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Jour de Galop

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LE MAGAZINE - À la découverte de l’élevage d’Arthel

Élevage / 25.06.2019

LE MAGAZINE - À la découverte de l’élevage d’Arthel

Nous poursuivons notre tour du Centre-Est, réalisé en amont du Chaser Day et de l’AQPS Sprinter Sacré Show, et entamé dans l’Allier chez Nicolas de Lageneste. Aujourd’hui, rendez-vous dans un charmant village de la Nièvre : Arthel. C’est dans son château du XVIIIe siècle que le maître des lieux, le comte Guillaume de Brondeau, nous a accueillis pour nous parler de son élevage, de ses croisements, et bien sûr de son actuel fer de lance, Enjeu d’Arthel (Saddler Maker).

Par Christopher Galmiche

L’élevage du comte Guillaume de Brondeau s’est construit sur la base d’une souche, celle qui a donné un champion AQPS nommé Imposant, lequel avait participé en son temps au Grand National de Liverpool (Gr3) avec René Couétil. C’est un élevage familial que l’ancien avocat a hérité de son père : « J’ai toujours connu des chevaux au château d’Arthel. C’est ici que je suis né et où j’ai été élevé. Mon désir a toujours été d’y retourner une fois ma carrière professionnelle terminée. Avant que je ne revienne, mon père, qui était éleveur, est décédé. Je n’étais pas forcément décidé à reprendre l’élevage. Mais les juments étaient dans les prés et je les ai gardées. Je me suis mis plus sérieusement à l’élevage à partir de ma retraite, en 2009. Cette année, j’ai fait saillir quatre juments, c’est le maximum que je puisse faire. Jusqu’à présent, je suis resté avec la même souche. Toutes mes juments descendent de celle de Vagne qui avait donné Imposant. De cette souche est sortie une bonne jument nommée Sédition (Trenel), qui a été exploitée par Jean Dasque et a gagné deux courses à Auteuil. Tous mes produits descendent de cette jument-là. J’ai eu la chance d’avoir, grâce à cette famille, la bonne Olga d’Arthel (Brier Creek). Non seulement, elle a eu de bonnes performances, mais elle s’est avérée une très bonne poulinière. Tous ses produits ont gagné sauf un, qui a couru une fois : Fleuron d’Arthel (Network). Il a été au repos et fait partie de ces grands chevaux qu’il faut ménager. »

Le destin s’est immiscé pour donner le croisement d’Enjeu d’Arthel. Enjeu d’Arthel est l’actuel fer de lance de l’élevage de Brondeau. Il a remporté le Prix André Boingnères en sauteur de classe et devrait faire un très bon élément dans le futur. Son éleveur nous a raconté l’histoire de son croisement et celle de sa jeunesse : « Je suis secrétaire de la coopérative de Cercy. Je voulais aller à Voix du Nord avec Olga d’Arthel, mais il est mort avant d’avoir pu saillir la jument. Nous sommes donc allés à Saddler Maker pour faire Enjeu d’Arthel. Saddler Maker s’est avéré un très bon étalon, mais il est mort lui aussi, malheureusement. Jeune, Enjeu d’Arthel était un poulain assez costaud. Je l’avais présenté à Decize car il y avait une présentation de yearlings. Je l’avais vendu à Jacques Cyprès. Cette année, Olga d’Arthel a eu un produit de Cokoriko et elle est pleine du même étalon, pour lequel j’ai une part. Je lui donne trois juments. »

L’embarras du bon choix à Cercy. Le comte de Brondeau nous a expliqué comment il choisit ses étalons et l’atout que représente le haras de Cercy, aussi bien en termes de qualité d’étalons que de proximité pour tous les éleveurs du Centre-Est : «  Je choisis mes étalons en fonction de ce que je vois. Je cherche toujours à donner du modèle. Cokoriko en donne, il n’y a pas de doutes. Nous avons un panel d’étalons à Cercy qui est superbe. C’est tellement simple pour moi de faire saillir à Cercy. Je fais faire mes poulinages là-bas également car le travail y est très bien fait. Il y a neuf étalons, ce qui donne un choix très large. En plus de Cokoriko, j’ai une demi-part de Free Port Lux, de Tunis, en association avec madame Bouchanville, et une part de Rail Link, auquel je crois beaucoup. Cette année, j’ai aussi un poulain de Gris de Gris. Avec la base que nous avons à Cercy, nous limitons considérablement les frais annexes, notamment par rapport au transport. Je n’ai que des juments AQPS. J’ai pensé à acheter des juments extérieures, mais je devrais alors me séparer d’une autre et comme je ne veux pas augmenter mon nombre de poulinières… Donc finalement, je ne l’ai pas fait. »

Un château magnifique qui se visite

Le château d’Arthel est un vrai joyau. Classé monument historique et avec un parc magnifique, il est d’ailleurs possible de le visiter quelques jours par an. « Nous faisons visiter le château. Mon épouse se donne beaucoup de mal pour bien entretenir les lieux. Et c’est compliqué de l’entretenir, avec ses douves et ses terrasses notamment ! »