Grundy et la course du siècle à la radio

International / 26.07.2019

Grundy et la course du siècle à la radio

Ce samedi à Ascot, les King George VI and Queen Elizabeth Stakes (Gr1) s’annoncent comme une des courses de l’année compte tenu de la qualité. Avec en particulier la championne Enable (Nathaniel), en route vers un troisième Qatar Prix de l’Arc de Triomphe (Gr1). Nous vous proposons de revenir sur trois éditions d’anthologie de l’Arc d’été.

Par Franco Raimondi

C’est le privilège de l’ancienneté. Ce n’est pas une seule grande édition des King George VI and Queen Elizabeth Stakes qui a marqué mon parcours hippique… mais plusieurs. La première, je ne l’ai pas vue. Mais je l’ai écoutée à la radio car, en 1975, la seule course étrangère diffusée par la Rai, la chaîne publique de télévision italienne, c’était le Prix de l’Arc de Triomphe. En voiture avec maman, nous roulions par un samedi ensoleillé sur la route des lacs. J’ai eu droit au commentaire d’Alberto Giubilo. Le Léon Zitrone italien nous a fait vivre l’épreuve que les Anglais considèrent comme la course du siècle. Ce jour-là, Grundy (Great Nephew), auteur du doublé Derby d’Epsom-Derby d’Irlande, qui appartenait au Dottor Carlo Vittadini, avait battu Bustino (Busted). Ce dernier disposait de deux leaders. Face à eux, Dahlia (Vaguely Noble) tentait de décrocher sa troisième victoire dans l’épreuve. Le soir, au journal télévisé, nous avons pu voir les 200 derniers mètres de cette lutte épique. J’ai dû attendre quelques années pour m’acheter la cassette vidéo… Un après-midi d’été, chez Franca Vittadini, fille du propriétaire de Grundy et très grande amie, j’ai enfin eu droit à la vision d’une autre cassette. Celle qui contenait toutes les courses du champion, de ses débuts aux King George jusqu’aux Dewhurst (Gr1) à 2ans mais également ses deux Derby. C’est alors que j’ai enfin compris quel grand champion il fut.

Lammtarra, de Gianfranco à Lanfranco. Vingt ans plus tard, en 1995, j’avais gagné le droit d’assister aux King George VI and Queen Elizabeth Stakes, en tant qu’envoyé spécial d’un des deux journaux hippiques italiens. Bien installé au dernier étage de la tribune, je me suis retrouvé à côté de Gianfranco Dettori, le père de Lanfranco. Il avait pris sa retraite trois ans auparavant. Le gosse montait pour la première fois Lammtarra (Nijinsky), qui avait gagné le Derby associé à Walter Swinburn. Dans mon esprit, Lanfranco, qui avait déjà gagné presque une trentaine de Grs1 et avait signé son premier saut de l’ange après la Breeders’ Cup Mile de Barathea (Sadler’s Wells), était encore le fils de Gianfranco, le Mostro (le Monstre). Il devait encore manger beaucoup de panini pour arriver au niveau de son père. Gianfranco, avant la course, m’avait dit : « Laisse tomber tes chimères, Lammtarra va gagner. Et Lanfranco est beaucoup plus fort que moi. Attends cinq minutes et il va le prouver. » Lammtarra a gagné et Lanfranco a remporté le premier de ses cinq succès dans les King George avec le même cheval qui, en demeurant invaincu, lui a aussi donné le premier de ses six Arc de Triomphe. En descendant dans l’ascenseur vers le winners’ enclosure j’ai dit à Gianfranco : « Mostro, tu as raison mais, en cas de lutte, je parie encore sur Gianfranco Dettori. » J’avais tort…

2001 : Un match d’anthologie entre Galileo et Fantastic Light

Par Christopher Galmiche

Pour n’importe quel passionné, l’édition 2001 des King George VI and Queen Elizabeth Stakes (Gr1) reste comme l’une des meilleures de l’histoire. Cette année-là, après ses triomphes dans les Derby anglais et irlandais (Grs1), le crack Galileo (Sadler’s Wells) affrontait Fantastic Light (Rahy), qui venait de gagner la Tattersalls Gold Cup (Gr1) et les Prince of Wales’s Stakes (Gr1). Sur le papier, le match promettait d’être géant. Et il l’a été, Galileo et Fantastic Light se rendant coup pour coup dans une ligne droite fabuleuse. Finalement, à la fin, le pensionnaire d’Aidan O’Brien a raison du cheval de Godolphin et s’impose de deux longueurs. Quelques semaines plus tard, en Irlande, Fantastic Light gagnera la deuxième manche contre Galileo, dans les Irish Champion Stakes (Gr1), là encore à l’issue d’un duel merveilleux. Galileo terminera sa carrière avec trois Grs1 à son palmarès, le titre de meilleur 3ans et un avenir radieux au haras. Fantastic Light la finira avec six Grs1 sur son tableau de chasse. Un titre de meilleur cheval de l’année en Europe en 2001 et de meilleur mâle sur le turf aux États-Unis suite à son succès dans la Breeders’ Cup Turf (Gr1). Presque vingt ans après, les luttes entre ces deux chevaux d’exception habitent encore les passionnés les plus érudits.