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ÉLECTIONS EUROPÉENNES 2019 - Louis Giscard d’Estaing s’engage pour la filière hippique

Autres informations / 17.05.2019

ÉLECTIONS EUROPÉENNES 2019 - Louis Giscard d’Estaing s’engage pour la filière hippique

ÉLECTIONS EUROPÉENNES 2019

Louis Giscard d’Estaing s’engage pour la filière hippique

S’il est une personnalité bien connue du monde des courses, Louis Giscard d’Estaing est aussi un élu de terrain, en lice pour le scrutin du 26 mai. Et c’est en qualité de candidat aux élections européennes, sous l’étiquette les Européens de la liste de Jean-Christophe Lagarde, qu’il a répondu à nos questions.

Éleveur et propriétaire, membre du comité de France Galop, Louis Giscard d’Estaing est aussi maire de Chamalières et conseiller régional d’Auvergne-Rhône-Alpes. Il nous a expliqué : « Ce qui me paraît essentiel, c’est que l’ensemble du monde du cheval puisse identifier parmi les candidats celui ou celle susceptible de pouvoir le défendre, de le représenter au niveau des instances européennes. Et c’est dans cet esprit que je me positionne comme porteur de l’aspiration de la filière hippique française au niveau européen en particulier sur les enjeux de TVA, de réglementations sanitaires, d’organisation des courses, de politique des jeux… Je ne pense pas qu’une autre liste aux élections européennes accueille un candidat impliqué en faveur des courses comme je le suis.

Concernant la dimension agricole, c’est le soutien de l’Europe à travers la PAC aux exploitations agricoles qui me tient à cœur. »

La TVA. « Précédemment, j’avais mené, en coordination avec Alain Lambert et Jean Artuis le combat pour l’abaissement de la TVA. Il avait porté ses fruits en 2004. Voici un bel exemple de ce qui avait pu être obtenu en faveur de l’ensemble de la filière hippique. Ensuite, vous le savez, cette question de la TVA a été remise en cause notamment sur des critères de compatibilité avec les règles européennes. Actuellement la question se pose ainsi : faut-il un taux intermédiaire ? C’est certainement la solution la plus logique. Ou alors faut-il maintenir la situation actuelle, qui n’est bien sûr pas satisfaisante, surtout dans le cadre français ?

Si je suis en situation de responsabilité au niveau européen, je m’investirai pour que les capacités de récupération de la TVA, si jamais nous ne parvenions pas à faire bouger le taux, soient facilitées dans le cadre français. »

Le Brexit. « La question des règles européennes s’appliquant aux aides aux entreprises et à l’agriculture a également son importance. Il est nécessaire de pouvoir peser, surtout dans le cadre d’une renégociation de ces budgets, qui plus est dans un contexte d’éventuel Brexit. Plus spécifiquement pour les courses, il y aura à gérer les conséquences de cette sortie de la Grande-Bretagne et de faire en sorte qu’elle ne porte pas préjudice au bon fonctionnement des courses françaises. »

Les paris hippiques. « De 2007 à 2012, lorsque j’étais à la commission des finances de l’Assemblée nationale, la loi sur l’ouverture des jeux en ligne a vu le jour. J’avais défendu le principe du modèle du pari mutuel comme étant la référence sur laquelle il me paraissait essentiel de s’appuyer. Je voulais qu’on la sacralise. Ce point de vue n’a pas été totalement été respecté. À présent, je veux mettre en évidence la vulnérabilité supplémentaire que l’institution des courses – à travers le PMU – s’apprête à subir à cause de la privatisation de la Française des Jeux, dans le cadre de la loi Pacte.

À la place, il aurait été possible d’imaginer une fusion entre la Française des Jeux et le PMU, pour les jeux de hasard et les prises de paris. Nous avons absolument besoin de protéger le PMU. En effet, implicitement c’est toute une filière et ses emplois qui sont en jeu, face à une concurrence déloyale de la Française des Jeux. »

Le principe de réciprocité. « Nous devons demander à faire appliquer le principe de réciprocité sur les questions sanitaires qui doivent être les mêmes dans tous les pays. En particulier en ce qui concerne le contrôle antidopage. On ne peut pas avoir un système dans lequel les chevaux qui viennent courir depuis l’étranger pourraient ne pas être contrôlés dans leur pays d’origine. Alors que ceux placés chez des entraîneurs français le sont. Il faut que l’Europe s’inscrive dans un principe absolu de réciprocité et les systèmes de courses doivent tous fonctionner de la même manière. Cette question est posée aux autorités hippiques depuis longtemps. Si l’harmonisation doit s’appliquer en matière de lutte contre le dopage, elle doit aussi l’être sur les primes à l’éleveur. J’ai toujours défendu le principe suivant : les primes à l’éleveur distribuées par la France et financées par le PMU, n’auraient de justification, s’agissant de juments saillies hors de France, que si les autres pays, notamment l’Angleterre et l’Irlande, avaient aussi institué des primes à l’éleveur pour les produits nés sur leur sol de saillies françaises.

Comment expliquer qu’un éleveur français qui a envoyé deux années de suite ses juments hors de France obtienne des produits éligibles à la prime à l’éleveur française ? C’est incompréhensible dès lors qu’il n’y a pas de réciprocité. Ce principe de réciprocité nous le revendiquons au-delà des questions hippiques. Nous voulons par exemple que les produits agricoles importés en dehors de l’Union européenne ne puissent pas avoir été produits avec des traitements eux-mêmes interdits chez nous. »