Aurélien Kahn - « Beaucoup de cavaliers de haut niveau rêvent des courses » - Par Adrien Cugnasse

Courses / 12.07.2019

Aurélien Kahn - « Beaucoup de cavaliers de haut niveau rêvent des courses » - Par Adrien Cugnasse

Aurélien Kahn : « Beaucoup de cavaliers de haut niveau rêvent des courses »

Il a porté les couleurs de la France lors de grandes échéances internationales en concours complet. Mais Aurélien Kahn a fait le choix des courses et en avril 2018, il présentait son premier partant. Seize mois plus tard, Gingermix lui offre un premier Groupe en remportant le Prix de l’Isle Briand (Gr3 PA). Nous sommes partis à la rencontre de cet homme de cheval… complet !

Par Adrien Cugnasse

Ce jeudi, Aurélien Kahn nous a confié : « Il y a une dizaine d’années, lorsque je me suis installé dans le Maine-et-Loire, j’ai construit une piste de galop pour mes chevaux de concours complet. De fil en aiguille, on a commencé à me proposer des chevaux pour le débourrage et le pré-entraînement. Comme les clients étaient contents, le bouche-à-oreille a fonctionné, si bien que j’ai décidé d’en faire mon activité principale. J’ai rapidement dû faire face à des difficultés pour recruter du personnel. Les candidats sont peu nombreux et pas toujours à la hauteur des postes à pouvoir. Je me suis rendu compte que les autres débourreurs et les entraîneurs effectuaient le même constat. » Aurélien Kahn a donc lancé la première formation de "cavalier d’entraînement-débourreur". Les élèves consacrent l’ensemble de leur matinée à la pratique, en selle sur de véritables chevaux de course – ou des sujets appelés à le devenir  et non pas sur une cavalerie d’instruction. Pour découvrir le détail de cette formation, cliquer ici

https://aurelienkahn.wixsite.com/cavalier-debourreur

La découverte de l’entraînement. En ce qui concerne ses premiers succès au galop, Aurélien Kahn explique : « Comme en concours, chaque victoire en course apporte la satisfaction du travail accompli. Rapidement après mon installation en tant que débourreur et pré-entraîneur, j’ai souhaité obtenir un permis d’entraîner pour présenter quelques chevaux en compétition. Mais la législation ne le permet plus. J’ai donc passé ma licence d’entraîneur en 2016 et attendu 2018 pour présenter mes premiers partants. L’entraînement me passionne vraiment. Pour apprendre, je discute beaucoup avec les professionnels, j’observe, je lis aussi… et je mélange tout cela avec mon ressenti et les capacités de mes installations. Ma compagne a travaillé dans des écuries parisiennes et elle m’accompagne aussi. Je vais régulièrement entraîner mes chevaux à Senones. C’est l’occasion d’échanger avec des jockeys lorsqu’ils montent mes pensionnaires. »

Un cheval qui a montré rapidement de la qualité. Au sujet du fer de lance de son écurie, Gingermix (Sunday Break), Aurélien Kahn détaille : « Gingermix, par rapport aux autres AQPS de son âge, a rapidement montré une certaine précocité, mentale et physique, et de la vitesse aussi. Mais il s’est vraiment révélé en course. S’il n’est pas vendu – et nous ne sommes pas plus vendeurs que cela – Gingermix pourrait se présenter au départ d’un Groupe pour AQPS à Saint-Cloud ou Maisons-Laffitte. Nous avons entre vingt-cinq et quarante chevaux à la maison, dont neuf actuellement à l’entraînement. Certains sont en location, d’autres appartiennent à des propriétaires ou à leurs éleveurs. La majorité est bien sûr destinée à sauter et Gingermix passera certainement un jour ou l’autre sur les obstacles. J’élève aussi un peu, notamment en association avec Guillaume Macaire. »

La passion de la compétition. « En ce qui me concerne, et comme pour beaucoup de gens, l’appât du gain n’est pas à l’origine de mon passage du complet aux courses. Tout le monde sait que c’est un métier difficile et que beaucoup d’entraîneurs mettent la clé sous la porte. J’étais lassé du concours complet qui est un univers où peu de gens arrivent ne serait-ce qu’à "survivre" en pratiquant leur métier. La transition s’est faite tout à fait naturellement avec la dizaine de chevaux au pré-entraînement qu’on me confiait tous les hivers. Plus que l’entraînement, à ce jour, c’est vraiment la formation professionnelle qui est mon activité première. Mais j’aime la compétition et c’est pour cela que je me suis lancé dans l’entraînement. Si cela se révèle possible, j’aimerais qu’un jour 50 % de mon effectif soit constitué de chevaux à l’entraînement. Dans mon fonctionnement, entraînement, formation, pré-entraînement et débourrage sont indissociables. C’est leur combinaison qui fait un ensemble viable. »

Une vraie tendance. De Mark Todd à Louis Carberry, ils sont nombreux les cavaliers de complet à avoir réussi leur passage au galop. Aurélien Kahn explique : « Le fait que Mark Todd revienne aux courses après une première expérience réussie par le passé ne me surprend pas du tout. Peut-être que le pratiquant de base voit encore les courses d’un mauvais œil, mais beaucoup de cavaliers de haut niveau en rêvent. Quand on leur parle des courses, ils ont les yeux qui brillent. Ils aiment l’intensité et la beauté du galop. Beaucoup rêvent de franchir le pas et certains vont sans aucun doute le faire un jour ou l’autre. Je pense notamment à Sidney Dufresne. »