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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

TRIBUNE LIBRE - Halte à la rigidité !

Courses / 01.05.2019

TRIBUNE LIBRE - Halte à la rigidité !

Par le docteur Gilles Lorenzi, membre du Bureau de l’Association des propriétaires du Sud-Ouest

« Dans la Tribune libre datée du 1er mai 2019, l’entraîneur de galopeurs Laurent Viel a réagi suite à l’éviction de sa jument La Limagne (Muhtathir) du Prix Ucello II, à Bordeaux, qui a eu lieu le 29 avril, pour vaccinations non conformes. La jument a 5ans et la non conformité serait un décalage de dix jours sur une vaccination à l’âge d’un an, soit en juin 2014. J’imagine qu’avant de publier une telle information, la source a été vérifiée. Admettant qu’elle fut vérifiée, j’ai raconté ce fait à deux amis présents au moment de la parution de l’article et étrangers au monde des courses. Réaction instantanée et de concert : il fallait empêcher par tous les moyens de laisser courir cette jument. Ils y ont vu de la malveillance et, limite, de l’escroquerie ; quoi de plus normal que de mettre en parallèle escroquerie et monde des courses !

Je sais que l’escroquerie n’a pas sa place dans le monde des courses et j’ai contredit mes amis. En écarquillant les yeux, je relis l’article et suis effondré devant une telle stupidité. La vaccination de ce cheval en 2014, donc sa charge immunitaire, n’a plus aucun impact depuis longtemps, compte tenu de ses vaccinations successives en temps et en heure. Un étudiant en première année d’école vétérinaire ou de médecine est capable de le comprendre. Et pourtant, sur cet acte manqué datant de 2014, le cheval a été déclaré non-partant en 2019. Malheureusement, si le propriétaire décidait d’abandonner casaque et chevaux sur le champ, je le comprendrais. Laurent Viel conclut que l’intelligence a déserté les esprits qui décident. Il est bien indulgent, car d’aucuns affirmeraient que dans bien des cas, la case intelligence est vide depuis le départ. Je ne m’avancerai pas sur ce terrain étant donné tout le respect que j’ai pour mes concitoyens. Je leur demande juste de ne pas être les fossoyeurs de ce qu’il reste des propriétaires passionnés qui sont prêts à investir leurs deniers dans les chevaux de course.

Cette décision est une faute, dans l’esprit et dans la réalité physiologique. Elle discrédite toute la filière de décision. L’air du temps fleure bon le nettoyage par le vide des rigides et des rigidités. Au moins, cette fois, je m’y associe. »