KING GEORGE VI AND QUEEN ELIZABETH STAKES (Gr1) - Enable, c’est un penalty mais encore faut-il le marquer…

International / 26.07.2019

KING GEORGE VI AND QUEEN ELIZABETH STAKES (Gr1) - Enable, c’est un penalty mais encore faut-il le marquer…

ASCOT (GB), SAMEDI

John Gosden a prévenu les parieurs en début de semaine : il a dit que les King George VI and Queen Elizabeth Stakes (Gr1) ne sont pas un penalty pour Enable (Nathaniel). Lanfranco Dettori nous a avoué jeudi qu’il ressent la même pression qu’Enrico Camici avant le deuxième Prix de l’Arc de Triomphe de Ribot (Tenerani). La grande course de ce samedi à Ascot reste bel et bien un penalty pour la championne, même s’il y a le risque de le taper contre le poteau ou dans les bras du gardien de but. Les Argentins disent qu’il existe une seule façon de tirer un penalty : frapper le ballon haut et fort, pour viser là où le gardien de but ne peut pas arriver…

Les courses sont plus compliquées que le football. Les adversaires y sont plus nombreux. Et c’est la même chose pour les pièges et les tactiques. C’est pour cela que Dettori cherchera à frapper le ballon haut et fort, car Enable est la meilleure. Il y a deux ans, en courant à deux semaines de son succès dans les Irish Oaks (Gr1), l’élève du Prince Abdullah avait mis quatre longueurs et demie à Ulysses (Galileo), en affichant un rating de 126. Ce dernier est monté à 128 après son succès dans le Qatar Prix de l’Arc de Triomphe. L’année dernière, Enable a raté toute la première partie de la saison et a remporté quand même un deuxième Arc de Triomphe et la Breeders’ Cup Turf (Grs1). Elle dominait moins son sujet qu’à 3ans et a terminé l’année avec un rating de 125.

Un deuxième coup de reins. Enable a gagné lors de sa rentrée les Eclipse Stakes (Gr1), sur 2.000m, une distance un peu courte. Elle a devancé Magical (Galileo) par trois quarts de longueur, tout comme dans la Breeders’ Cup. Son rating a été maintenu à 125 mais, d’après Dominic Gardiner Hill, le handicapeur chargé de juger la course, elle s’est imposée en affichant 123. Le même échelliste a donné 127 à Crystal Ocean (Sea the Stars) lors de son succès dans les Prince of Wales’s Stakes (Gr1). Même avec les trois livres de décharge dont bénéficie la jument, le pensionnaire de Sir Michael a un petit avantage. Nous avons bien aimé l’Enable version 5ans et avons hâte de l’admirer sur 2.400m. Quand elle place son premier coup de reins, elle fait mal aux chevaux de 2.400m et, dans ses beaux jours, elle en avait toujours un deuxième. Si elle l’a gardé, on va assister à un beau spectacle.

Crystal Ocean, le danger. Le scénario de la course est assez facile à imaginer, même si Aidan O’Brien avec deux leaders et Magic Wand (Galileo) peut un peu troubler les cartes. Enable attaquera en premier et, parmi ses adversaires, il y aura une bagarre pour prendre son sillage. Crystal Ocean, invaincu cette année, est l’adversaire le plus dangereux. Il est par ailleurs le deuxième de l’édition 2018. Considéré comme un sujet de 2.400m, il est peut-être encore meilleur sur 2.000m. Et ce n’est pas un hasard si c’est sur cette distance qu’il a enfin décroché un Gr1 bien mérité.

La cote de Waldgeist baisse. Le terrain ce vendredi à Ascot était parfait mais de la pluie est annoncée pour la nuit et samedi. C’est peut-être pour cette raison que la cote du français Waldgeist (Galileo) est en légère baisse, entre 12 et 14/1. Le dernier succès français remonte à 2006, avec Hurricane Run (Montjeu), un produit du Gestüt Ammerland, soit le même entourage que Waldgeist. Le pensionnaire d’André Fabre est encore compétitif, surtout si on le juge sur son succès dans le Prix Ganay (Gr1). Cette victoire lui donne – selon les ratings – la troisième place du classement théorique. La cote de Defoe (Dalakhani) est au contraire en légère hausse. Le pensionnaire de Roger Varian a progressé depuis sa castration à la fin de sa saison de 4ans et il a gagné la Coronation Cup (Gr1). Le japonais Cheval Grand (Heart’s Cry) n’a pas gagné depuis la Japan Cup (Gr1) 2017 mais il a aligné les bonnes courses. Un terrain souple conviendra au FR Morando (Kendargent).

Anthony Van Dyck au nom du père. Il nous reste Anthony Van Dyck (Galileo), avec son titre de Derby winner. Treize lauréats à Epsom ont répété dans les King George, dont quatre dans les trente dernières éditions. Le dernier auteur du doublé est Galileo (Sadler’s Wells) et il est intéressant de rencontrer un de ses fils sur le même challenge. Le Derby et l’Irish Derby nous ont un peu laissé sur notre faim. Le Anthony Van Dyck vu à Epsom ne sera pas suffisant pour gagner. Et Aidan O’Brien a décidé de jouer un petit coup d’entraîneur en lui mettant des œillères australiennes.

YORK (GB), SAMEDI

YORK STAKES (Gr2)

Regal Reality, quand Enable n’est pas là

Vingt-cinq minutes avant les King George, les York Stakes (Gr2) nous offrent l’opportunité de mieux situer la forme des 3ans par rapport aux chevaux d’âge. Bangkok (Australia), gagnant du Classic Trial (Gr3) et deuxième par manque de tenue dans les King Edward VII Stakes (Gr2) derrière le futur lauréat du Juddmonte Grand Prix de Paris Japan (Galileo), est l’un des concurrents en vue de ce Gr2. Le pensionnaire d’Andrew Balding doit apprécier la distance plus courte mais sa tâche n’est pas facile. Le 4ans Regal Reality (Intello), caractériel mais doué, est sorti grandi des Eclipse Stakes (Gr1) d’Enable. Il s’est classé troisième et il a décroché un rating de 120. Il est le favori et un succès fera encore baisser la cote d’Enable dans les King George. Addeybb (Pivotal) est un vrai spécialiste du terrain lourd et il est en forme, tout comme Elarqam (Frankel), qui remonte de catégorie.