progressé et depuis qu’il a commencé le préentraînement chez Daniel Colé, il a encore changé. Il continue à évoluer dans le bon sens avec le travail. C’est un vrai Invincible Spirit. C’est un poulain pour la fin d’été mais très prometteur. »

Andrea Marcialis attend les renforts. Dix des 26 chevaux présentés cette année par Andrea Marcialis ont gagné. Pour les amoureux des statistiques, c’est un indicateur important. Le jeune Sardo-Milanais-Cantilien peut se concentrer sur les juniors qui sont déjà à l’écurie, en attendant les renforts qui arriveront de Milan, où, dans une chaleur printanière, papa Tonino est au travail sur une vingtaine d’autres sujets. Andrea nous explique : « Ils arriveront presque prêts à courir. C’est bien pour les chevaux, qui peuvent bénéficier d’une météo plus favorable en Italie, et pour les propriétaires, car les coûts sont moins lourds qu’en France. Je suis satisfait de ceux qui sont au travail ici, et papa est content de la préparation des autres qui sont à Milan. J’ai deux pouliches par Dabirsim de l’écurie Normandie Pur-Sang qui sont prometteuses et un mâle par Wootton Bassett qui a bien travaillé mais je ne pense pas les courir dans la première course de la première réunion, comme on dit chez nous ! »

Attilio Giorgi et ses flèches bon marché. Attilio Giorgi, un professeur de 2ans, a fait son shopping en ramenant quatorze poulains et pouliches pour 91.500 €. Un seul de ses juniors est élevé par son propriétaire et un seul a été payé plus de 10.000 €, un mâle par Toronado (High Chaparral), acheté 22.000 € à la vente d’octobre. Pour le Romano-Cantilien, la réussite avec des sujets achetés pour un petit prix, c’est la règle. Quand il était encore installé en Italie, il avait gagné le Prix du Bois (Gr3) en 2015 avec Fly on the Night (Equiano), dénichée pour 6.000 Gns (7.350 €) dans le book 3 de Tattersalls. Elle courait pour la casaque de Pietro Sinistri, qui possède cinq des juniors à l’écurie. Chez Giorgi, les 2ans n’ont pas de temps à perdre dans le jardin d’enfants. Il faut travailler. L’entraîneur nous a dit : « Les petits apprennent leur boulot, ils sont bien mais j’ai une seule petite bombe à débuter assez tôt. Ce n’est pas pour la première course des 2ans, disons plutôt pour la mi-avril… Elle s’appelle Black Morning (Due Diligence). C’est une pure sprinteuse. Les autres suivront… »

Maurizio Guarnieri, un bon pour Fratello Mil. C’est pour 73.000 € que Maurizio Guarnieri a acheté sept des neuf juniors qui sont dans sa cour à La Teste. Le plus cher de ses 2ans est un mâle par The Wow Signal (Choisir) qui a affiché 20.000 € chez Osarus et porte le nom de Disincanto (désenchantement, en italien), un « bien joli poulain qui sera prêt en juin », d’après son entraîneur, comme Merci Nancy (Toronado), un produit de l’élevage de Mathieu Daguzan-Garros. La première à courir sera La Zisa (Style Vendôme), une pouliche qui vaut plus que les 7.000 € déboursés par Maurizio Guarnieri en association avec l’écurie Nuovi Orizzonti et Luca Morari, le fils de Sandro, un vieux battant des courses qui nous a quittés. Le Toscan-Testerin nous explique : « Elle effectuera ses débuts mi-avril. C’est une pouliche qui a très vite compris son travail, elle est issue d’une demi-sœur du gagnant de Gr1 French Fifteen (Turtle Bowl), et dans sa page de catalogue on trouve une star comme Zarkava (Zamindar). » Maurizio Guarnieri a bien appris la leçon de Fratello Mil, Emilio Borromeo, qui nous a quittés la semaine dernière. Il faut aimer les chevaux et lire jusqu’à la dernière ligne la page du catalogue. Et vous, Paolo Aragoni (qui est en attente de place pour rentrer des juniors à La Teste) et Daniele Zarroli qui, à la mode de Mil, a entraîné la deuxième mère, la mère, et a élevé la seule 2ans qu’il a chez lui – Colonnella (Kendargent) – dépêchez-vous ! Il faut faire quelque chose dont notre frangin serait fier.

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