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PRIX DE DIANE - Les divins Diane de Christophe Lemaire - Par Anne-Louise Echevin

Courses / 15.06.2019

PRIX DE DIANE - Les divins Diane de Christophe Lemaire - Par Anne-Louise Echevin

PRIX DE DIANE

Les divins Diane de Christophe Lemaire

Il revient du Japon pour une pige : Christophe Lemaire sera associé à Cartiem (Cape Cross) dans le Prix de Diane, ce dimanche à Chantilly. Jean-Claude Rouget a fait appel à celui qui, en 2009, lui avait offert son premier Diane grâce à Stacelita (Monsun). Le jockey nous a parlé de cet appel et est revenu sur ses trois victoires dans le Diane.

Par Anne-Louise Echevin

Un appel qui fait plaisir. Jean-Claude Rouget a quatre partantes dans le Prix de Diane 2019. Ce fut tout de même une petite surprise que de le voir faire appel à Christophe Lemaire, bien installé au Japon. Le jockey n’a pas hésité à répondre à la sollicitation. « Jean-Claude Rouget m’a appelé il y a quelques semaines et m’a dit : "Je te propose de monter une bonne chance dans le Prix de Diane, vois si tu peux venir." Le timing était bon : il n’y a pas de grandes courses durant ce week-end au Japon et je pouvais me libérer, je n’avais pas d’impératifs pour me mettre en selle. Donc me voilà ! Le Diane est une course qui me réussit plutôt bien. C’est une belle opportunité. J’étais ravi de l’appel de Jean-Claude Rouget. Nous avions eu dans le passé une collaboration très fructueuse. L’année 2009 a été exceptionnelle, du printemps à l’automne : Stacelita, Le Havre, Literato… Nous avons continué à travailler ensemble les années suivantes, lorsque j’étais en contrat avec Son Altesse l’Aga Khan. »

Sans pression avec Cartiem. Cartiem a une chance au départ de ce Prix de Diane même si elle ne devrait pas être parmi les favorites. Elle reste sur un succès dans le Prix Pénélope (Gr3). Une victoire pas facile à analyser. « Jean-Claude Rouget m’avait dit qu’il y avait de fortes chances pour que je monte Cartiem, avec les contrats des uns et des autres : Commes (Le Havre) était destinée à Cristian Demuro, car portant la casaque de Gérard Augustin-Normand par exemple, même si elle a été vendue entre temps. Teruya Yoshida connaît bien Cristian et il est logique qu’il soit encore en selle. Je vais arriver sans pression sur ce Diane avec Cartiem. Elle reste sur une victoire dans le Prix Pénélope. Le lot n’était pas très relevé et, avec si peu de partantes, il n’y a pas eu de rythme. Mais j’ai bien aimé le style : elle a été très allante. Avec le manque de rythme, elle a été prise de vitesse lors du sprint, mais elle a placé une belle accélération dans les 200 derniers mètres. Elle gagne avec un peu de marge. Je pense que Jean-Claude Rouget a le Prix de Diane en tête pour elle depuis un moment… Et s’il me fait venir du Japon, c’est que je dois avoir une chance (rires) ! »

Divine Proportions, une journée rêvée. La première victoire de Christophe Lemaire a eu lieu en 2005. Il était en selle sur la championne Divine Proportions (Kingmambo) qui passait un test sur la distance. « Le Prix de Diane de Divine Proportions reste un jour particulier pour moi. C’était mon premier Diane, avec cette pouliche d’exception. Cette victoire m’a permis de me faire connaître dans le monde des courses, en France et à l’international. Divine arrivait invaincue sur le Diane : le Morny, le Boussac, la Poule... C’était Mike Tyson : lors de toutes ses victoires précédentes, elle avait mis tout le monde K.-O.

J’avais forcément un peu de pression avant le Diane avec une pouliche comme elle, mais nous avions une grande confiance en elle. Cela avait été une journée splendide à Chantilly. Je crois que le thème de la journée était le Maroc, j’ai le souvenir d’avoir vu des palmiers installés sur l’hippodrome… Barbara et moi venions d’avoir notre premier enfant. C’était vraiment une journée rêvée pour un jeune jockey comme moi. Il faut imaginer : gagner le Diane avec cette pouliche, avec cette casaque de la famille Niarchos… »

Stacelita, en 2009 et en 2017. C’était il y a dix ans… Jean-Claude Rouget remportait son premier Diane, avec Stacelita (Monsun). Un deuxième Diane pour Christophe Lemaire et une histoire d’amour avec la jument qui s’est poursuivie. En 2017, il a remporté les Oaks du Japon avec sa fille Soul Stirring (Frankel). « Stacelita avait un profil différent de celui de Divine Proportions. Elle avait montré beaucoup de classe assez tôt dans sa carrière. Elle arrivait invaincue sur la course et venait de remporter très facilement le Prix Saint-Alary. Je savais que la distance ne lui poserait pas de problème et je n’ai pas hésité à la monter de façon assez offensive, tout de suite en deuxième position, pour faire parler la tenue dans la ligne droite. C’était l’année 2009, l’année de la dynamique incroyable de l’écurie de Jean-Claude Rouget. Il ne pouvait rien nous arriver cette année-là… L’histoire avec Stacelita s’est poursuivie des années plus tard puisque j’ai gagné les Oaks du Japon avec sa fille, Soul Stirring. C’est tout de même incroyable ! Quelle est la probabilité pour qu’un jockey monte un jour une fille de gagnante de Diane dans la même course ou son équivalent à l’étranger, et s’impose ? Infime, je pense ! Cette histoire avec la mère et la fille est quelque chose de peu banal. Et cela montre l’intelligence de Jean-Pierre Dubois qui a su façonner, avec son élevage, de grands chevaux de course. »

La consécration avec Sarafina. En 2010, Christophe Lemaire conserve son titre dans le Prix de Diane, avec Sarafina (Refuse to Bend). Comme Stacelita, elle venait de remporter le Prix Saint-Alary. « Sarafina arrivait sur le Diane à la suite d’une victoire dans le Saint-Alary, comme Stacelita. Je ne l’avais pas montée à Longchamp, Gérald Mossé était en selle. Mais je me souviens bien de sa victoire : elle avait gagné sur une simple accélération, en trois foulées. Gagner ensuite le Prix de Diane avec Sarafina, cela a été une consécration : gagner à Chantilly cette épreuve avec la casaque de Son Altesse l’Aga Khan, la casaque classique par excellence, cela a été un très grand moment. Sarafina n’était pas une pouliche très grande, mais elle avait beaucoup d’influx, de peps et de vélocité. C’était une sacrée pouliche. »

Fièrement, l’espoir pour l’Arc 2019

Pas d’Almond Eye (Lord Kanaloa) au départ du Qatar Prix de l’Arc de Triomphe 2019 (Gr1). Christophe Lemaire devrait cependant bien être présent avec le 4ans Fièrement (Deep Impact), lauréat du St Leger japonais (Gr1- 3.000m) et du Tenno Sho - Printemps (Gr1 - 3.200m). Il nous a parlé de lui : « Il est au repos actuellement. Je l’ai vu il y a peu et il est magnifique. Fièrement va courir le Sapporo Kinen, un Gr2 à la fin du mois d’août, et venir ensuite pour l’Arc. Il a gagné deux courses sur longue distance mais ce n’est pas un stayer : le programme se présentait ainsi. Il a de la vitesse et je crois qu’il sera mieux sur 2.400m, plus dans son rythme. En bon fils de Lune d’Or (Green Tune) et d’une famille française, je crois qu’il s’adaptera au terrain de ParisLongchamp, même s’il est souple. »