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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

L’éditorial :  Croire en nos régions, pour valoriser leur extraordinaire potentiel !

Courses / 27.05.2019

L’éditorial : Croire en nos régions, pour valoriser leur extraordinaire potentiel !

2019, année électorale. Une priorité : retrouver le chemin de la croissance. Mais comment ? Voici 15 propositions, ambitieuses et rapidement réalisables avec les actuels moyens de l’Institution.

Par Mayeul Caire, directeur de Jour de Galop

Vendredi (épisode 1/4) : un France Galop bien organisé, qui sait où il va

Samedi (2/4) : comment nous allons faire revenir le public sur nos hippodromes

Hier (3/4) : quatre idées pour renouer avec la croissance au PMU

Aujourd’hui (4/4) : croire en nos Régions, pour valoriser leur extraordinaire potentiel

PROPOSITION N°12

Transformer toutes les P.M.H. en CSI, pour créer une vraie dynamique issue des régions.

Nos régions ont un extraordinaire potentiel. Mais ce potentiel n’est pas toujours reconnu, identifié et exploité. Cela me rappelle le célèbre adage : « Si jeunesse savait, si vieillesse pouvait… » Si nous savions, si nous pouvions…

Sachons et pouvons !

La première richesse qui doit être mieux exploitée, c’est le très grand nombre de courses organisées chaque année en régions, qu’elles soient premium, C.S.I. (courses supports d’enjeux uniquement sur internet) ou P.M.H. (jeux uniquement sur l’hippodrome où la course a lieu). Ce riche programme est un formidable atout pour les courses françaises ! Rares sont les pays du monde qui peuvent proposer un tel nombre de compétitions bien organisées et régulières. Souvenez-vous de ce que j’écrivais hier à propos de Bet365 et du marché des jeux online : la richesse quantitative de notre programme est un atout-maître pour booster les paris hippiques.

Aujourd’hui, le P.M.H., c’est 50 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel en régions. Taxés à 12 % par la société organisatrice, ces enjeux rapportent 6 M€ aux sociétés régionales. C’est peu si l’on compare ce chiffre aux 760 M€ du PMU en ligne et à ses 7,7 milliards en dur.

Nous parlions hier du fait que le PMU devait radicalement densifier son offre en ligne. Pour cela, pas besoin d’aller chercher des courses à Valparaiso ou à Fairview. Ces courses – P.M.H. – ont lieu dans nos régions, avec des chevaux, des professionnels et des casaques que l’on connaît. Ce sont autant d’actifs, au sens économique du terme, à valoriser.

En offrant toutes les P.M.H. sur internet, leurs enjeux peuvent facilement passer de 50 M€ à 200 M€. Cela rapportera 27,4 M€ par an aux régions. Car, cerise sur le gâteau, la taxation de l’État est plus faible en ligne (5,3 %) que sur les hippodromes (7 %).

Alors qu’aujourd’hui, tout le monde a plus ou moins renoncé à gagner de l’argent avec les courses P.M.H., je crois au contraire qu’elles sont très bien placées pour jouer un vrai rôle dans la relance du pari hippique. Et pour tous les propriétaires, ce sera un vrai plus car cela nous permettra de voir la course en direct sur pmu.fr (même si l’image est modeste) et de pouvoir mettre une pièce sur notre cheval si cela nous fait plaisir.

C’est que j’appelle le Plan P.M.H.+++ : + d’enjeux, + d’indépendance, + d’avenir.

PROPOSITION N°13

Valoriser enfin notre maillage géographique !

L’autre richesse, c’est notre maillage géographique. Certains en ont plein la bouche mais ne proposent rien pour le valoriser. Il existe pourtant des solutions.

Aujourd’hui, une grande marque nationale – disons Renault ou Coca Cola – ne va pas acheter un panneau sur l’hippodrome de Machecoul ou de Castéra-Verduzan. Mais si on lui vend 250 panneaux sur les 250 hippodromes français, où transitent chaque année quelques millions de personnes (et dont pas mal de courses sont retransmises sur Equidia) ? Ne croyez-vous pas que ce changement d’échelle est de nature à changer le regard que cette grande marque pose sur nos champs de courses ? Subitement, nous existons à nouveau dans leurs plans stratégiques. Subitement, nous passons d’un maillage passif à un maillage actif.

C’est comme cela que nous devons voir les choses. Nous sommes à la tête d’un grand réseau national d’arènes événementielles et sportives : jouons sur cette force !

Cela implique une évolution dans le rôle joué par la Fédération nationale des courses hippiques qui devra – comme je le proposais déjà pour France Galop – passer en mode production/distribution. Aujourd’hui, la Fédération a surtout un rôle d’organisateur et de régulateur. Elle doit aussi plus souvent jouer un rôle commercial et de promotion (certaines de ses actions nationales, comme le Paquôdrome, sont des succès).

PROPOSITION N°14

Créer un pack lobbying pour aider les bénévoles à gérer leurs relations avec les élus

Toujours sur le maillage géographique, rappelons notre projet, exposé avant-hier, de créer un grand circuit de courses de poneys à l’échelle locale, puis régionale, puis nationale. J’enfonce une porte ouverte en disant que sans nos hippodromes partout en France, on peut faire une croix sur ce circuit et sur tous les bienfaits qu’il peut nous apporter en matière de recrutement et d’image de marque…

Le maillage géographique, ce sont aussi nos relais politiques. Ces élus locaux peuvent beaucoup pour nous, si nous savons leur parler – ce que certains animateurs de sociétés font déjà parfaitement en régions. Nos élus peuvent nous aider localement, à travers le financement émanant des collectivités locales. Nos élus peuvent nous aider nationalement, lorsqu’il faut parler au ministre des Finances ou de l’Agriculture. Nos élus peuvent nous aider à l’échelle européenne lorsque nous devons nous battre à Bruxelles contre la folie libertarienne et normative de Bruxelles.

Je propose de créer rapidement un "pack lobbying", mis au point avec des experts de ce métier, pour aider les présidents et les membres des sociétés régionales à optimiser leurs relations avec les élus. Car celles-ci vont devenir de plus en plus décisives.

Comme beaucoup de domaines, le lobbying s’est incroyablement professionnalisé depuis quelques années. Il n’y a plus de place pour l’amateurisme. Si nous voulons gagner, nous devons être professionnels. Et quand je dis "pro", cela ne s’oppose évidemment pas au bénévolat. On peut être parfaitement pro et parfaitement bénévole ! Toutes les personnes qui font un travail formidable en régions le savent : la sécurité, les finances, l’accueil doivent aujourd’hui être aux standards sous peine de passer à la trappe.

PROPOSITION N°15

Respecter le travail de recrutement et de lobbying mené en régions

Et puis il y a un dernier élément. Un élément qui joue un rôle-clé sur tous les sujets qui nous intéressent (faire du jeu, remplir nos hippodromes, recruter des fans, bien traiter nos élus etc.) : cet élément, c’est la mise en valeur des Grands Prix régionaux. Un Grand Prix, c’est le dimanche après-midi. Cela ne se discute pas. À la limite, cela peut être le samedi après-midi, si cela fonctionne mieux dans certaines régions. Il faut savoir ce que nous voulons : si nous voulons pouvoir continuer à recruter du public et travailler sereinement avec nos collectivités locales, un Grand Prix doit se courir le dimanche dans l’après-midi. En demandant aux régions de courir leurs Grands Prix en semaine ou le dimanche à 11 h, on a choisi la logique court-termiste plutôt que l’investissement d’avenir. Car notre avenir, y compris celui des enjeux, passe par le public ; et il n’y aura ni jeu ni public sans hippodromes, et pas d’hippodromes sans élus pour assurer leur pérennité.