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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

PRIX FERDINAND DUFAURE (GR1) - Goliath du Berlais sort par la grande porte

Courses / 19.05.2019

PRIX FERDINAND DUFAURE (GR1) - Goliath du Berlais sort par la grande porte

PRIX FERDINAND DUFAURE (GR1)

Goliath du Berlais sort par la grande porte

La boucle est bouclée pour Goliath du Berlais (Saint des Saints). Le meilleur steeple-chaser de 4ans a remporté la dernière course de sa carrière et la plus belle, le Prix Ferdinand Dufaure. Il ne fallait pas se tromper ce dimanche, car un succès de Gr1 était primordial pour sa future carrière d’étalon. Le représentant de Stéphane Szwarc, du haras d’Étreham et de Palmyr Racing devait le savoir, car il a été parfait, comme à son habitude. Son parcours a été un remake des précédentes courses du champion : tout de suite en tête, il n’a attendu personne. Deux chevaux ont tenté de s’accrocher à ses basques afin de lui prendre sa couronne, Royal et Tic (Policy Maker) en premier. Après avoir galopé au côté de Goliath du Berlais, le pensionnaire de François Nicolle a fini par abdiquer en le laissant se détacher à l’abord de la rivière des tribunes. Bel Apsis (Apsis) a ensuite accéléré à l’extérieur du futur lauréat au franchissement du talus avant de régresser à la réception du dernier obstacle de la ligne d’en face, où il s’est montré fautif. Accélérant à l’extérieur de son compagnon d’entraînement à l’entrée de l’ultime ligne droite, Thrilling (Network) n’a guère fait longtemps illusion puisqu’elle a commis une grosse faute à la réception de la double barrière. Elle n’a pu que regarder le rouleau compresseur filer vers la victoire, ce dernier ralliant le poteau avec quatorze longueurs d’avance. Bel Apsis s’est bien ressaisi après sa faute pour venir s’emparer de la deuxième place, laissant Thrilling à quinze longueurs. La quatrième place est revenue à Royal et Tic, lequel a précédé son compagnon d’entraînement Figuero (Yeats).

Direction le haras d’Étreham. Guillaume Macaire était infiniment soulagé après la victoire de son protégé. Il faut dire qu’entraîner un futur étalon en vue d’une telle épreuve, cela a de quoi mettre la pression ! Tout peut arriver en obstacle, mais Goliath du Berlais n’a rien fait ce dimanche pour mettre les nerfs de son mentor à rude épreuve. Le professionnel royannais a commenté : « C’est un cheval doté d’une force énorme et il faut arriver à le gérer, mais nous avons trouvé la bonne méthode pour l’entraîner. Il a le même cavalier d’entraînement tous les matins, ce qui lui permet d’avoir bien ses marques. La seule chose qui pouvait arriver, c’est qu’il lui prenne l’envie de prendre son bain dans la rivière ! À chaud, je ne plaisantais pas, car je savais que les autres n’allaient pas lui faire de cadeau. Mais il est resté à son travail. C’est un rouleau compresseur et s’il avait fallu faire un tour de plus, il l’aurait fait ! Le contrat est rempli et il va désormais partir au haras pour rejoindre son père. Le cheval a fait son boulot, comme d’habitude. Il devrait bien convenir aux éleveurs qui veulent fabriquer de jeunes sauteurs. Ces derniers ne peuvent qu’être marqués par ce qu’il a fait, car de telles performances ne laissent pas insensible. » Les étalons ayant gagné un Gr1 sur les haies sont rares… mais ceux ayant remporté un Gr1 sur le steeple sont rarissimes. On peut compter sur les doigts de la main ceux qui ont triomphé dans le Ferdinand Dufaure – moins de cinq en cinquante années – et parmi ceux qui sont montés sur le podium, on peut citer Kapgarde (Garde Royale).

Son prix de saillie n’a pas encore été discuté. Goliath du Berlais termine donc sa carrière avec sept victoires (dont quatre au niveau Groupe) et cinq places en douze sorties. Sébastien Swarc, le frère du co-propriétaire de Goliath du Berlais, a dit : « C’est impressionnant. Des moments comme celui-là sont très, très durs à vivre. J’ai une très grosse pensée pour mon père dont Goliath du Berlais porte les couleurs, et pour mon grand frère Stéphane qui n’a pas pu être là aujourd’hui. C’est l’homme de l’ombre et il a trop de pression pour regarder ces courses-là. Mon frère a appelé Guillaume Macaire hier soir et ce dernier lui a dit que nous avions le meilleur cheval et que le terrain n’allait pas nous désavantager. Lorsque Stéphane s’est montré inquiet sur le fait que Goliath se fasse attaquer, Guillaume lui a répondu : “Ceux qui vont l’attaquer, il va falloir qu’ils aillent vite, et longtemps, et ça va être compliqué !” Je pense que le cheval va faire une très belle carrière au haras, de par ses origines et de par sa valeur sportive. Il est exceptionnel et nul doute que s’il avait été castré, il aurait fait un cheval de Grand Steeple. Nous n’avons pas encore parlé de son prix de saillie, car nous ne voulions pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué. »

Un mental inébranlable. Bertrand Lestrade, fidèle partenaire en course du lauréat, a déclaré : « Aujourd’hui, certains avaient décidé de venir un petit peu, d’essayer de m’embêter dans mes plans. Goliath du Berlais a tellement pris en maturité. Maxime Le Gaillard, son cavalier d’entraînement, fait du super boulot. Le cheval évolue à chacune de ses courses. Aujourd’hui, malgré beaucoup d’attaques, il a été professionnel. Il a été parfait, il a bien respiré. Et vous voyez, ce qui est hallucinant, c’est que je n’ai jamais baissé de pied. Sur la dernière, je me suis fait plaisir et j’ai poussé jusqu’au bout, mais il aurait mérité que je me relève à cent mètres du but pour le caresser un peu plus longtemps. C’est la première fois que j’ai la chance de fabriquer un étalon et j’en suis vraiment fier. J’espère que cela paiera dans les années à venir et que j’aurai la chance de monter sa descendance. Aujourd’hui, le boulot est bien fait. Je le répète car c’est très important, mais je pense que Maxime a fait un boulot d’orfèvre sur ce cheval ainsi que Guillaume Macaire. Nous avons pris l’option de courir toutes les préparatoires tout en le respectant et il a répondu présent toute l’année, c’est super ! »

Bel Apsis, le Poulidor de service. Bel Apsis a décroché la deuxième place pour la cinquième fois depuis le début de l’année. Ce brave cheval n’est jamais sorti des cinq premiers en dix sorties et mériterait amplement de gagner son Groupe un jour. Son entraîneur, Dominique Bressou, nous a dit : « Nous ne pouvons pas être déçus. Il est battu par le meilleur de sa génération. Sa faute en face lui coûte peut-être quelques longueurs, mais pas la victoire. Goliath du Berlais ne sera pas là à l’automne, mais d’autres vont certainement arriver ! Ceci dit, mon cheval sera encore mieux avec l’assouplissement des terrains et l’allongement de la distance. C’est un bon besogneux, il a beaucoup de fond et, même aujourd’hui, il a un peu de mal à suivre sur le plat et doit faire des efforts sur les obstacles pour rattraper son retard. »

Thrilling, une faute qui coûte peut-être un meilleur classement. Troisième du Prix Jean Stern (Gr2) en dernier lieu, Thrilling a décroché un black type de premier choix ce dimanche. Elle aussi fait preuve d’une régularité hors normes puisque hormis une chute à Pau en début d’année, elle a toujours fait l’arrivée de toutes ses courses (douze au total). Son entraîneur, Guillaume Macaire, nous a dit : « Le terrain lourd, ce n’est pas vraiment sa tasse de thé, mais elle a fait sa course. Sans sa faute à la double barrière, elle aurait peut-être pu être deuxième. Je vous avoue que j’avais surtout les yeux braqués sur Goliath du Berlais, car le plus important était qu’il gagne ! »

Une mère lauréate du Bournosienne. Comme son nom l’indique, Goliath du Berlais a été élevé par Jean-Marc Lucas qui remporte à cette occasion son premier Ferdinand Dufaure. C’est un fils de Saint des Saints, étalon au haras d’Étreham et comme nous l’expliquait Nicolas de Chambure : « C’est le meilleur des fils de son père. Il est impressionnant à tous points de vue. » Sa mère King’s Daughter (King’s Theatre), lauréate des Prix Bournosienne (Gr3) et Ketch (L), s’est classée deuxième des Prix Général de Saint-Didier et de Maisons-Laffitte (Grs3) et troisième du Prix Amadou (Gr2) et de la Grande Course de Haies de Cagnes (L). Cette dernière a produit trois autres vainqueurs : Brother du Berlais (Saint des Saints), Son du Berlais (Muhtathir) et William du Berlais (Trempolino). King’s Daughter a également un 3ans inédit nommé James du Berlais (Muhtathir), qui est à l’entraînement chez Robert Collet, une 2ans par Muhtathir (Elmaamul) et une yearling par Saint des Saints.

Deuxième mère de Goliath du Berlais, Bint Bladi (Garde Royale) s’est imposée dans le Prix Bois Rouaud à 2ans. Elle a été exportée en Irlande. Outre King’s Daughter, elle a donné Lyreen Legend (Saint des Saints), vainqueur de Gr2 sur les claies de Thurles, deuxième du RSA Chase et troisième du Punchestown Champion Novice Hurdle et du Punchestown Champion Novice Chase (Grs1). C’est la famille de Five Fishes (Mujtahid), lauréate du Prix Coronation (L) et deuxième du Prix Corrida (Gr3, à l’époque), de Sawasdee (Nikos), gagnante du Prix Saraca et du Critérium de l’Ouest (Ls) et troisième des Prix Hocquart et Noailles (Grs2), ou encore de French Flag (Diamond Shoal), lauréat du Prix Edellic (L).

http://www.jourdegalop.com/Media/Jdg/Documents/Goliath-du-Berlais-1.pdf

Green Dancer

Cadoudal

Come to Sea

Saint des Saints

Pharly

Chamisène

Tuneria

GOLIATH DU BERLAIS (M4)

Sadler’s Wells

King’s Theatre

Regal Beauty

King’s Daughter

Garde Royale

Bint Bladi

Tkisam