Télécharger l'édition du jour
Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Antonia Devin : « Turgeon a été un étalon extraordinaire »

Élevage / 10.04.2019

Antonia Devin : « Turgeon a été un étalon extraordinaire »

La disparition de Turgeon (Caro) a ému le monde de l’obstacle des deux côtés de la Manche. Âgé de 33ans, il fut un grand étalon et son influence est considérable en France, mais aussi à l’étranger. Antonia Devin a rendu hommage au plus célèbre des sires du haras du Mesnil : « C’était presque un membre de la famille car il resté avec nous pendant vingt-six ans. Turgeon était facile et gentil. Il n’a jamais vu le vétérinaire et possédait un moral d’acier.

Nous cherchions un étalon ayant le profil pour produire en obstacle et prendre la suite de Pampabird (Pampapaul), lequel avait connu la réussite dans cette spécialité. La lignée de Grey Sovereign (Nasrullah) n’était pas très représentée en France. Turgeon correspondait à ces deux critères et nous avons saisi l’opportunité de l’acheter lorsque celle-ci s’est présentée. Par bonheur, il croisait très bien avec notre jumenterie qui n’était pas très fournie à l’époque. Dès le départ, cela a bien fonctionné, notamment avec Turbotière. Elle est la deuxième mère d’A Plus Tard (Kapgarde) qui a gagné lors du festival de Cheltenham cette année. D’une manière générale, Turgeon nous a donné beaucoup de bonnes pouliches, comme Ladies Choice (Prix Fleuret, Gr3), Ladytown (Prix Prince d’Ecouen, Listed) ou La Griottière (Prix Sagan, Gr3). Grâce à lui, nous avons désormais une base solide pour élever en obstacle.

Cet étalon extraordinaire a vraiment produit des sauteurs naturels et nous avons pu le constater rapidement. Cette aptitude à l’obstacle, c’est ce que tout le monde cherche. Ce n’était pas une évidence car sa lignée mâle n’avait pas donné énormément d’étalons d’obstacle. C’était un sire facile à croiser et il donnait des chevaux faciles à entraîner. Le fait qu’il ne saillisse pratiquement jamais une grande quantité de poulinières a participé à sa longévité, mais dans son cas ce n’était pas volontaire, car certaines saisons peu de juments sont venues à lui. Sa dernière saison de monte, en 2018, nous a permis d’obtenir de très beaux foals qui ont donc vu le jour cette année. Les chiffres parlent pour lui. Son âge est un record, bien sûr, mais sa production aussi : elle a gagné près de 25 millions d’euros, ce qui est considérable. Il a été tête de liste des étalons et tête de liste des pères de mères. C’est extraordinaire. Surtout pour un cheval dont le prix de saillie est toujours resté accessible. Il s’est imposé par la seule qualité de sa production, à défaut d’avoir sailli beaucoup de bonnes juments. »