Télécharger l'édition du jour
Jour de Galop

JOUR DE GALOP

PRIX DE DIANE J-1 - Un Diane synonyme de diversité pour l’élevage

Courses / 20.06.2019

PRIX DE DIANE J-1 - Un Diane synonyme de diversité pour l’élevage

L’étude de la liste des partantes du Prix de Diane est riche d’enseignements. Voici cinq chiffres clés pour comprendre les enjeux de l’édition 2019 du point de vue de l’élevage.

Par Adrien Cugnasse

7

La forme des étalons français

Rarement on a vu cela. Sept des 16 partantes sont issues d’un étalon officiant actuellement en France : Le Havre (Ebony, Platane et Commes), Siyouni (Étoile et Paramount), Dabirsim (Morning Dew) et Olympic Glory (Grand Glory). C’est un meilleur score que lors de 15 des 16 dernières éditions du Prix de Diane. Depuis 2004, l’édition record des sires français n’est autre que 2017 avec huit produits de sires tricolores (Myboycharlie, Evasive, Gentlewave, Tiberius Caesar, Motivator, Soldier of Fortune et Literato). Plus important encore, on constate que ce chiffre est, bon an mal an, en augmentation : en 2004, seulement trois pouliches issues d’une saillie française étaient au départ.

3

Le Havre à la poursuite d’un record

Parmi les étalons français en forme, il y a Le Havre (Noverre), qui sera triplement représenté dans ce Prix de Diane (Ebony, Platane et Commes). Depuis 2004, aucun sire n’avait réussi à placer trois pouliches sur la liste de départ de ce classique.

L’étalon de Montfort & Préaux est le cinquième, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, à avoir donné deux gagnantes de Oaks françaises après Artic Tern (1982 et 1983), Kahyasi (1997 et 1998), Lyphard (1978 et 1992) et Sicambre (1961 et 1964). Sur la même période, aucun reproducteur n’est parvenu à triompher trois fois. Il faut remonter à Belfonds (1930, 1933, 1935 et 1939) pour retrouver un étalon ayant gagné trois fois ou plus le Diane.

En 2016, La Cressonnière est devenue la deuxième lauréate de son père. Elle était issue d’un croisement similaire (Le Havre sur Highlight) à celui d’Ebony et Platane, dont les mères sont des filles de Nayef (lequel descend d’Highlight, la mère d’Highclere, en lignée femelle).

9

Les éleveurs-vendeurs en force

En 2019, les pouliches achetées sur un ring de vente sont majoritaires (9 sur 16) au départ du Prix de Diane. C’est certainement un record, même s’il est difficile de savoir si un tel cas de figure est déjà arrivé dans l’histoire. En tout cas, cette proportion de concurrentes issues des ventes publiques est nettement supérieure à celle de 2018 (5 pouliches de vente sur 13 partantes), 2017 (8 sur 16), 2016 (5 sur 16) et 2015 (7 sur 17).

Logiquement, cette année, c’est l’agence Arqana qui frappe un grand coup avec neuf pouliches. Il y a de quoi rêver car le ticket d’entrée va de 18.000 € (Grand Glory) à 160.000 € (Ebony et Étoile). Six de ces neuf femelles ont atteint ou dépassé la barre des 140.000 € à Deauville. À titre de comparaison, seulement quatre des 14 partantes des Oaks d’Epsom (Gr1) ont changé de propriétaire sur un ring.

Logiquement, la diversité des propriétaires est bien plus grande à Chantilly (16 casaques pour 16 partantes) qu’à Epsom (11 propriétaires différents).

11

Plus de haras de monte différents

La diversité se retrouve aussi dans les stations de monte des étalons représentés au départ. En 2019, pas moins de 11 haras différents auront au moins un produit d’un de leurs étalons sur la ligne de départ à Chantilly (Aga Khan Studs, Ballylinch Stud, Bouquetot, Cheveley Park Stud, Coolmore, Darley, Gestüt Auenquelle, Grandcamp, Juddmonte, Montfort & Préaux et Newsells). À titre de comparaison, ils n’étaient que cinq dans ce cas dans les Oaks d’Epsom (Aga Khan Studs, Ballylinch, Coolmore, Darley et Juddmonte).

12

Une plus grande diversité génétique

Sur les 14 partantes des Oaks, la moitié étaient des descendantes de Galileo (Sadler’s Wells) dont cinq en lignée mâle. À Epsom, sept étalons majeurs étaient représentés soit directement soit par l’intermédiaire de leur descendant au haras (Galileo, Cape Cross, Danehill Dancer, Montjeu, Pivotal, Storm Cat et War Front). À Chantilly, ce chiffre monte à 12 (Blushing Groom, Cape Cross, Danehill Dancer, Dansili, Galileo, In the Wings, Invincible Spirit, Machiavellian, Montjeu, Pivotal, Storm Cat et Sunday Silence).

Cette diversité génétique – en lignée mâle – est une chance pour l’élevage et les courses françaises. Surtout qu’elle n’est pas synonyme de qualité insuffisante. En effet, les gagnantes du Diane n’ont pas à rougir de leur bilan au haras si on le compare à celui des lauréates des Oaks.

Sur les dix dernières lauréates du classique cantilien dont on peut juger la production, huit ont donné des black types, sept au moins un cheval de Groupe et trois au moins un lauréat de Gr1. Il s’agit de Zarkava (la mère de Zarak, Grand Prix de Saint-Cloud, Gr1), Stacelita (la mère de Soul Stirring, deux Gr1 au Japon dont les Oaks locales) et Daryaba (Daryakana, Hong Kong Vase, Gr1). Outre-Manche, le bilan des gagnantes des Oaks est statistiquement le même avec huit mères de black types, sept qui ont donné au moins un cheval de Groupe et trois au moins un lauréat de Gr1 : Ouija Board (la mère d’Australia, Derby d’Epsom et d’Irlande, International Stakes, Grs1), Kazzia (la mère d’Eastern Anthem, lauréat de la Dubai Sheema Classic, Gr1) et Light Shift (la mère d’Ulysses, gagnant des Eclipse Stakes et des Juddmonte International Stakes, Grs1).