L’heure de la retraite a sonné pour Régis Barbedette

Autres informations / 05.04.2019

L’heure de la retraite a sonné pour Régis Barbedette

L’heure de la retraite a sonné pour Régis Barbedette

Garçon de voyage chez Freddy Head depuis vingt-deux ans, Régis Barbedette a décidé de prendre sa retraite, à l’âge de 60 ans. Après de nombreuses années à sillonner le monde entier au côté des champions, ce professionnel unanimement apprécié va désormais se consacrer à sa famille.

Jour de Galop. – Qu’est-ce qui vous a poussé à prendre votre retraite ?

Régis Barbedette. – C’est dû à un ensemble de choses. Je fais ce métier depuis longtemps et j’ai envie de profiter de ma famille. La semaine prochaine, je pars avec mes petits-enfants durant les vacances scolaires ! J’aurais pu continuer, mais je pense qu’il faut savoir s’arrêter à un moment donné… même si quand on a un patron comme Freddy Head, on peut aller loin ! C’est un métier difficile, et je commençais à être fatigué. Il y a eu un élément déclencheur au mois de septembre, alors que j’étais aux courses à Chantilly. Je me suis retrouvé bloqué au niveau du dos et j’ai été emmené aux urgences ce jour-là. J’ai mis un peu de temps à m’en remettre, et cela m’a fait réfléchir. Il y a aussi mon fils Gaël, qui est entraîneur depuis peu et qui a besoin de moi. Et puis Sébastien Lagrange, que j’ai formé au métier de garçon de voyage chez Freddy Head, attendait également que je parte (rires) ! Avec lui et le reste de l’équipe, Freddy n’a pas de souci à se faire.

Rappelez-nous votre parcours dans son ensemble…

Je suis rentré à l’âge de 15 ans à Graignes dans le trot. J’ai travaillé chez Jean-Yves Rayon, pour qui j’ai également monté en course. Ensuite, je suis parti à l’armée et cela m’a donné envie de découvrir les galopeurs. Je suis arrivé à Chantilly, où j’ai d’abord été au service de Jacques-Charles Cunnington qui était alors sur la montante. J’ai ensuite travaillé chez François Boutin, une personne exceptionnelle, avant d’entrer au service de Pascal Bary. Je connaissais déjà Freddy Head, car j’avais travaillé des chevaux avec lui chez François Boutin. Lorsque j’ai appris qu’il arrêtait de monter en course, je suis arrivé chez lui et je n’en suis plus reparti ! Freddy est formidable, il vous rend le travail plus facile. Il veut toujours que ses employés soient de bonne humeur !

Vous avez côtoyé de nombreux champions durant toutes ces années. Lesquels vous ont particulièrement marqué ?

Goldikova (Anabaa) bien sûr, mais aussi Moonlight Cloud (Invincible Spirit). Cette dernière m’a beaucoup marqué en gagnant deux Grs1 en sept jours, les Prix Maurice de Gheest et Jacques Le Marois, ce qui est assez exceptionnel. Elle a même battu le record détenu par Goldikova dans le Jacques Le Marois ! Solow (Singspiel) est également l’un de mes chevaux de cœur, il m’avait fait très plaisir lors de sa victoire à Meydan dans la Dubaï Turf (Gr1). J’adore les courses étrangères et j’avais toujours rêvé de gagner une épreuve de la Breeders’ Cup. Quand j’étais gosse, chez François Boutin, c’était le début des courses à l’étranger et j’ai effectué mon premier déplacement à Los Angeles avec Miesque (Nureyev) qui faisait partie du convoi, même si c’était quelqu’un d’autre qui s’en occupait à l’époque. Elle avait remporté la Breeders’ Cup Mile (Gr1) et depuis, l’idée de toucher un cheval capable de réaliser cet exploit m’a toujours fait rêver. Et Goldikova a rendu cela possible ! Je viens de rentrer de Dubaï où nous avons été vraiment chouchoutés et j’ai toujours ressenti beaucoup de respect à notre égard à l’étranger de manière générale, que ce soit à Hongkong ou ailleurs. Nous les Français, sommes reconnus comme de vrais hommes de chevaux.

Quels conseils donneriez-vous à un garçon de voyage en devenir ? Allez-vous continuer à garder un pied dans le milieu des courses ?

Un jour, un grand driver qui s’appelait Jean-René Gougeon m’a dit : « Écoute, dans ce métier-là, il faut écouter et regarder. Et tu vas en apprendre beaucoup ! » C’est exactement ce que j’ai fait durant toute ma carrière. Avec Gaël, nous parlons beaucoup. Il me demande ce que je pense, et puis je suis propriétaire de deux chevaux, dont un qui est à l’entraînement chez lui. Il s’agit de Fresco (Oasis Dream), qui nous a déjà apporté deux victoires en ce début d’année ! C’est moi qui natte les crinières des chevaux de mon fils et je compte bien continuer à l’aider sur d’autres plans. J’ai exercé un beau métier et je ne vais pas disparaître du paysage, puisque je continuerai à aller aux courses régulièrement. J’ai déjà prévu d’aller à Deauville au mois d’août avec Freddy !