Mickaël Seror, force trois - Par Alice Baudrelle

Courses / 07.06.2019

Mickaël Seror, force trois - Par Alice Baudrelle

Mickaël Seror, force trois

Installé depuis 2010, Mickaël Seror est désormais régulièrement à l’honneur dans les belles épreuves en obstacle. Le jeune entraîneur cantilien alignera trois concurrentes au départ du Haras d’Étreham - Prix Sagan (Gr3), ce dimanche.

Par Alice Baudrelle

Jour de Galop. - Dimanche, vous présenterez trois concurrentes au départ du Haras d’Étreham – Prix Sagan (Gr3) : Messagère, Golden Park et Star Vixa. Pouvez-vous nous parler de leurs chances ?

Mickaël Seror. - Mes trois partantes vont courir sans pression. Messagère (Saint des Saints) a bien gagné le Prix du Nivernais pour ses débuts. Elle n’est pas à 100 % et ne va faire que progresser tout au long de l’année. Nous allons la monter pour l’avenir, et non de manière offensive. Une course avec du rythme l’avantagerait et je pense que ce sera le cas. Si la piste est très souple, ce sera un plus. En ce qui concerne Golden Park (Walk in the Park), nous savons qu’elle est a priori un ton en dessous des deux favorites, Invincible Dina (Doctor Dino) et Atérisk (No Risk at All). C’est une pouliche qui a besoin de terrain très souple. Nous n’avons pas été très durs avec elle et nous allons la monter de manière plus offensive cette fois-ci. Elle a pris de l’état ; elle a davantage travaillé entre ses deux dernières courses, mais elle pèse malgré cela 10 kg de plus que la dernière fois ! Quant à Star Vixa (Vertigineux), je n’avais pas donné les bons ordres à son jockey lors de ses débuts en obstacle et cela ne s’était pas bien passé. La deuxième fois, elle a déposé l’opposition en quelques foulées dans un réclamer à Compiègne. Elle n’a pas beaucoup de métier en obstacle, mais elle est très courageuse et elle met son cœur sur la piste. J’ai une bonne génération de 3ans et comme je ne suis pas dur avec eux, ils ont tous de la marge.

L’an passé, vous avez intégré pour la première fois le top 15 des entraîneurs d’obstacle. Comment expliquez-vous votre réussite grandissante ?

Depuis mon installation, mes résultats progressent d’année en année. Ce n’est pas le grand écart, mais il y a toujours du mieux. Il faut continuer comme ça jusqu’au jour où je dirai stop ! Comme tout le monde, je m’améliore aussi au fur et à mesure. Étant donné mes bons résultats, j’ai des nouveaux propriétaires et tout se passe bien. Certains ont des chevaux qui arrivent chez moi par le biais d’autres entraîneurs, parce qu’ils étaient compliqués ou qu’ils ne rentraient pas dans le moule. C’est une très bonne publicité pour l’avenir. J’essaye aussi de limiter au maximum les déplacements en province, car ce n’est bénéfique ni pour le portefeuille du propriétaire ni pour le cheval. Et plus les chevaux voyagent, moins ils récupèrent ! Samedi, j’envoie un AQPS de 3ans débuter en plat à Nancy ; mais quand il ira en obstacle, ce sera à Paris ! Je me suis installé entraîneur à Paris pour courir à Paris, point.

L’année dernière, vous avez acheté la cour de Marcel Rolland à Coye-la-Forêt. Cela a dû impliquer quelques changements dans votre organisation…

Non, car j’entraînais déjà à Coye-la-Forêt avant d’avoir ma propre cour et ma méthode n’a pas changé. La seule chose qui a changé, c’est que lorsque j’ai des rentrées d’argent, je m’en sers non pas pour acheter un cheval, mais pour améliorer mon établissement ! Je continue à acheter des petites parts de chevaux de temps en temps, mais ma priorité est d’embellir mon écurie.

Est-ce que vous sentez un regain pour l’obstacle sur le centre d’entraînement de Chantilly ? Comment appréhendez-vous l’avenir des courses ?

Oui, c’est certain. Il y a un an et demi ou deux, j’avais déjà dit, avant que David Cottin ne s’y installe, que Chantilly allait repartir. Des propriétaires qui avaient déserté le centre, à l’image de Simon Munir et Magalen Bryant, sont revenus en masse. Pour ce qui est de l’avenir des courses, je suis de nature optimiste et quoi qu’il arrive, je ferai tout pour que tout le monde s’en sorte. Je me battrai corps et âme pour que le monde des courses aille toujours mieux !

Vous veillez sur un effectif de 37 chevaux. Comptez-vous, à terme, vous agrandir ?

Non, pas du tout. À la base, je m’étais fixé une limite de 30 pensionnaires. Nous sommes passés à une quarantaine de chevaux un peu malgré moi, mais je ne veux pas en accueillir davantage. Je veux connaître les pensionnaires par cœur et être proche d’eux et de mon personnel. J’aime qu’on soit une équipe. Si je dois gérer 30 salariés, ce ne sera plus le cas et pour les chevaux, c’est pareil. Je souhaite que mon entreprise reste familiale.

Vous avez un excellent feeling avec Félix de Giles. Comment l’expliquez-vous ?

J’ai connu Félix par l’intermédiaire d’Emmanuel Clayeux, chez qui ma belle-mère [Catherine Boudot, ndlr] a eu des chevaux. Étant proches d’Emmanuel, nous sommes allés à Cheltenham avec lui à plusieurs reprises et nous avons rencontré Félix, pour qui nous nous sommes pris de sympathie. À partir du début de l’année dernière, il est venu une fois par mois pour sauter les chevaux. Comme Jacques Ricou mettait un terme à sa carrière, il me fallait un jockey pour le remplacer, d’autant que Ludovic Philipperon a ses obligations et n’est pas toujours disponible. Cela se passe très bien avec Félix, le travail est très facile avec lui.

Est-ce que vous pourriez vous laisser tenter par l’Angleterre, l’hiver prochain ?

Oui. Concrètement, dès que j’aurai l’occasion d’avoir un cheval assez dur et assez bon pour y aller, il ira courir là-bas. Cela fait partie de mes objectifs. Il y a deux courses que je rêve de gagner : le Prix Cambacérès (Gr1) et le Triumph Hurdle (Gr1). Ce sont des courses basées sur la vitesse et sur l’espoir de faire encore mieux à l’avenir, puisqu’elles concernent de jeunes chevaux. Pour moi, c’est ça, les vraies courses, pas celles qui se déroulent sur 7.000m. Je ne suis pas un fanatique de cross-country et je trouve d’ailleurs dommage que le Grand Steeple-Chase de Paris (Gr1) ait été rallongé de 200m… Personnellement, j’aime les épreuves de vitesse !