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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

 Zeturf Grand Steeple-Chase de Paris (Gr1) - Félix de Giles - « Dès qu’il est relâché, Docteur de Ballon peut faire une grande ligne droite. »

Courses / 16.05.2019

Zeturf Grand Steeple-Chase de Paris (Gr1) - Félix de Giles - « Dès qu’il est relâché, Docteur de Ballon peut faire une grande ligne droite. »

Félix de Giles : « Dès qu’il est relâché, Docteur de Ballon peut faire une grande ligne droite. »

Depuis plusieurs mois, la clientèle du Cash Asmussen de l’obstacle s’est diversifiée et il a rencontré un certain Docteur de Ballon avec lequel il est invaincu en deux sorties et tentera de le rester dans le Zeturf Grand Steeple-Chase de Paris (Gr1). Pour Jour de Galop, Félix de Giles a fait le point sur la course de dimanche, les qualités de son partenaire et son parcours.

Jour de Galop. - Comment voyez-vous le Grand Steeple 2019 ?

Félix de Giles. - Dans le Prix Ingré (Gr3), il y avait quelques-uns des meilleurs chevaux français et nous les avions battus. C’était déjà bien. Ceci étant dit, Docteur de Ballon (Doctor Dino) portait moins de poids qu’eux et dimanche, sans cet avantage, ce sera un peu plus difficile. Il y aura aussi les chevaux irlandais plus les français qui n’étaient pas là dans le Prix Ingré. J’espère qu’il pourra faire un bon résultat. Cependant, la distance de 6.000m est un test. La course est très ouverte. La dernière fois, même en prolongeant le Prix Ingré, je ne pense pas que Dalia Grandchamp ** (Kapgarde) m’aurait battu d’autant que je n’ai pas été tellement dur avec Docteur de Ballon. Malgré tout, c’est impressionnant ce qu’elle a fait ce jour-là. Carriacou (Califet), aura une très bonne chance, Crystal Beach ** (Network), Bipolaire (Fragrant Mix) et Le Costaud (Forestier), seront aussi de sérieux adversaires. Les vieux chevaux connaissent très bien ce genre de distance et ce sera un avantage pour eux.

Quelles sont les qualités principales de Docteur de Ballon ?

C’est un cheval très maniable, qui est presque froid. Il est très calme. La dernière fois, la course a vraiment "roulé". J’avais l’impression que nous n’arrivions pas à très bien suivre le rythme… mais je ne voulais pas lui demander de venir trop tôt. En revanche, dès qu’il est relâché, il peut faire une grande ligne droite et ça peut l’aider pour la course de dimanche. Je pense qu’il faudra vraiment qu’il soit détendu durant les 5.000 premiers mètres de la course.

Au 15 mai, vous êtes deuxième au classement de la Cravache d’Or avec vingt-trois succès. Est-ce que décrocher une "cravache" peut devenir un objectif ?

J’aimerais bien aller chercher une Cravache d’Argent ou de Bronze, mais l’année est longue. Je n’ai pas prêté trop attention à mon classement actuel et si ça m’arrive, ce sera vraiment le bonus à la fin de l’année. Mais ce que je souhaite plus que tout, c’est de bien travailler avec de bons entraîneurs, des personnes avec lesquelles j’apprécie de collaborer. Si tout fonctionne bien et que je peux prendre une cravache en fin de saison, ça serait formidable, mais ce n’est pas forcément un objectif.

Comment et quand êtes-vous arrivé en France ?

Je suis venu en 2014, juste pour l’été, avec l’idée de découvrir d’autres manières de travailler. Je suis arrivé chez Yannick Fouin à Maisons-Laffitte pour quelques semaines. Il m’a fait monter plusieurs fois. C’était très bien de travailler avec lui. Ensuite, je suis parti chez Emmanuel Clayeux. Nous avons immédiatement noué une bonne relation. C’est quelqu’un avec qui j’adore travailler. Il est très professionnel, il comprend ses chevaux et il m’a toujours soutenu. Si je n’étais pas tombé sur un entraîneur comme lui, avec une aussi bonne entente entre nous deux, j’imagine que je ne serais pas resté en France très longtemps. Il m’a donné beaucoup d’occasions pour apprendre et m’adapter au style français. Maintenant je profite, mais tout ce qui m’arrive, c’est grâce à lui !

Est-ce que vous avez le sentiment d’avoir progressé et de monter de mieux en mieux ?

Je ne dirais pas cela. Je trouve que les chevaux français sont très différents et c’est plus une question de compréhension de leur état d’esprit que de progression de la monte. Il est difficile pour les jockeys anglais ou irlandais de venir ici pour monter des chevaux français. Ces derniers sont un peu plus chauds, plus tendus. Outre-Manche, les chevaux sont très durs, presque froids. Et les jockeys anglais et irlandais sont adaptés à leur manière d’être.

Quel a été votre parcours avant de devenir jockey ?

Mon père était entraîneur, avec dix ou quinze chevaux. Il adorait les point-to-points. J’ai un oncle qui est également entraîneur en plat. Lorsque j’étais jeune, j’ai beaucoup pratiqué la chasse, le concours hippique et les point-to-points. Je n’étais pas très sûr de ce que je voulais faire et après avoir monté en amateur, pendant deux ans, tout en étudiant, je me suis lancé à 18 ans en tant que jockey. Ça a commencé à bien marcher pour moi en Angleterre. J’étais alors au service de Nicky Henderson [il a aussi travaillé pour Charlie Longsdon, Tom George et Martin Keighley, entre autres, ndlr]. Chez lui, j’ai beaucoup appris en étant au contact de jockeys comme Mick Fitzgerald et Barry Geraghty. J’ai aussi appréhendé tout le côté relationnel que l’on retrouve partout dans le monde.