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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

EN RÉGION - La renaissance et les ambitions de Langon

Courses / 25.04.2019

EN RÉGION - La renaissance et les ambitions de Langon

En 2008, les Sociétés des courses de Langon et de Libourne ont fusionné. Une décennie plus tard, le site de Langon, qui a lancé sa saison lors du lundi de Pâques, n’a plus rien à voir avec le modeste champ de course rural qu’il était par le passé. Pourtant, les défis ne manquent pas, à commencer par l’élargissement de son public.

On court depuis la seconde moitié du XIXe siècle dans cette région viticole qui s’étend à l'est de Bordeaux. Mais progressivement, le nombre de bénévoles est devenu trop réduit pour permettre à l’hippodrome de Libourne de continuer à exister. C’est ainsi qu’est née l’idée de la fusion, sous la présidence de Denis Guindeuil, lequel est toujours à la tête de la Société des courses locales. La vente des terres de Libourne a financé la rénovation de Langon, situé 50 kilomètres au sud. Ce qui n’était par le passé qu’un petit hippodrome rural, où trotteurs et galopeurs partageaient la même piste en herbe, est à présent un site capable d’être labellisé première catégorie au galop (ce qui est déjà le cas au trot). Une piste de qualité en sable pour les trotteurs a vu le jour. Celle désormais réservée aux galopeurs a reçu les équipements et l’entretien nécessaires à la satisfaction des professionnels les plus exigeants. Près de 40 boxes et 70 stalles sont disponibles. Une tribune très confortable est à la disposition du grand public. L’outil est en place, reste à le faire reconnaître à sa juste valeur par les professionnels, le grand public… et les institutions.

Des défis de taille. Yan de Kersabiec, éleveur et permis d’entraîner, est le vice-président de la Société des courses. Il nous a expliqué : « Notre équipe compte à la fois des bénévoles ayant trois décennies d’expérience, avec toute la connaissance du site et de son historique que cela implique, et des nouveaux venus qui apportent d’autres compétences. Nous ne manquons pas d’énergie pour relever les défis de taille qui se présentent depuis la rénovation : redorer l’image du site auprès des professionnels, conquérir le public local, diversifier les sources de financement… Mais il y aussi le fait que cet hippodrome, qui est un outil formidable et de qualité, n’a pas le nombre de courses qui correspondent à la qualité de ses installations. Surtout au galop où nous aimerions obtenir une réunion PMU et le statut de première catégorie. Mais il nous manque des courses pour cela. Pourtant nous sollicitons les institutions depuis longtemps. »

Reconquérir les professionnels. Yan de Kersabiec poursuit : « La Société des courses ne ménage pas ses efforts. Nous avons embauché en 2017 un responsable des pistes, Alexis Lemer, qui fait en sorte que les professionnels puissent présenter leurs pensionnaires dans les meilleures conditions. Nous avons abondamment communiqué, notamment grâce à Samuel Marchesseau. Et les résultats sont là. Lors de notre dernière réunion, Jean-Claude Rouget était présent. Et certains des meilleurs entraîneurs viennent courir ici, comme Christophe Ferland, Mikel Delzangles, Yan Durepaire… Tous les vainqueurs se voient offrir du vin de Graves des vignerons de Langon, partenaires privilégiés de l'hippodrome. Une réunion premium au mois d'août leur est dédiée et ils offrent son poids en vin au driver lauréat de la plus belle course de la réunion. Nous sommes en passe de remporter ce premier challenge. Surtout que nous avons de nombreux atouts à faire valoir, outre la qualité de nos installations. En effet, nous sommes situés au croisement de plusieurs autoroutes, à moins d’une heure trente de trois centres d’entraînement : Mont-de-Marsan, Pau et La Teste-de-Buch. Nous pensons aussi à proposer à des professionnels du galop de stationner des chevaux à l’année, comme une antenne parallèle à leur base principale, car notre site dispose aussi d’une piste pour l’entraînement. Enfin nous avons postulé pour le GNT en 2020. »

Et le grand public. Yan de Kersabiec, qui a longtemps travaillé dans l’événementiel et la restauration en région parisienne, nous a dit : « Nous n’avons que sept réunions par an. Et il fallait faire sortir l’hippodrome de son anonymat. Beaucoup d’habitants de Langon ne savaient pas qu’il existait, alors qu’il est tout proche du centre-ville. Mais les choses changent, notamment grâce à un important dispositif de communication et malgré l’absence de soutien de la municipalité. La fréquentation est en hausse et elle s’élève en moyenne à un millier de personnes par réunion. Les enjeux sont eux aussi à la hausse, mais ces améliorations ne sont possibles qu’au prix d’efforts constants. Notre public aime la convivialité. Si nous avons beaucoup de petits parieurs, nous n’avons pas de personnes qui misent des sommes importantes. Nous avons donc encore beaucoup de travail sur ce plan-là aussi. Samuel Marchesseau gère les réseaux sociaux, à destination des joueurs notamment et l’animation des journées de course, pour accompagner les parieurs. La personne en charge des partenariats est Hélène Defressigne, depuis 2018. Notre nouveau traiteur, qui nous donne satisfaction, devrait lui aussi permettre d’aller dans ce sens. Jusqu’à présent, ce sont les deux réunions PMU du mois d’août, au trot, qui nous font vivre, avec les partenariats et la buvette. Notre objectif est vraiment de diversifier nos sources de revenus mais aussi de permettre à l’hippodrome de vivre en dehors des courses. C’est un travail de longue haleine. »

Créer l’événement et stimuler le jeu. Samuel Marchesseau est le prestataire en charge de la communication. Il nous a confié : « Plusieurs millions d’investissement ont permis d’obtenir un superbe champ de course. La communication doit permettre de le faire apprécier à sa juste valeur tout en accompagnant et en stimulant son évolution. Pour attirer le public, nous n’hésitons pas à créer l’événement afin de séduire ceux qui n’appartiennent pas à notre univers. En 2017, le match entre le champion trotteur Timoko et un cycliste professionnel a connu un bon impact médiatique. Pendant la coupe du monde, un terrain de football éphémère et un écran géant ont été mis en place. Nous allons essayer de faire venir un grand champion de pétanque qui est aussi turfiste.

Désormais les médias généralistes de la région nous suivent. Notre partenariat avec Paris-Turf nous permet de proposer sur les réseaux sociaux les conseils de jeu de Ludovic Hellier. Cela donne envie de jouer, et le jour des courses, j’anime la réunion au micro pour inciter les gens à parier, en apportant un maximum d’informations et en allant à la rencontre des professionnels… l’effet est clairement visible sur les chiffres du P.M.H. »