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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Vous croyez en l’avenir du galop français ? Moi oui ! - Par Mayeul Caire, directeur de Jour de Galop

Autres informations / 25.05.2019

Vous croyez en l’avenir du galop français ? Moi oui ! - Par Mayeul Caire, directeur de Jour de Galop

Vous croyez en l’avenir du galop français ? Moi oui !

2019, année électorale. Une priorité : retrouver le chemin de la croissance. Mais comment ? Voici quinze propositions, ambitieuses et rapidement réalisables avec les actuels moyens de l’Institution.

Par Mayeul Caire, directeur de Jour de Galop

Vendredi dans JDG : un France Galop bien organisé, qui sait où il va

Hier : comment nous allons faire revenir le public sur nos hippodromes

Aujourd’hui : quatre idées pour renouer avec la croissance au PMU

Demain : croire en nos régions, pour valoriser leur extraordinaire potentiel

TROISIÈME THÈME

Renouer avec la croissance au PMU, malade en dur et à l’arrêt sur Internet

PROPOSITION N° 8

Changer radicalement l’approche de pmu.fr

Comme nous l’avons évoqué hier, une tendance lourde et mondiale va tout emporter sur son passage : la consommation en ligne. Aujourd’hui, plus de 50 % du commerce se fait sur le web. Demain, ce sera plus encore. Le commerce physique résistera, mais uniquement par une approche qualitative. C’est pourquoi je soutiens la démarche de Cyril Linette qui consiste à miser sur le qualitatif dans le réseau en dur. Moins de courses et de meilleures courses dans les points de vente et sur Equidia.

Cependant, en ligne, la stratégie doit être différente. Autant le commerce en dur est un marché qualitatif, autant le web est un marché quantitatif. Il suffit de comparer les commerces qui fonctionnent en dur (en caricaturant : le luxe) et ceux qui marchent en ligne : les hyper-hyper-hypermarchés comme Amazon, qui est en train de tuer des enseignes de grande distribution que l’on croyait invincibles. Si Amazon en était resté aux livres, il ne serait pas devenu le numéro 1 mondial que l’on connaît.

Le online est un marché d’offre. C’est particulièrement vrai pour les jeux d’argent : il faut pouvoir parier sur tout, tout le temps. Aujourd’hui, le leader des bookmakers anglais est Bet365. Comment a-t-il damé le pion à ses concurrents ? En proposant une incroyable quantité de paris, même sur les événements les plus improbables, et sans se poser la question de savoir si des gens auraient envie d’y jouer. Sur Internet, l’offre crée le besoin.

Je comprends certains managers du PMU qui rechignent à investir sur le web, qui ne représente que 10 % de son chiffre d’affaires et sur lequel les marges sont moins élevées qu’en dur. Ils ont raison : aller chercher des parts de marché en ligne, c’est plus cher et ça rapporte moins. Mais si un jour 100 % du business des jeux d’argent se fait en ligne, que deviendrons-nous ? Et ce jour arrivera… Voilà pourquoi nous n’avons pas d’autre choix, comme le font toutes les grandes marques, d’adopter des stratégies différenciées dans le réseau physique et sur Internet.

PROPOSITION N° 9

Mettre à profit la séparation des masses pour proposer une offre différente en dur et en ligne

Il y a quelques années, nous avons subi une forte contrainte : la séparation des masses en dur et en ligne. Avec un peu de recul, je pense que cette contrainte peut finalement se révéler être une opportunité. À condition de nous donner les moyens de transformer cette contrainte en opportunité… car c’en est une ! Pourquoi ? Précisément parce que grâce à cette séparation, nous allons pouvoir mener deux politiques : une pour le dur, avec une réduction de l’offre, et une en ligne, avec une croissance de l’offre.

Entre 2014 et 2018, les paris hippiques sur pmu.fr n’ont pas progressé, alors qu’ils ont crû chez ZeTurf. Et surtout, dans le même intervalle de temps, les paris sportifs ont été multipliés par cinq ! Tout le marché ne peut pas progresser sauf nous.

La question est donc : que faire pour gagner des parts de marché en ligne ? Réponse : animer et innover tout le temps. Proposer toujours plus et toujours plus de nouveautés. Proposer en particulier (j’y reviendrai demain à propos des régions) tout le programme français. Demain, nous devrons pouvoir jouer sur toutes les courses françaises, y compris la plus "petite" des courses PMH. Animer et innover, cela veut dire aussi proposer des paris événementiels et novateurs chaque jour, et plusieurs fois par jour. Christophe Soumillon va-t-il faire un coup de trois ? Persian King va-t-il courir l’Arc de Triomphe ? Une femme jockey va-t-elle remporter une course aujourd’hui à Marseille ? Le jeu est un loisir ; le jeu doit être un plaisir : amusons nos clients !

PROPOSITION N° 10

Faciliter vraiment l’accès aux paris en créant des paris vraiment simples

Et puis Internet doit aussi être un vecteur de recrutement de nouveaux parieurs. Mais pour cela, encore faut-il faciliter l’accès aux jeux.

Aujourd’hui, on vous explique que l’on va recruter des néophytes en leur proposant du pari simple. Mais le pari simple, dans une course de 18 partants, c’est tout sauf simple ! Choisir entre 18 chances, selon des critères que l’on ne maîtrise pas toujours, vous trouvez ça simple ? Pour des novices, c’est impossible. Alors ils ne jouent pas.

L’accès au pari, ce sont de nouveaux jeux proches du binaire, de type paris sportifs (1N2) ou de type casinos (rouge/noir). C’est cela que nous devons développer, en proposant par exemple de jouer sur les chevaux pairs ou impairs. Sur les mâles ou sur les femelles. Ce sont des paris sur lesquels même un non spécialiste doit penser qu’il a sa chance. Car si je pense que je n’ai aucune chance de gagner, pourquoi jouerais-je ? À tort ou à raison, celui qui suit un peu le football pense connaître ce sport et c’est pour cela qu’il se sent assez fort pour mettre sa pièce.

PROPOSITION N° 11

Créer une gamme de paris adaptés aux courses à faibles partants

Enfin, dans un esprit similaire, il faut absolument que le PMU développe une gamme de paris pour les courses à faibles partants. Le problème des partants, c’est un problème mondial. La France n’est pas la seule impactée ; l’obstacle n’est pas le seul impacté. Sur ce sujet, ce n’est donc pas à nous de nous adapter artificiellement, mais au PMU de s’adapter à la réalité, comme il a d’ailleurs commencé à le faire avec le Super 4 (trouver les quatre premiers dans l’ordre dans des courses à faibles partants). Et c’est un succès.