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French Purebred Arabian

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Al Zahir ou les débuts réussis de Xavière Ducoloner Cauhape chez les pur-sang arabes

01.07.2019

Al Zahir ou les débuts réussis de Xavière Ducoloner Cauhape chez les pur-sang arabes

Le 10 février à Abu Dhabi, le "FR" Al Zahir (Madjani) n’a pas fait de détails, remportant pour la deuxième fois d’affilée l’une des courses les plus prestigieuses du programme émirati : H.H. The President Cup (Gr1 PA). Muni d’œillères pour la première fois, ce représentant du cheikh Hamdan bin Rashid Al Maktoum a fait forte impression, dominant deux autres français de naissance : Al Shamoos (No Risk Al Maury) et Darius du Paon (No Risk Al Maury). Rencontre avec son éleveur, Xavière Ducoloner Cauhape.

L’élevage Petit Lande est basé près de Pau. À l’origine tourné vers les anglo-arabes, ce haras a connu une belle réussite avec cette race, notamment grâce à Uniklande (Annapolis), lauréat du Prix du Ministère de l’Agriculture — le Prix du Jockey Club de la race — et à sa sœur Astridlande (Saint des Saints), qui fut la meilleure pouliche de sa génération sur les obstacles. Xavière Ducoloner Cauhape nous a confié : « Je suis installée depuis 2003. Mon temps se partage entre mon emploi et l’élevage. J’ai toujours aimé les arabes. J’avais acheté la mère d’Al Zahir, Petite Class (Barour de Cardonne), en 2007, pour la monter. Mais étant blessée et compte tenu du fait qu’elle avait un bon pedigree, je l’ai fait pouliner en attendant qu’elle se répare. C’est ainsi qu’a commencé l’aventure avec les pur-sang arabes. »

Une poulinière en or. Ce choix s’est avéré judicieux : « Tous ses produits ont gagné, que ce soit en France ou à l’étranger. C’est une chance. C’est ma seule poulinière pur-sang arabe. J’ai quatre produits en ce moment, un 3ans et un 4ans à l’entraînement chez Charles Gourdain, car il est installé à Pau et j’aime bien voir mes chevaux. Surtout lors des travaux du matin. Ils se nomment Petit Crack (Séraphin du Paon) et Petit Princes (Josco du Cayrou). Le premier est plus tardif mais j’y crois. Le deuxième va débuter bientôt. Il est un peu plus compliqué. Il a de la force et il faut qu’il apprenne. Il faut être patient, surtout avec les pur-sang arabes. Il faut savoir les attendre et ne pas les brusquer, car ils peuvent être susceptibles. Enfin, j’ai une 2ans à la maison par Josco du Cayrou (Munjiz) et la propre sœur d’Al Zahir (Madjani), née le même jour que son oncle… mais six ans après ! Ce n’était pas calculé, rien. Elle lui ressemble beaucoup, c’est rigolo. »

On ne peut que lui souhaiter d’avoir la même carrière que son frère. Ce dernier « est un poulain qui a été élevé comme les autres. C’était un cheval sympa mais avec son caractère. Quand il ne voulait pas qu’on s’approche de lui, il ne se laissait pas approcher. Il avait le caractère de sa mère même si physiquement, je trouve qu’il ressemble à son père, notamment sa tête. Madjani (Tidjani) me plaisait bien, car il avait de sacrées performances et il était proposé à un tarif abordable. Cela a son importance et puis, avoir un bon étalon dans la région, c’est positif ». Le choix du père d’Al Zahir s’est fait à l’occasion de visites « chez Jean-Paul Larrieu. J’avais fait saillir Petite Class par Monsieur Al Maury (Djelfor) et je m’étais dit que la prochaine fois, ce serait Madjani. »

Un vrai dur. Avant de s’illustrer dans le golfe Persique, Al Zahir « a été exploité par Thierry de Laurière. Il a couru quatre fois avant de gagner. Après deux contre-performances, il est monté en puissance. C’est un cheval dur, avec du caractère, ce qui lui a permis de réussir aux Émirats Arabes Unis. Ce n’est pas évident de réussir là-bas, mais il a un fort tempérament et sait se battre. Dès son arrivée aux Émirats, il a gagné deux Grs3 PA puis deux Grs1 PA, dont l’Emirates Championship et la H.H. The President Cup, tous les deux disputés sur le gazon d’Abu Dhabi. Cette année, il a doublé la mise dans la President Cup avant de se blesser. » L’éleveur nourrit cependant un regret : « Celui de ne pas avoir été sur place lors de son doublé. L’an passé, nous avions demandé à venir et cela nous avait été accordé. Toutefois, il n’est pas possible d’approcher le cheval. C’est un peu frustrant (…) En France, en tant qu’éleveur, on vous laisse approcher le cheval. » Le choix de le vendre aux Émirats « a été fait par Thierry de Laurière. Il savait que le cheval avait de la qualité. Je suis contente que ce soit le cheikh Hamdan qui l’ait acheté car le cheval a été bien exploité. Lors de son doublé dans la President Cup cet hiver, il l’a fait vraiment facile alors que l’an passé, il avait été enfermé, avant de s’en sortir et de gagner. C’est un cheval de gazon, plus que de dirt. On le voit dans ses performances. » Les succès d’Al Zahir « m’apportent une satisfaction personnelle et une ouverture sur la clientèle émiratie, même si les courtiers sont incontournables. S’il peut encore courir, on le verra en piste l’hiver prochain. Quoi qu’il en soit, j’espère qu’il sera un jour étalon. Il le mérite. »