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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

L’ÉDITORIAL - Vous croyez en l’avenir du galop français ? Moi oui !

Institution / Ventes / 24.05.2019

L’ÉDITORIAL - Vous croyez en l’avenir du galop français ? Moi oui !

2019, année électorale. Une priorité : retrouver le chemin de la croissance. Mais comment ? Voici 15 propositions, ambitieuses et rapidement réalisables avec les actuels moyens de l’Institution.

Par Mayeul Caire, directeur de Jour de Galop

Hier dans JDG : un France Galop bien organisé, qui sait où il va

Aujourd’hui : comment nous allons faire revenir le public sur nos hippodromes

Demain : 4 idées pour renouer avec la croissance au PMU

Daté lundi 26 mai (dimanche soir) : croire en nos Régions, pour valoriser leur extraordinaire potentiel

DEUXIÈME THÈME

Faire revenir le public sur nos hippodromes

PROPOSITION N°3

La priorité absolue de France Galop doit être de ramener du public aux courses

Nous avons vu hier que l’avenir se jouait sur deux fronts : l’hippodrome et les paris Internet. Et qu’il ne fallait plus tout miser sur les points de vente, ni tout miser sur Equidia en tant que télévision traditionnelle. Cela ne veut pas dire pour autant qu’il ne faut pas miser sur Equidia, mais c’est sur une autre Equidia qu’il faut miser, comme nous allons le voir un peu plus loin dans cet article.

Pour France Galop, donc, la priorité doit être de faire revenir les Français sur les hippodromes. Français, cela signifie à la fois grand public, parieurs ou pas, et propriétaires. En effet, aujourd’hui, même les propriétaires – premiers fans pourtant – désertent les hippodromes.

Il y a quelques années, on entendait certains de nos dirigeants dire : ce n’est pas grave de courir à huis clos puisque nous faisons notre chiffre d’affaires dans les points PMU. Court-termisme. Si l’on ne mise pas sur nos sites, on ne recrutera plus. Si l’on ferme des hippodromes dans nos régions, on ne recrutera plus. Si l’on n’investit pas sur nos sites, qui sont notre avenir, on ne recrutera plus. Par principe, on n’économise pas sur l’avenir. On n’économise pas sur les investissements. Faire venir du monde aux courses, ce n’est pas une charge : c’est un investissement !

Il n’y a pas de sport, il n’y a pas de spectacle sans public.

PROPOSITION N°4

Comment ? En avantageant les personnes qui font l’effort de venir aux courses

Premier élément, décisif : il faut que la personne qui fait l’effort de venir aux courses soit avantagée et non pas désavantagée par rapport à la personne qui reste chez elle pour regarder Equidia.

Aujourd’hui, en restant chez vous, vous êtes mieux servi : vous mangez mieux, vous êtes mieux assis, vous voyez mieux les courses et vous avez plus d’informations.

Pour changer les choses, il faut avantager ceux qui font l’effort de venir. Comment ?

  • D’abord en bonifiant tous les paris dans toutes les courses. Le principe du bonus est aujourd’hui bien ancré dans la culture PMU et cela fait longtemps que tous les parieurs ne touchent plus les mêmes rapports… Offrez 5 % ou 10 % de mieux à ceux qui sont sur l’hippodrome et ils viendront en masse. Même en donnant 10 % de plus, cela suscitera une distorsion à peine perceptible pour les parieurs hors hippodromes, qui sont aujourd’hui 200 fois plus nombreux que les parieurs d’hippodromes.
  • Ensuite en créant un canal d’information hippodrome avec Equidia, accessible facilement sur smartphone. Je parlais hier d’Equidia en disant que la télévision « à la papa » avait fait son temps, mais Equidia a encore de très grandes choses à apporter à la filière. En mutant, comme elle a commencé à le faire en créant Equidia Racing, qui permet de suivre les réunions en intégralité, sans être perturbé par les simulcastings, sur le web et sur application. C’est une expérience à multiplier sur toutes les réunions en région. En parallèle, Equidia est la mieux placée pour inventer le média hippodrome de demain : un outil qui me permettra, aux courses, d’être encore mieux servi que dans le fauteuil de mon salon, avec des infos live, les partants, les résultats, les interviews, les directs, les replays, le choix de la caméra, des statistiques, etc. Un service innovant et disruptif.
  • Également en recevant parfaitement toutes les catégories de public. J’étais à Longchamp le jour des Poules, avec mes enfants. Après trente minutes de queue à la première attraction, nous avons renoncé à toute attraction ; après trente minutes de queue pour charger la carte prépayée, nous avons renoncé à boire un verre au Petit Pré ; et nous avons fini au bar des balances par attendre vingt minutes… cette fois pour grignoter.
  • Enfin, en starifiant les propriétaires. Pour faire revenir les propriétaires aux courses, il faut les récompenser et les fêter avec un podium à chaque course. C’est si dur de gagner des courses ! Il faut marquer le coup.

Voilà tous les avantages concurrentiels dont nous avons un besoin vital si nous voulons faire revenir les gens aux courses. C’est ce que font les autres sports et les autres spectacles : sur place, vous avez toujours un plus et jamais un moins.

Sans parler de l’ambiance, qui viendra logiquement une fois que nous aurons à nouveau du monde sur nos hippodromes.

PROPOSITION N°5

Comment ? En capitalisant sur le cheval, pour élargir la cible

Comment ramener plus de monde sur les hippodromes ? En capitalisant sur le cheval.

Le cheval est aujourd’hui l’animal préféré des Français, et la Fédération française d’équitation compte 700.000 fans, ce qui en fait la troisième plus grande fédération sportive nationale derrière le football (2 millions) et le tennis (1 million). Si je devais caricaturer, je dirais que le cheval intéresse de plus en plus de monde et les courses de chevaux de moins en moins !

Nous devons préempter le cheval.

Pour cela, il faudra transformer nos hippodromes en « parcs du cheval » – dans les régions et à Paris. Nos hippodromes doivent être des parcs du cheval dans les faits, par exemple en implantant, au centre de l’hippodrome, une ferme équestre pour les enfants et les plus grands. Le cheval doit être partout. La pelouse, encore elle, n’accueille presque plus jamais de public de nos jours : garons les voitures ailleurs et transformons ce bel espace en activité cheval.

Et nos hippodromes doivent être des parcs du cheval dans la communication, par exemple en parlant d’eux, à l’extérieur, comme de la « Maison du cheval ». Vous aimez le cheval ? Venez aux courses !

C’est comme cela que nous changerons positivement notre image et que nous remplirons nos tribunes.

Pour cela, nous devons travailler main dans la main avec la Fédération française d’équitation. Nous avons l’argent, les stades et des outils de promotion ; ils ont les fans, les pratiquants et l’image de marque. (De plus, ils ont besoin de nous pour masculiniser leur pratique.) Travaillons ensemble autour de nos hippodromes et de leurs clubs, partout en France, et nous gagnerons.

Mon idée, c’est de développer les courses de poneys à très grande échelle sur les hippodromes français. Je ne parle pas des courses de poneys actuelles. C’est très bien, mais c’est déjà du sport de haut niveau, qui concerne trop peu de monde. Ce que j’entends par « courses de clubs », c’est que n’importe quel enfant, de n’importe quel âge, de n’importe quelle région et avec n’importe quel type de poney puisse facilement s’inscrire au départ d’une course, au secrétariat de son club, et cette course aura lieu dans les semaines qui suivent sur l’hippodrome le plus proche de chez lui.

Nous devons créer un vrai circuit qui parte des régions : avec les clubs affiliés à l’hippodrome le plus proche, région par région, et un système de courses qualificatives, graduellement, tout au long de l’année. Et que tout le monde se retrouve à Paris pour un grand week-end du cheval, des courses et des régions. Vous le voyez : avec quelques centaines de milliers de participants au départ et plusieurs dizaines de milliers à l’arrivée, on a un effet d’échelle très intéressant pour nous. Et, grâce à cette grande compétition annuelle, on fera connaître notre sport à des gens qui aiment le cheval ; on fera aimer notre sport ; et on combattra ces préjugés idiots qui constituent une barrière destructrice entre les équitants et nous.

PROPOSITION N°6

Comment ? En améliorant le parcours client des propriétaires sur l’hippodrome

Deuxième proposition pour faire revenir du public sur les hippodromes. Celle-ci s’adresse aux propriétaires. Nous devons revoir l’expérience client des propriétaires sur l’hippodrome. Aujourd’hui, cela fonctionne mal – même si des tentatives sont faites. Il faut la simplifier et l’améliorer. Je veux qu’aux courses tout soit accessible en un clic. Peu importe que le support soit une carte magnétique ou un smartphone. J’entre sur l’hippodrome en badgeant, je paie mon déjeuner ou ma bouteille de champagne en un clic et c’est débité directement de mon compte France Galop. Je peux aussi parier avec les mêmes moyens si cela me tente, en passant par SmartTurf, le logiciel développé par le groupe Carrus.

Tout cela, c’est le rôle de notre future Direction du développement et des clients.

Et je note que cela se fera aussi au bénéfice de France Galop, qui suivra mieux ses clients et apprendra à mieux les connaître.

PROPOSITION N°7

Comment ? En investissant dans le service aux propriétaires

France Galop doit investir et non pas désinvestir dans le service aux propriétaires. Le département propriétaires a été renommé département acteurs des courses, ce qui est très symbolique. Et son budget a fondu depuis 2004.

Aujourd’hui, le service aux propriétaires est considéré comme un centre de coûts alors que c’est un investissement. Mieux servir les propriétaires, c’est investir pour l’avenir. C’est aussi important que d’entretenir la piste.

Le propriétaire doit être aussi bien reçu que le client d’un grand hôtel.