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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

David Maxwell - « Les obstacles d’Auteuil sont impressionnants et même un peu effrayants ! »

International / 17.05.2019

David Maxwell - « Les obstacles d’Auteuil sont impressionnants et même un peu effrayants ! »

David Maxwell : « Les obstacles d’Auteuil sont impressionnants et même un peu effrayants ! »

Chef d’entreprise, David Maxwell est aussi un vrai gentleman-rider, au sens noble du terme. Ce passionné n’hésite pas à acheter de bons chevaux en France en vue de les monter en Angleterre. Dimanche, il va monter son premier Grand Steeple et tentera de faire aussi bien que dans le Prix Morgex (Gr3) qu’il a remporté avec Cat Tiger…

Jour de Galop. - Que représente le Grand Steeple pour vous ?

David Maxwell. - Le Grand Steeple, c’est le sommet de l’obstacle français, c’est votre Gold Cup. On a forcément envie de prendre part à ce qui se fait de mieux. À l’occasion du Prix Maréchal Foch, j’ai déjà sauté une partie du parcours. Les obstacles sont impressionnants et même un peu effrayants !

Vous avez acheté Bob and Co pour le Grand Steeple et il va ensuite partir en Angleterre ?

C’est Guy Petit qui m’a trouvé ce cheval. Il est en charge de tous mes achats français. Je fais confiance à son expertise. Nous nous connaissons depuis que je suis adolescent. Il achetait déjà pour mon père. Je lui ai demandé de m’acheter le gagnant du St James’s Place Foxhunter Chase 2020. C’est ainsi que Bod And Co est arrivé sous mes couleurs. Mais avant de prendre la direction de Cheltenham, Guy Petit m’a suggéré de le faire courir dans le Grand Steeple-Chase de Paris. Après cette épreuve, la semaine prochaine, il va rejoindre les écuries de Paul Nicholls.

Comment faites-vous pour parvenir à diriger une entreprise tout en courant sur les obstacles ?

Plus que les accidents, c’est le manque de temps qui pose problème. Ce sont deux activités qui demandent beaucoup de temps. Par bonheur ma famille, en particulier mon épouse, m’apporte tout son soutien. Et j’ai une très bonne équipe dans mon entreprise. Je travaille dans l’investissement immobilier à travers l’Europe, en particulier en France.

Depuis combien de temps montez-vous en course et comment est née votre passion pour ce sport ?

J’ai commencé à l’université pour le plaisir de pratiquer ce sport. Je viens d’une famille d’hommes de chevaux. Mon père était entraîneur. Ma mère fut la première à monter sur les obstacles en Suisse dans les années 1970. J’ai ça dans le sang !

Comptez-vous entretenir une écurie en France ?

Oui j’ai quelques chevaux à l’entraînement ici. Notamment chez Gabriel Leenders. Les autres sont encore trop jeunes pour être placés chez un entraîneur.

La France semble être l’un de vos pays de cœur ?

Oui c’est vraiment le cas. À l’âge de 16 ans, j’ai effectué un stage d’été chez Pierre-Charles Le Métayer en Normandie. Ce fut mon premier véritable voyage hors d’Irlande. À la fin de cette période, nous sommes allés à Deauville pour vendre des chevaux. C’est un souvenir indélébile qui m’habite encore plusieurs décennies plus tard. Je n’avais jamais connu un endroit aussi beau et plein de classe. J’étais complètement sous le charme. Nous avions séjourné au Normandy et les courses de Deauville étaient d’une classe folle. D’une manière générale, j’adore les courses françaises. L’ambiance est différente de celle que l’on peut rencontrer en Angleterre ou en Irlande. Auteuil est un hippodrome d’une grande beauté.

Vous achetez le plus souvent des anciens représentants de famille Papot : Bob and Co, Cat Tiger, Saint Xavier, Ballotin... Est-ce une coïncidence ?

Oui c’est vraiment le cas. Je pense que la famille Papot, que je n’ai jamais rencontrée, met sur le marché de bons chevaux qui répondent aux critères que nous recherchons. Ils vendent des sujets d’âge avec de la qualité, au moment où le programme se complique pour eux en France. Mais en y repensant, je pense qu’effectivement, M. Papot a beaucoup d’argent en provenance de mon compte en banque sur le sien ! La prochaine fois, il va falloir qu’il me fasse un prix. Pourquoi pas six chevaux pour le prix de cinq ? (rires)

Quels sont vos critères ?

Il faut qu’ils plaisent à Guy Petit ! Nous cherchons de bons sauteurs, s’ils sont encore novices c’est formidable. L’élevage français produit des sujets de grande qualité, athlétiques et durs. Guillaume Macaire a accordé une interview à At The Races. Ce fut un grand moment de télévision. J’ai adoré le moment où il a déclaré que lorsqu’il a commencé à vendre en Angleterre, ses 4ans étaient déjà de vrais chevaux de course, durs, avec de la condition, alors qu’au même âge, les chevaux irlandais étaient de gros animaux mal dégrossis… Il a le sens de la formule !

Avez-vous conscience du fait que votre victoire avec Cat Tiger (Diamond Boy) dans le Prix Morgex (Gr3), après avoir chuté avant la course, a fait sensation en France ?

J’ai un peu honte. Je savais que les caméras n’allaient pas me louper ! Mais Cat Tiger est un super cheval et son entraîneur, Dominique Bressou, est vraiment très doué.

Que dit le code des courses au sujet des amateurs dans les Quintés ?

Certains ont pu être surpris en voyant que David Maxwell pouvait monter le Grand Steeple en tant que gentleman-rider, alors que la course sera support du Quinté. D’autant qu’en 2014, Sam Waley-Cohen était resté sur le carreau et n’avait pu s’élancer en selle sur Long Run (Cadoudal), car la course était Quinté. Dorénavant l’article 142 du code des courses, qui revient sur les conditions à réunir pour que les gentlemen-riders et cavalières puissent monter dans une course événement, comme le Grand Steeple cette année, déclare : « Sauf conditions contraires prévues dans les conditions particulières de la course, un gentleman-rider ou une cavalière ne peut pas monter : dans une course à obstacles qui est retenue comme une course événement (support aux paris complexes) si il/elle n’a pas gagné au moins quinze courses en obstacle et monté quinze courses en obstacle au cours de l’année civile précédant cette course ; dans une course à obstacles d’une dotation totale égale ou supérieure à 76.000  qui est prévue comme support de paris enregistrés sur le plan national si il ou elle n’a pas gagné au moins quinze courses à obstacles, dans une course qui ne lui est pas réservée et qui est prévue comme support de paris enregistrés sur le plan national, si il ou elle n’a pas, en obstacle, monté au moins vingt fois ou gagné au moins cinq fois. » David Maxwell ne sera pas le premier gentleman-rider à monter le Grand Steeple. À la fin des années 90, le meilleur amateur de l’époque, Philippe Bréchet, avait monté Urga (Baby Turk) dans la grande épreuve française.