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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

À LA UNE - Le plan de France Galop pour sauver le centre d’entraînement de Maisons-Laffitte

Institution / Ventes / 04.07.2019

À LA UNE - Le plan de France Galop pour sauver le centre d’entraînement de Maisons-Laffitte

Jeudi, à ParisLongchamp, une conférence de presse était organisée pour présenter le "projet Maisons-Laffitte". Olivier Delloye, directeur général de France Galop, Matthieu Vincent, directeur des hippodromes et des centres d’entraînement de Chantilly, Deauville et Maisons-Laffitte, et Édouard Boutolleau, responsable exploitation à Maisons-Laffitte, ont dévoilé les actions pour la restructuration du centre d’entraînement mansonnien.

SCHEMA MAISONS LAFFITTE, AVANT ET APRÈS

UN PROJET RÉSULTAT D’UN CONSENSUS ENTRE FRANCE GALOP ET LES ENTRAÎNEURS DE MAISONS-LAFFITTE

Matthieu Vincent a présenté les nouvelles dimensions du centre d’entraînement de Maisons-Laffitte. Le centre a été repensé en concertation avec un groupe de travail de cinq entraîneurs, représentants de l’ensemble des professionnels mansonniens : Patricia Butel, Pascal Adda, Gianluca Bietolini, Yann Lerner et Didier Prod’homme.

Un consensus raisonnable pour un outil performant toute l’année. Matthieu Vincent a expliqué : « Je tenais à remercier le groupe de travail constitué de cinq entraîneurs, présents aujourd’hui : Patricia Butel, Pascal Adda, Gianluca Bietolini, Yann Lerner et Didier Prod’homme. Nous avons eu plusieurs réunions de travail ensemble depuis l’automne 2018, en salle comme sur le terrain, pour définir le futur périmètre du centre d’entraînement. Nous avons toujours senti une volonté de travail constructif de leur part, eux représentant l’ensemble des entraîneurs mansonniens et chargés de défendre l’intérêt général. Le projet est le résultat de nombreuses discussions : nous n’avons pas toujours été d’accord mais un consensus raisonnable a été trouvé suite à ces échanges. Il faut aussi remercier les membres de la commission plat et obstacle : Anne-Sophie Pacault, Sylvain Dehez, Yannick Fouin, Brian Beaunez et Jehan Bertran de Balanda qui ont amené beaucoup d’idées, notamment sur le nombre d’obstacles et la distance entre ces derniers. Ce nouvel outil sera performant tout au long de l’année grâce à de nouveaux travaux et avec une conception optimisée pour un objectif de 700 à 800 chevaux. Nous avons cherché la meilleure productivité possible pour l’entretien du site, avec une dizaine de salariés. Nous ne créons pas un centre d’entraînement, ce qui est un peu une difficulté : nous aménageons un centre avec son histoire et ses habitudes. »

SCHEMA 1 EN ROUGE, LES BORDURES DU FUTUR MAISONS-LAFFITTE

LE DÉTAIL DES CHANGEMENTS

Matthieu Vincent a détaillé l’ensemble des changements concernant le centre d’entraînement de Maisons-Laffitte.

Du côté de Fromainville. La piste en sable fibrée de Fromainville – 1.600m de tour – sera refaite avec les nouveaux matériaux de polytrack dits "Activ-Track". Matthieu Vincent a expliqué : « Ce matériau est utilisé en Angleterre mais aussi à Chantilly, où nous avons trois pistes en "Activ-Track" qui fonctionnent très bien et peuvent résister sans problème à du - 10°C ou - 15°C. » Au milieu de Fromainville, il y aura deux parcours d’obstacle : un parcours de types haies d’Auteuil avec 1.600m de tour et un parcours de steeple-chase avec huit obstacles seront créés.

Du côté du rond Adam. Il devient un "Spring Garden" : un espace conçu pour le dressage et l’entraînement sur sable des chevaux d’obstacle, quel que soit le type de parcours (haies et steeple-chase). Des aménagements seront faits autour du tour principal pour pouvoir sauter corde à droite et corde à gauche.

Du côté du rond Poniatowski. Cette piste ronde de 1.200m sert notamment à travailler les chevaux sur des parcours corde à gauche ou à droite. Le milieu du rond sera refait avec une piste de trotting de 650m et le passage à sept ou huit ronds.

Du côté des pistes Jacques Laffitte (vieilles pistes). Deux lignes droites de 1.800m qui vont passer de dix mètres de large à cinq mètres de large. Avec une légère courbe à gauche pour permettre aux chevaux d’apprendre à reprendre leur souffle avant les 400 derniers mètres.

Du côté des pistes des Lamballe. Deux pistes de 1.800m, montante et descendante. Pistes de sable plus profond.

Pour Penthièvre, c’est fini. La piste de Penthièvre était certainement la plus connue de Maisons-Laffitte. Elle n’apparaît pas dans le nouveau centre d’entraînement. Matthieu Vincent a expliqué : « Il s’agit d’un choix délicat et nous en avons longuement parlé avec le groupe des cinq entraîneurs. En toute connaissance de cause, après analyses et études, nous avons pris la décision de fermer la piste de Penthièvre. Nous avons pu constater, ces dernières années, une baisse significative des galops sur gazon à Penthièvre. En termes d’entretien, cela représentait des coûts importants. Les galops sur gazon se concentreront donc sur Fromainville, corde à droite et corde à gauche. »

Concernant les parties du centre d’entraînement qui sont amenées à disparaitre, Matthieu Vincent a expliqué : « Il y a des ronds qui sont propriété de France Galop, comme le rond Sainte-Hélène, et nous sommes en discussion avec l’association du parc de Maisons-Laffitte, sachant que le rond Poniatowski est en grande partie la propriété du parc : nous pouvons envisager des échanges de terrain. Certains bouts de terrain seront en vente, sur des appels à projet. Il faut rappeler que ce sont des terrains inconstructibles et en zone verte. Le reste dépend de l’Office national des forêts : nous avons dénoncé le bail, comme pour Penthièvre. Pour l’hippodrome, il appartient à France Galop, mais c’est un autre sujet. »

SCHEMA 2 LE NOUVEAU PÉRIMETRE DU CENTRE D’ENTRAÎNEMENT

LE POINT SUR L’ENSEMBLE DES TRAVAUX

Édouard Boutolleau a fait un point plus détaillé sur l’ensemble des travaux à venir pour la restructuration du centre d’entraînement de Maisons-Laffitte.

Détails des travaux. Édouard Boutolleau a expliqué : « Suite aux réunions avec les entraîneurs, nous avons déterminé les travaux et les améliorations à effectuer sur les pistes. Nous avons pris de nombreuses mesures pour optimiser le travail d’entretien et réduire les coûts d’exploitation du centre d’entraînement. » Voici les principaux travaux à venir :

- réduction des largeurs des pistes à 5m (au lieu de 10m),

- refaire tous les fonds de formes pour qu’ils soient drainants,

- réseau de drainage entièrement refait (pour être semblable aux pistes de Deauville),

- réduction du nombre de ronds et d’allées cavalières du côté de Poniatowski,

- rénovation totale du système d’arrosage des pistes sur les Lamballe,

- aménagement des haies de la piste extérieure du rond Adam,

- réfection totale de la P.S.F. de Fromainville (Activ-Track), y compris de l’enrobé drainant et du réseau de drainage,

- rénovation des gazons de Fromainville avec achat de nouvelles rampes d’arrosage,

- réfection des haies et du parcours de steeple de Fromainville,

- nouvelle carrière pour délimiter le nouveau centre d’entraînement et réduction du nombre d’accès : de sept à trois avec des portails coulissants automatiques,

- optimisation du matériel d’entretien,

- plus qu’un quartier de travail au lieu de six.

Débuts des travaux : 26 août. « Nous avons réparti les travaux et désigné deux maîtres d’œuvre : un pour les pistes et l’autre pour l’arrosage, ainsi qu’un technicien obstacle de courses. La publication du marché public a été fait le 5 juin et les entreprises ont eu jusqu’au 24 juin pour répondre. Nous sommes dans la période d’analyse et de négociation des devis et des dossiers que nous avons reçus. Nous allons désigner le 11 juillet les entreprises sélectionnées. Les travaux vont débuter le 26 août jusqu’au 31 décembre. »

Organisation pendant les travaux. « L’intégralité du site reste ouverte jusqu’au 31 décembre pour ne pas perturber l’activité. Seul le lieu du rond Sainte-Hélène va rester fermé : nous allons nous en servir comme plate-forme de chantier et de stockage du sol que nous allons enlever. La disposition du centre actuel laisse aux entraîneurs la possibilité de disposer de plusieurs pistes pour travailler les chevaux en plat et en obstacle. Un planning des travaux va être mis en place : je le communiquerai aux entraîneurs fin juillet/début août, pour que tout le monde soit au courant des travaux. »

UNE RÉORGANISATION POUR L’AVENIR

Olivier Delloye, avant de présenter le projet autour de Maisons-Laffitte, est revenu sur le pourquoi de ce projet.

Rendre le centre viable. « Ce plan de redynamisation de l’entraînement à Maisons-Laffitte passe d’abord par un redimensionnement des surfaces d’entraînement. C’est la partie économique du projet : nous avons un effectif de chevaux qui tourne actuellement autour de 500 éléments et le site de Maisons-Laffitte était objectivement devenu surdimensionné, donc très lourd à entretenir et économiquement peu viable. Nous avons toujours pensé qu’il était utile de maintenir à Maisons-Laffitte un outil de première qualité pour le plat comme pour l’obstacle, mais il était nécessaire de ramener le coût d’exploitation dans des normes économiques plus acceptables et plus proches des normes des autres centres d’entraînement exploités par France Galop ou en région. »

En chiffres

- Déficit actuel annuel du centre : environ 2,5 millions d’euros, avec 4.600 € de coûts nets d’exploitation par cheval, contre 1.700 €/1.800 € à Chantilly

- Investissement de France Galop pour la réorganisation de Maisons-Laffitte : enveloppe de 1,5 million d’euros

Lever les inquiétudes sur l’avenir. « Le plus grand bénéfice que nous attendons de cette rationalisation du centre n’est pas tant l’économie générée en elle-même, mais plutôt de lever l’inquiétude qui planait au-dessus du centre de Maisons-Laffitte, depuis plusieurs années, ce qui créait un climat très peu favorable au développement de l’activité sur place. En ramenant les comptes de ce centre d’entraînement à une norme plus acceptable, nous pouvons enfin dégager l’horizon et France Galop peut s’engager sur une exploitation durable de ce centre, ce qui va, de notre point de vue, recréer un climat de confiance qui sera la base de toute relance progressive de l’entraînement à Maisons-Laffitte. Nous avons abordé tout cela avec les entraîneurs, dans une logique de redéploiement de l’activité d’entraînement, ce qui sera progressif : nous n’allons pas doubler les effectifs à l’entraînement du jour au lendemain. Ce projet est bien plus qu’un redimensionnement de l’outil de travail, mais aussi un plan pour moderniser l’outil de travail mis à disposition des entraîneurs. Nous croyons en l’avenir de l’entraînement à Maisons-Laffitte : c’est un centre historique, avec d’excellents professionnels, à proximité des hippodromes parisiens et aussi à côté de Paris, constituant une vitrine pour séduire de nouveaux propriétaires. Les courses en France ont besoin d’effectifs de chevaux à Paris. Maisons-Laffitte représente environ 7 % des partants dans le premium et 12 % des partants sur les hippodromes de France Galop, et ce sont ces réunions qui assurent encore l’essentiel de la recette. »

Le calendrier 2020 sans Maisons-Laffitte

Olivier Delloye a déclaré : « Nous travaillons sur une hypothèse du calendrier 2020 sans Maisons-Laffitte. Nous avons anticipé la ventilation des 24 réunions pour l’année prochaine : cela fait l’objet d’une consultation des instances. Ce sujet a été débattu à deux reprises au Conseil du plat, dans une Commission des régions, une première fois dans un Conseil d’administration et il sera de nouveau présenté au Conseil d’administration la semaine prochaine. »

Concernant l’hippodrome de Maisons-Laffitte

Au sujet du projet de reprise de Maisons-Laffitte porté par Jacques Myard, maire de Maisons-Laffitte, Olivier Delloye a dit : « Nous avons un nombre d’éléments encore limité pour le commenter. Nous avons tous envie qu’un projet solide de reprise de l’hippodrome pour continuer l’activité des courses à Maisons-Laffitte puisse exister. Je le dis sincèrement : cela ne fait plaisir à personne, à France Galop, qu’ils soient élus ou salariés, de devoir fermer un hippodrome. C’est très bien que quelqu’un se mobilise et se batte pour faire vivre cet hippodrome différemment et, encore une fois, nous sommes tout à fait ouverts à cette hypothèse… Et même plus qu’ouverts, nous serions heureux que cela puisse exister. Mais nous sommes dans l’attente d’un projet plus précis : quel projet d’exploitation du site pour financer une activité course dont nous savons qu’elle est structurellement déficitaire et pas dans des petites proportions. Quelles garanties et quelles solidités du modèle économique ? Quelles assurances pouvons-nous avoir que l’équilibre à atteindre le sera à brève échéance ? Nous sommes en phase de discussion et nous avons fourni à Jacques Myard par mal d’éléments pour instruire son projet et nous continuons dans cette voie-là. Mais France Galop ne pourra franchir un vrai pas qu’à partir du moment où un projet établi et solide, avec un certain nombre de garanties, lui sera présenté. »