Class Conti, l’irlandais de Patrick Joubert

Courses / 06.06.2019

Class Conti, l’irlandais de Patrick Joubert

Il aurait dû courir le Zeturf Grand Steeple-Chase de Paris et le Prix des Drags (Gr2). Même s’il ne sera pas au départ ce dimanche, Class Conti présente une caractéristique peu commune : celle d’être le cheval d’un propriétaire-éleveur français entraîné en Irlande. Patrick Joubert nous a confié les raisons de la présence de casaque sur l’Île verte.

Par Christopher Galmiche

Rares sont les propriétaires français à avoir des sauteurs à l’entraînement à l’étranger. Par le passé, la famille Papot avait envoyé le champion Rubi Ball (Network) chez Willie Mullins. Il avait d’ailleurs terminé troisième du Lexus Chase (Gr1). Plus récemment, Patrick Joubert a placé Sancta Simona (Saddex) chez le même Irlandais. Après avoir gagné son bumper à Kilbeggan en Irlande, elle a été vendue à John-Patrick McManus et a conclu deuxième du Future Champions Novice Hurdle (Gr1). Patrick Joubert n’est pas qu’un propriétaire de Willie Mullins. C’est aussi l’un de ses fournisseurs de très bons chevaux. En effet, avec Nicolas de Lageneste, il lui a vendu le futur champion Vautour (Robin des Champs), malheureusement disparu, et l’impressionnant Franco de Port (Coastal Path), lauréat du Prix de l’Yonne.

Pierre Boulard, l’entremetteur. Homme de confiance de Willie Mullins en France, Pierre Boulard a joué un grand rôle dans la mise en relation de Patrick Joubert et du professionnel de Closutton. Le maître des "Conti" nous a expliqué : « J’ai connu Willie grâce à un ami qui s’appelle Pierre Boulard. Je l’ai rencontré plusieurs fois aux courses en Irlande et en Angleterre. Pierre nous avait acheté une pouliche aux ventes de Baden, que j’ai eue en copropriété avec Willie et d’autres [Sancta Simona, ndlr]. Elle était à l’entraînement en Irlande sous mes couleurs. Elle a couru deux ou trois fois puis nous l’avons vendue à John-Patrick McManus. En ce qui concerne Class Conti (Poliglote), il était blessé et je l’ai soigné un an et demi. Il a ensuite été chez Donatien [Sourdeau de Beauregard, ndlr] puis je me suis dit pourquoi ne pas essayer chez Willie. C’est Pierre qui a fait l’entremetteur. Je le remercie encore. Pour acheter et placer des chevaux pour Willie, c’est le bras droit ! Class Conti était estimé dans sa jeunesse par Guillaume [Macaire, ndlr]. Je lui ai vendu son propre frère, Galleo Conti [le frère de Silviniaco Conti, ndlr], qui appartient désormais pour moitié à Pierre Pilarski. »

Encore tout à prouver. Depuis son arrivée dans les boxes de Willie Mullins, Class Conti a gagné brillamment à Tramore puis il a été arrêté dans un handicap sur le steeple disputé au cours du Festival de Punchestown. Son propriétaire nous a dit : « Il a gagné pour ses débuts irlandais à Tramore de 23 longueurs. Ensuite, il a moins bien couru, mais le lot était plus relevé. Et, à sa décharge, ils l’ont scopé juste après et il était sale. Nous devions courir le Grand Steeple même si ça aurait été dur (…). Mes chevaux, je les aime et j’aime qu’ils rentrent bien. Je préfère ne pas courir plutôt que de faire mal aux chevaux. Le cheval a été opéré pour sa respiration. Willie trouvait qu’il ne respirait pas bien et il a été opéré rapidement. C’est quelque chose qu’ils font systématiquement là-bas. »

Sancta Simona, Class Conti… et d’autres ? Maintenant que Patrick Joubert a mis ses premiers chevaux chez Willie Mullins, est-ce qu’il pourrait en envoyer d’autres en Irlande ? « Dans le futur, je pourrais en envoyer au cas par cas chez Willie. S’il vient un jour chez moi et qu’un cheval l’intéresse, pourquoi pas ? C’est une bonne personne, un très bon entraîneur, avec qui le rapport humain est très bon. Bien que lui ne parle pas un mot de français et moi aucun mot d’anglais (rires) ! Mais nous avons un bon traducteur, qui s’appelle Pierre Boulard. »