GLORIOUS GOODWOOD - Gardez bien vos panamas vissés sur la tête

International / 29.07.2019

GLORIOUS GOODWOOD - Gardez bien vos panamas vissés sur la tête

Par Franco Raimondi

Glorious Goodwood est un meeting très compliqué. Si le vent souffle – avec des rafales de 60 km/h –, il devient très périlleux de garder son chapeau. Or le panama, c’est un élément incontournable du dress code. Et il faut le garder bien vissé sur la tête. La seule façon de s’en sortir sera de renoncer à l’incontournable verre de Pimm’s – avec fruits et concombre évidemment ! – dans la main droite… Sinon, votre panama à 350 £ va s’envoler en direction de la plage de Bognor Regis. Une véritable catastrophe. Mais il y plus grave dans la vie et le meeting de cette année nous offre une ribambelle de bonnes courses. De quoi oublier le panama volant.

Treize Groupes en cinq réunions. Historiquement, le point faible de ce rendez-vous résidait dans la longueur excessive du meeting. Cinq jours et un temps fort unique : les Sussex Stakes (Gr1). Petit à petit, les Nassau Stakes ont été promus Gr1, tout comme la Goodwood Cup. D’autres courses ont pris de l’envergure grâce au sponsoring du Qatar. Treize Groupes, cela fait beaucoup, même si Royal Ascot en propose dix-neuf. Cette année, les allocations ont atteint quatre millions de livres (4,44 M€). Et d’ailleurs, les bonnes courses pour 2ans proposent des dotations supérieures à celles du meeting de Sa Majesté la reine. La Goodwood Cup (Gr1) dispose d’une allocation totale de 500.000 £. Exactement comme la Gold Cup. Dans certaines catégories, le meeting de Goodwood s’est imposé comme un objectif majeur. C’est le cas de Lillie Langtry (Gr2) – pour les femelles de tenue – avec 300.000 £ à la clé.

Stradivarius vise le coup de trois. L’argent à lui seul ne garantit pas une belle course. Il faut les bons chevaux, bien sûr, et surtout que la rencontre ait lieu au meilleur moment. En fait, la Goodwood Cup n’a beau être qu’une revanche de la Gold Cup, elle ne pouvait tomber mieux car les stayers ont trouvé un champion. Il s’agit de Stradivarius (Sea the Stars), invaincu depuis sept sorties, et qui peut réussir un coup de trois historique. Le seul à avoir gagné à trois reprises ce marathon qui date de 1808 est Double Trigger (Ela-Mana-Mou). Il s’est imposé en 1995, 1997 et 1998. Pour donner un peu plus de piment à cette épreuve, ajoutons que l’adversaire le plus dangereux de Stradivarius est Dee Ex Bee (Farhh), une pensionnaire de Mark Johnston, l’entraîneur de Double Trigger…

Le titre de miler dans les Sussex Stakes. Les Qatar Sussex Stakes (Gr1), dotés de plus d’un million de livres, arrivent aussi au moment idéal : pile à l’heure pour attribuer le titre de meilleur miler de la saison. Too Darn Hot (Dubawi) est le favori. Il s’agit probablement du "Lanfranco Factor" car il rencontre Phoenix of Spain (Lope de Vega), qui l’avait battu dans les Irish 2.000 Guineas, et Circus Maximus (Galileo), meilleur que lui dans les St James’s Palace Stakes (Grs1). La génération 2016 nous a franchement déçus lors des premières batailles face aux chevaux d’âge. Mais les milers de 3ans sont meilleurs que leurs contemporains à l’œuvre sur 2.400m. Plus simplement, cela revient à dire que les chevaux d’âge sur le mile ne sont pas du niveau d’une Enable (Nathaniel) et d’un Crystal Ocean (Sea the Stars). On en saura plus mercredi, car les deux derniers gagnants des Queen Anne Stakes (Gr1) s’aligneront. Il s’agit du "FR" Lord Glitters (Whipper) et d'Accidental Agent (Delegator). Le dernier lauréat du Prix d’Ispahan  (Gr1), Zabeel Prince (Lope de Vega), sera aussi de la partie.

Le défi de Channel. Les Qatar Nassau Stakes sont devenus une épreuve de Gr1 en 1999. Depuis, et en vingt éditions, aucune française lauréate du Prix de Diane n’avait fait le déplacement à 3ans. Stacelita (Monsun) avait tenté sa chance à 4ans, car le programme pour la gagnante du Prix de Diane était convenu à l’avance, avec le Prix Vermeille et ensuite l’Arc de Triomphe ou le Prix de l’Opéra (Grs1). Pour une lauréate du Prix de Diane dont il existe un doute concernant la tenue, il y avait l’option de la raccourcir en la présentant au départ des Prix Rothschild et Jacques Le Marois (Grs1). Une nouvelle génération d’entraîneurs est arrivée et la décision de Francis Graffard de faire courir Channel (Nathaniel) nous comble de plaisir. Sa tâche s’annonce très difficile face à la double gagnante de Guinées Hermosa (Galileo), l’impressionnante Mehdaayih (Frankel) que l’on a vue dans le Prix de Malleret (Gr2) et la "FR" Maqsad (Siyouni), qui était venue comme une gagnante dans les Oaks (Gr1) avant de craquer sur 2.400m.

Battaash, la bombe. Même si le vent soufflera moins fort vendredi, les panamas risqueront encore de s’envoler car il y aura sur la piste une petite bombe nommée Battaash (Dark Angel). L’an passé, ce hongre avait atteint le meilleur rating de la saison européenne pour les sprinters dans les King George Qatar Stakes (Gr2). Il n’y a que trois Grs1, mais Glorious Goodwood a beaucoup changé. À une époque, on s’y rendait pour boire du Pimm’s et perdre son argent dans des handicaps impossibles à déchiffrer. Ce n’est pas Royal Ascot, mais on s’en approche.