EN RÉGION - C’est l’heure du bilan pour Corlay

Courses / 24.07.2019

EN RÉGION - C’est l’heure du bilan pour Corlay

Cet hippodrome accueille (seulement) trois réunions par an, mais elles font généralement le plein en termes de spectateurs. Cette année, elles ont eu lieu le 16 juin, les 7 et 14 juillet avec comme temps forts le Grand Cross de Corlay, remporté par Fayas (Poliglote), et le Grand Steeple-Chase de Corlay, gagné par Tsar Noir (Redback). Après la dernière réunion, Philippe Garin, vice-président de la Société des Courses de Corlay, fait le bilan de la saison

Par Christopher Galmiche

Affluence dans le vert… Allez aux courses de Corlay, c’est un pèlerinage obligé pour tout passionné d’obstacle qui se respecte. Cette année, l’auteur de ces lignes a pu s’y rendre et comprendre pourquoi ce champ de courses est si spécial. Le cross est très bien fait, très sélectif et spectaculaire. La ligne droite monte sérieusement et il faut un bon élément pour gagner à Corlay. L’hippodrome est atypique et bucolique, avec une vue impressionnante sur la campagne environnante. Et enfin, les courses sont LE rendez-vous des habitants de la région qui se déplacent en nombre, comme nous l’a dit Philippe Garin : « Cette année, nous avons fait respectivement 900, 1.100 et 1.500 entrées payantes sur nos trois journées [mais au total, on approche ou dépasse souvent les 2.000 de moyenne à Corlay, ndlr]. Le jour de la fête des courses, le 14 juillet, nous avons eu 1.500 entrées payantes, mais 3.000 personnes au total. Nous sommes à plus 300 personnes sur l’ensemble des trois journées par rapport à l’année dernière. C’est très, très bien. Chez nous, les courses de Corlay, c’est une tradition. Si les gens n’y sont pas allés lors des deux premières réunions, on sait que la troisième journée, on fait un carton. »

… tout comme les enjeux. Malgré un faible nombre de partants, les enjeux ont enregistré une progression sur les trois réunions annuelles : « Les enjeux ont légèrement progressé par rapport à l’année dernière car nous avons eu du monde. Mais nous n’avions pas de partants, ce qui n’a pas empêché les gens de venir aux courses. Pour l’année prochaine, il faudra que nous aménagions les conditions de courses car le 14 juillet, nous n’avions qu’une seule course en plat. Et les entraîneurs n’ont donc pas trouvé de pilotes car il n’y avait qu’une seule course à monter. En obstacle comme en plat, la difficulté à trouver des jockeys cause des problèmes et a des conséquences sur le nombre de partants. Entre les probables du jeudi et les partants du vendredi, nous avons perdu dix engagés. Sur sept courses, en général, nous en perdons deux ou trois, mais pas dix. »

Un hippodrome qui doit être soutenu… par tout le monde ! Le seul point négatif de la saison à Corlay, c’est le nombre de partants, comme Philippe Garin nous l’a dit plus haut. Il est vrai qu’il y a des choses simples à revoir dans le programme. Ne pas courir le Grand Cross de Corlay en même temps que celui de Vittel est une évidence, ou encore harmoniser les allocations suivant la difficulté des parcours. Cela vaut pour le site breton, mais aussi pour d’autres hippodromes de qualité qui se voient attribuer des allocations moins élevées que des tourniquets… « Au dire des entraîneurs présents, nous avions l’une des meilleures pistes de France car nous avons un arrosage exceptionnel. De plus, lorsqu’il fait chaud chez nous, il fait 25°c et non 35°. Ce n’est pas pareil ! La première journée, tous les entraîneurs étaient contents, mais nous nous sommes retrouvés avec six ou sept partants par épreuve. Le 14 juillet, au niveau des engagés, c’était très bien et au dernier moment, les lots se sont un peu éclaircis, mais nous avions de la concurrence, notamment dans les cross. Nous sommes déçus du nombre de partants, par rapport aux efforts engagés, à l’état de la piste, que nous avons maintenu pendant plus d’un mois. Nous n’avons pas eu le retour que nous voulions des professionnels. Sur notre piste, nous avons un système d’arrosage automatique, mais aussi l’Agrivator, que nous avons acheté en commun avec Rostrenen, Loudéac et Carhaix. C’est un appareil qui fait des trous sur la piste et quand on arrose, l’eau pénètre en profondeur, ce qui permet de retravailler entre les courses. »

L’arrivée du bull-finch bien accueillie. Il avait été demandé à la Société des courses de Corlay de mettre un obstacle avant la longue descente qui suit les tribunes, pour casser la vitesse. Cet obstacle, c’est un bull-finch, et même s’il n’a pas eu l’effet escompté, il a été apprécié : « Le bull-finch que nous avons rajouté devant les tribunes a été apprécié. Il n’a pas eu l’effet désiré car nous voulions ralentir les chevaux avant de descendre, mais au contraire ils accélèrent pour sauter le bull-finch. Cet obstacle nous a été demandé par la Fédération et France Galop, car sur les steeples de 3.900m, les chevaux partaient à l’entrée de la ligne droite, sautaient une haie, mais n’avait rien à sauter avant le talus du contre-haut. Nous avons donc rajouté un bull-finch car nous n’en avions pas et ça s’est très bien passé. Nous ne l’avons pas fait trop gros et il n’a posé aucun problème. »