Baie des Îles, un titre à défendre et une revanche à prendre

Courses / 06.06.2019

Baie des Îles, un titre à défendre et une revanche à prendre

Dimanche, la belle Baie des Îles va défendre son titre dans le Prix des Drags (Gr2). La jument entraînée par Ross O’Sullivan visait le Zeturf Grand Steeple-Chase de Paris (Gr1) cette année mais, pas de chance, elle a fait partie des trois chevaux éliminés de la course… Ce week-end, elle va défendre sa couronne… mais peut aussi obtenir une petite revanche.

Par Anne-Louise Échevin

Jour de Galop. - Comment va Baie des Îles ? Est-il problématique de ne pas avoir couru depuis le 16 mars après avoir été éliminée dans le Grand Steeple ?

Ross O’Sullivan. - Baie des Îles ** (Barastraight) va très bien ! Le Grand Steeple-Chase de Paris était en effet notre objectif du premier semestre et nous n’avons vraiment pas eu de chance. Nous avons été très déçus d’être éliminés du Gr1, d’autant plus que ce cas de figure, si j’ai bien compris, ne se présente quasiment jamais. Mais nous arrivons avec beaucoup d’espoir vers ce Prix des Drags. La jument est en bel état, elle a bien travaillé. Il n’y a plus qu’à espérer que tout se passe bien. Un terrain souple serait bien pour elle, j’espère que vous avez eu de la pluie !

L’an dernier, dans le Prix La Haye Jousselin, elle avait conclu septième et dernière en plafonnant en fin de parcours. Elle est pourtant une jument de terrain lourd et de longue distance. Que s’est-il passé ce jour-là ?

Je crois qu’elle était rouillée, tout simplement. Après sa victoire dans le Prix des Drags, nous avions le Prix La Haye Jousselin dans le viseur. Pour aller sur ce Gr1, nous pensions lui donner une course préparatoire en Irlande. Mais, après un bel été, les terrains de début de saison étaient vraiment rapides et nous n’avons pas pu lui donner une course de rentrée. Nous sommes donc allés directement sur La Haye Jousselin. La jument a tracé un bon parcours mais, dans les 200 derniers mètres, elle a complètement plafonné. Je pense qu’il lui a manqué une course et que le manque de condition a parlé pour finir.

Elle a très peu couru cette saison aussi, avec seulement trois courses depuis la fin du mois de décembre. Willie Mullins nous disait que les terrains secs avaient contrarié ses plans pour certains de ses pensionnaires. Est-ce aussi le cas pour Baie des Îles ?

En effet, l’hiver assez sec ne nous a pas aidés. Cependant, nous avions orienté son programme avec le Grand Steeple-Chase de Paris en tête. Donc cette élimination était vraiment très frustrante. Baie des Îles n’a pas été revue depuis sa chute dans un steeple à Down Royal, où elle gambadait en tête. Paul Townend disait qu’elle allait très bien au moment de sa chute.

L’an dernier, Baie des Îles s’imposait avec Paul Townend dans ce Prix des Drags. Willie Mullins devrait avoir des partants cette année. Qui sera son jockey ?

Elle sera associée à Sean Flanagan, qui est l’un des meilleurs jockeys irlandais et qui est en pleine forme actuellement. Il est troisième au classement des jockeys d’obstacle en Irlande cette saison. Il n’a jamais monté à Auteuil mais il a regardé les vidéos de Baie des Îles et des courses françaises. De plus, il devrait parler du tracé avec Paul Townend. Après tout, Davy Russell a gagné le Grand Steeple alors qu’il n’avait jamais monté sur le steeple d’Auteuil ! Avec de la chance, cela marchera aussi pour Sean !

Que représente Baie des Îles pour un jeune entraîneur comme vous ?

C’est vraiment une jument qui a une place à part… Elle a gagné le Prix des Drags chez vous, en France, mais aussi de belles courses en Irlande. Elle a été exceptionnelle durant toute sa carrière. C’est comme un membre de la famille. Nous sommes une petite écurie, nous avons environ vingt-cinq chevaux, en très grande majorité d’obstacle, et être une petite écurie en Irlande, ce n’est pas facile. Vous avez en face de vous des Willie Mullins ou des Gordon Elliott, qui peuvent avoir jusqu’à 250 éléments dans leurs boxes. C’est vraiment très dur d’être compétitifs. Nous sommes une petite écurie mais composée de jeunes gens. Ma femme, Katie [Walsh, ndlr], nous aide aussi. J’espère pouvoir continuer à développer mon effectif dans le futur. Les victoires de Baie des Îles nous ont ouvert de nouvelles portes, de rencontrer quelques nouveaux propriétaires, d’établir de nouveaux contacts. Lorsque je rencontre de nouvelles personnes du milieu, il n’est pas rare qu’elles me parlent immédiatement de Baie des Îles !

La victoire dans le Prix des Drags est une belle histoire, qui est partie d’un coup de poker. C’était votre premier succès au niveau Groupe mais également une première tentative en France. On sait qu’il est difficile pour les steeple-chasers anglo-irlandais de gagner sur les obstacles français. Qu’est-ce qui vous a poussé, l’an dernier, à tenter cette aventure ?

Nous avions vu ses courses en France et nous pensions que cela valait le coup de tenter. Nous avions remarqué que Willie Mullins avait de la réussite lorsqu’il emmenait ses chevaux en France. J’en avais parlé avec lui, ainsi qu’avec son fils Patrick. Et avec Katie aussi. Vous la connaissez bien en France puisqu’elle a monté (et gagné) à Auteuil ! Le jour où Baie des Îles a remporté le Prix des Drags, c’était le plus beau jour de ma carrière d’entraîneur. C’était vraiment un moment à part, pour mon équipe et moi.