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Kentucky Derby : et en France, on aurait fait quoi ?

International / 06.05.2019

Kentucky Derby : et en France, on aurait fait quoi ?

La disqualification de Maximum Security dans le Kentucky Derby a créé une vraie polémique outre-Atlantique. Pourtant, les commissaires ont appliqué la doctrine en vigueur au Kentucky. Voici en effet ce que dit le code dans cet État : « Si un cheval interfère, intimide ou gêne un autre cheval ou jockey, c’est une faute. Si d’après les commissaires, cette faute a changé l’ordre d’arrivée, le cheval à l’origine de la faute peut être disqualifié. » Il est évident que Maximum Security, en changeant de ligne, a fortement contrarié War of Will, ce qui a entraîné une réaction en chaîne.

Depuis le mois de mars 2018, France Galop a réformé sa doctrine concernant les gênes. En une phrase, cette évolution peut se résumer ainsi : « En cas de gêne en course, le meilleur gardera plus souvent le bénéfice de ses efforts ». Dans le cas du Kentucky Derby, les chevaux gênés n’ayant pu prétendre à la victoire, il est vraisemblable que le gagnant aurait été maintenu, mais son jockey sanctionné – si tant est qu’il est considéré responsable du mouvement de son cheval.

Deux façons de juger. Suite à la conférence internationale des commissaires de 2007 à Dubaï, la Fédération internationale des autorités hippiques a créé un comité d’harmonisation, avec un représentant de la plupart des grandes nations hippiques. Les travaux de ce comité ont fait émerger deux catégories. Il y a, d’une part, les pays anglo-saxons ou d’inspiration anglo-saxonne. C’est la catégorie A. Dans ce contexte, s’il y a gêne, les commissaires cherchent à déterminer si le cheval gêné aurait devancé le gêneur. La priorité est donc donnée à l’ordre d’arrivée. Il y a, d’autre part, le Japon, les États-Unis, l’Amérique Latine et les pays d’Europe continentale. C’est la catégorie B, à laquelle appartenait la France avant avril 2018. Dans ce deuxième contexte, les commissaires cherchent à apprécier si à cause de la gêne, le cheval gêné a été empêché d’obtenir un meilleur classement ou une meilleure allocation. Cela donne lieu à plus de déclassements et rétrogradations.

Le comité d’harmonisation de la Fédération internationale des autorités hippiques s’est accordé sur le texte suivant : « Si un cheval ou un jockey a gêné un concurrent, avant de le devancer à l’arrivée, et d’autre part que le cheval gêné n’aurait pas devancé le gêneur sans cette gêne, le classement à l’arrivée ne sera pas changé. » Dans un deuxième paragraphe, il est précisé : « Si le cheval gêné aurait devancé le gêneur sans cette gêne, le gêneur sera rétrogradé derrière le cheval gêné. » Ce texte a été transmis au comité exécutif de la Fédération internationale des autorités hippiques. La France a alors demandé un ajout. Il concerne le « déclassement éventuel d’un cheval lorsque son jockey a monté de façon dangereuse. » 

Ce texte a fait l’unanimité et il a été intégré dans l’accord international qui constitue en quelque sorte le code des courses mondial. Néanmoins, certains pays, comme les États-Unis, ne l’ont pas (encore) intégré dans leur réglementation. Il serait étonnant qu’ils se rallient à ce point de vue.