À l’assemblée générale de la Fédération des éleveurs

Élevage / 01.04.2019

À l’assemblée générale de la Fédération des éleveurs

À l’assemblée générale de la Fédération des éleveurs

Par Alice Baudrelle

Dimanche matin, à Auteuil, la Fédération des éleveurs tenait son assemblée générale. C’était la dernière de la mandature. Le nouveau comité issu des urnes a d’ailleurs été révélé dans l’après-midi. Voici les sujets abordés par le biais de divers intervenants.

Loïc Malivet, président de la Fédération des éleveurs, a énoncé plusieurs points positifs : « Nous avons gagné quatre-vingt-quinze nouveaux adhérents et amélioré notre communication, même si nous pouvons encore mieux faire. Notre répertoire des étalons plaît toujours autant et il est distribué à tous les éleveurs, adhérents ou non, avec un envoi huit jours plus tôt, ce qui permet de l’avoir avant les ventes de Deauville de décembre. Il y a eu aussi l’impulsion de nos commissions internationales et sanitaires, menées par Hubert Honoré, Tim Richardson et Guillaume Fortier. Dans le même temps, nous travaillons en relation avec le docteur Gadot et France Galop. Je pense que l’équipe est très solide. Nous travaillons aussi en lien avec le Respe et ses sept cents vétérinaires sentinelles, qui nous permettent de gérer les différents foyers d’épidémie, comme la grippe, l’artérite virale ou la rhinopneumonie. Autre point positif, l’arrivée de Luc Kronus à la direction de la Fédération. Nous avons eu des moments compliqués, puisque nous étions sans directeur depuis le 15 octobre avec beaucoup de dossiers à traiter. Il est important que la nouvelle équipe élue s’implique et participe aux décisions en cette période cruciale. Nous avons besoin des idées de tous pour continuer à réformer nos instances et inverser la tendance baissière des enjeux. Il faut savoir que depuis cinq ou six ans, nous perdons énormément sur les enjeux (un milliard et demi en quelques années). Pour terminer, je tiens à remercier les membres du comité pour leur aide et leur confiance. »

Des éleveurs sans sol étrangers séduits par notre système. Pierric Rouxel, membre du comité, a expliqué : « Depuis deux ans, la Fédération des éleveurs est visible et accompagne toutes les victoires black types en France en plat et en obstacle grâce aux success boxes de Jour de Galop. Deux messages différents s’affichent, selon que le gagnant a été élevé en France ou à l’étranger. Dans le premier cas, nous félicitons l’éleveur en soulignant le made in France. Dans le deuxième cas, le message incite l’éleveur à penser aux primes et à "élever français". Depuis que ces parutions existent, le nombre d’appels que nous recevons est beaucoup plus important de la part d’éleveurs sans sol étrangers qui veulent comprendre notre système de primes. Malgré le frein que représente le taux de TVA et la barrière linguistique, ils sont de plus en plus nombreux à renforcer nos effectifs d’élevage et à permettre à nos entreprises de tourner à plein régime. »

Un budget préservé. Jean-Pierre Colombu, trésorier de la Fédération des éleveurs, a livré quelques chiffres concernant le budget : « Les recettes sont en baisse par rapport à 2017, surtout à cause des primes à l’éleveur qui représentent une perte d’à peu près 46.000 €. Cependant, par rapport au budget, nous avons généré 11.000 € supplémentaires. Nous avions bien anticipé la baisse des primes, un sujet sur lequel nous sommes toujours prudents, car il y a des années où les chevaux français performent, et d’autres où ils sont moins brillants. En revanche, les prélèvements sur budget ont continué à augmenter légèrement et au total, nous avons une recette de 50.000 € par rapport au budget. Nous avons constaté une hausse de 10.000 € sur le gala de l’élevage. Je pense que c’était beaucoup mieux pour nous tous de se retrouver sur un hippodrome. La situation comptable est bonne, car nous avons dégagé un excédent de 68.000 € sur l’an dernier. Bien entendu, notre rôle n’est pas d’acheter ni de faire des placements, mais de dépenser cet argent pour la promotion de l’élevage français. D’un autre côté, nous souhaitions avoir certaines réserves, car nous ne savons pas de quoi demain sera fait. Nous avons plusieurs salariés et il est important d’avoir un volant de trésorerie suffisant. » Hubert Honoré a quant à lui livré quelques chiffres concernant les équidés en Europe, lesquels sont au nombre de sept millions. Au total, six millions d’hectares leur sont consacrés. La filière génère 800.000 emplois et cent milliards d’euros chaque année.

Luc Kronus succède à Constance Popineau. Cette assemblée fut l’occasion de faire la connaissance du nouveau directeur, Luc Kronus, qui prend la relève de Constance Popineau. Âgé de 37 ans, ce passionné de courses depuis l’enfance a toujours eu un goût particulier pour l’élevage : « Je suis ravi de rejoindre cette belle institution qu’est la Fédération des éleveurs du galop. À l’issue de mes études de droit privé, que j’ai complétées par un master en management et en administration des entreprises, j’ai tout d’abord intégré la société du Trot au niveau de la direction technique. J’ai ensuite rejoint France Galop, en travaillant tout d’abord au secrétariat des commissaires où je traitais les dossiers disciplinaires ou encore les litiges entre socioprofessionnels. Puis j’ai intégré la direction "programme et régions", où j’avais notamment en charge le programme régional des courses plates. Je compte mettre au service de la Fédération ma connaissance de l’institution des courses au sens large, ainsi que mon expertise sur les sujets majeurs, notamment la politique des encouragements qui inclut les primes à l’éleveur. Parmi les missions qui m’ont été confiées, le sujet du bien-être animal sera bien évidemment un axe de travail majeur. Il faudra mener un combat pour répondre aux attaques dont fait l’objet le monde des courses. Plus généralement, la communication autour de la Fédération devra être développée même si des choses ont déjà été faites, et bien faites (le courrier des éleveurs, les articles qui peuvent être lus dans Jour de Galop et dans Paris-Turf). Cependant, ce sont essentiellement des actions à destination des acteurs des courses. Je pense que nous devons communiquer davantage sur notre activité en dehors du microcosme et pour cela, les réseaux sociaux seront un outil efficace. Pour conclure, vous pouvez compter sur mon engagement total au service de vos intérêts au côté de la nouvelle équipe. »

Le Brexit, un véritable casse-tête. Au sujet du Brexit, Paul-Marie Gadot, responsable du département livrets et contrôles de France Galop, a commenté : « Tout le monde s’est aperçu que c’était le chaos au Royaume-Uni. Nous avons commencé à travailler sur le Brexit il y a un peu plus de deux ans et formé une task force avec les Anglais et les Irlandais. Nous avons été une force de proposition au point que nous avons pu rencontrer la task force de Michel Barnier, un fait rarissime pour une industrie. Nous avons vu plusieurs fois le commissaire européen de l’agriculture et nous avons fait des propositions. Elles ont été refusées par la Commission européenne, mais ont été acceptées par les ministères irlandais, anglais et français. Lorsque les politiciens auront fini par prendre des décisions, nous pourrons présenter de nouveau notre projet, qui est de maintenir la libre circulation des chevaux dans les trois pays sans qu’il y ait de problème sanitaire ou de difficulté majeure. »

La grippe en voie d’éradication. La grippe a fait sa réapparition à la mi-décembre en Europe du Nord, s’étendant en Angleterre, en Irlande et en France. Paul-Marie Gadot a fait un point sur la maladie : « Je dois saluer le professionnalisme des éleveurs en matière sanitaire. Ils ont eu le réflexe d’isoler les juments qui rentrent. La maladie n’est pas très grave sur de jeunes chevaux en bonne santé, mais peut être mortelle chez les foals. Elle a atteint deux zones du galop en France, Moulins et Lamorlaye. Neuf établissements ont été touchés à Lamorlaye, parmi lesquels sept ont déjà éliminé le virus. Deux structures sont donc encore sous surveillance. La maladie semble s’enrayer tout doucement. »

Au-delà des Pistes diversifie son challenge. Aliette Forien, présidente de l’association Au-Delà des Pistes, a également pris la parole : « La Fédération des éleveurs s’est substituée aux éleveurs en prenant en charge les 1/1.000 que nous espérions avoir. Elle nous a versé 9.500 € pour nous aider dans toutes nos actions. Elle sponsorise également une des épreuves du challenge d’Au-Delà des Pistes en versant la somme de 500 € qui nous permet de donner des cadeaux. La Fédération des éleveurs est vraiment partie prenante dans notre association. La Fédération des courtiers et Nicolas Clément, pour l’association des entraîneurs, nous aident aussi et France Galop nous verse évidemment une somme importante. Nous avons créé des manifestations hippiques afin de montrer la qualité du pur-sang et nous allons les développer dans toutes les disciplines à travers toute la France. Il y aura désormais des épreuves de dressage et de concours complet afin de montrer la diversité et les aptitudes du cheval de course. Nous sommes la plateforme entre les entraîneurs ou les propriétaires qui ont des chevaux à placer, et les structures qui peuvent les accepter et leur apprendre une autre discipline. Nous continuons donc à labelliser des structures, tout en étant très à cheval sur les soins qu’elles peuvent apporter et les terrains dont elles disposent. Nous travaillons également en partenariat avec l’Angleterre et le bien-être du cheval est devenu une vraie cause à défendre. »

En 2019, Jour de Galop va reconduire son Charity Day en faveur d’ADDP, avec un dispositif original qui sera bientôt révélé. Par ailleurs, Jour de Galop produit et publie gratuitement des articles tout au long de l’année sur la reconversion, selon un programme de parutions établi avec ADDP.