TRIBUNE LIBRE - La preuve par deux

Courses / 27.06.2019

TRIBUNE LIBRE - La preuve par deux

Par François Forcioli-Conti 

« J’ai depuis longtemps le sentiment que ce qu’il manque aux disciplines hippiques est un véritable événement international  Non pas qu’il n’y ait pas de rencontres où s’affrontent des concurrents de nations différentes, mais plutôt qu’il y en a trop et sans que les médias et le commun des mortels, qui veulent des choses simples et claires, puissent y comprendre quelque chose. En fin de compte, il y a un championnat du monde en France, en Angleterre, aux Émirats Arabes Unis, en Australie, dans les pays asiatiques ou ceux du Nouveau Monde. Si pour le trot, cela paraît plus clair, cela vient du fait que le nombre de pays adeptes de cette discipline est plutôt réduit.

Alors pourquoi ne pas envisager la création d’un événement mondial, un rendez-vous qui comme tous les championnats du monde serait itinérant ?

Deux exemples sont particulièrement édifiants quant à la force promotionnelle de tels rendez vous sportifs :

- le rugby était jusqu’à la création de la coupe du monde, un sport régional pratiqué dans quelques départements du Sud-Ouest de notre pays, et pour lequel le caractère international résultait du découpage du Royaume-Uni. Bien sûr, on savait que de l’autre côté de la planète existaient des équipes redoutables. Mais les rencontres étaient rares et ne s’inscrivaient pas dans le cadre d’une compétition structurée. La création de la coupe du monde a presque fait du rugby l’équivalent médiatique du football.

- L’actuelle coupe du monde de football féminin, qui a lieu chez nous, donne à cette discipline jusque-là assez confidentielle, une dimension inimaginable. Les heures de retransmission que la télé lui consacre laissent rêveur. À l’inverse, notre sport, qui a tout pour être une discipline universelle, s’est recroquevillé sur lui même. Sans doute le lien avec le jeu d’argent, très lié aux législations nationales, y a-t-il contribué. Mais hors des médias, point de salut. Et les médias ne feront jamais la promotion de machines à sous. Ce ne sont pas les mesures d’économie drastiques qui sauveront les courses, même si elles sont justifiées et nécessaires. Ce qui pourrait éventuellement les sauver serait de leur redonner le lustre que la modernité exige, c’est-à-dire en faisant d’elles un événement mondial, voire simplement européen dans un premier temps, comme tous les autres grands sports en connaissent. »