Le Derby winner Masar tire sa révérence

International / 16.07.2019

Le Derby winner Masar tire sa révérence

Par Franco Raimondi

Le Derby winner 2018 Masar (New Approach) a couru sa dernière épreuve jeudi à Newmarket, dans les Princess of Wales’ Stakes (Gr2), et il rentrera au haras l’année prochaine pour Darley. C’est son entraîneur, Charlie Appleby, qui a annoncé sur le site Godolphin : « Masar nous a offert une journée inoubliable à Epsom en devenant le premier lauréat du Derby pour la casaque Godolphin. Il est bien rentré de sa dernière course mais ne nous doit plus rien et c’est le bon moment pour l’arrêter. Il nous manquera à l’écurie, mais je suis sûr qu’il sera une recrue de choix pour Darley. » Le haras où il officiera sera annoncé plus tard.

Un pedigree signé Urban Sea. Masar, lauréat des Solario Stakes (Gr3) et troisième du Qatar Prix Jean-Luc Lagardère (Gr1) à 2ans, a remporté les Craven Stakes (Gr3) à 3ans avant de se classer troisième dans les 2.000 Guinées (Gr1). Après son succès à Epsom, où il avait décroché un rating de 121, il s’est accidenté en préparant les Eclipse Stakes (Gr1). Il a fait sa rentrée après 385 jours d’absence dans les Hardwicke Stakes (Gr2) avant de se montrer décevant à Newmarket. Son père, New Approach, a aussi gagné le Derby, tout comme son grand-père Galileo (Sadler’s Wells), et son pedigree affiche un inbreeding 3x4 sur la grandissime Urban Sea (Miswaki). La troisième mère, Melikah (Lammtarra), achetée 10 millions de francs à Deauville, est la demi-sœur aînée de Galileo et s’est classée deuxième des Irish Oaks (Gr1) et troisième des Oaks. La mère, Khawlah (Cape Cross), a gagné les UAE Oaks (Gr3) avant de battre les poulains dans l'UAE Derby (Gr2).

Des statistiques à interpréter. Masar n’est pas le premier et ne sera pas le dernier lauréat de Derby à n'avoir pas gagné après son triomphe classique. Sur les vingt dernières années, douze lauréats d’Epsom ont ensuite brillé, soit autant que les gagnants du Derby allemand. Le meilleur score est celui du Derby irlandais avec 15 gagnants, alors que le Qipco Prix du Jockey Club en a 14. Les quatre Derbies qui ont gardé le label Gr1 ont fourni 74 lauréats différents, dont 47 ont gagné une course ensuite. C’est une liste chargée de champions et 28 parmi eux ont été retirés à la fin de leur saison classique. Parmi les 46 qui ont été gardés à l’entraînement à 4ans et plus, treize n’ont plus jamais gagné.  

Génération 2015, un Lion et des pouliches. La génération 2015 en Europe a une histoire assez spéciale. D’après le World’s Best Racehorse Rankings de fin de saison, le meilleur mâle européen fut Roaring Lion (Kitten’s Joy) avec un rating de 127 mais il n’avait pas gagné un classique : il s’était classé cinquième dans les 2.000 Guinées et troisième (par manque de tenue) dans le Derby. Six autres 3ans ont franchi le cap de 120, dont les trois pouliches Alpha Centauri (Mastercraftsman), à 124, Magical (Galileo), à 122, et Sea of Class (Sea the Stars), à 122. Aux États-Unis, chez les trotteurs, on dit qu’une génération de pouliches est une mauvaise génération. C’est un peu dur mais, exception faite pour Roaring Lion, les autres mâles de 3ans qui ont franchi le cap de 120 en 2018, c’est-à-dire Masar, Saxon Warrior (Deep Impact) et Kew Gardens (Galileo), n’ont pas brillé après leur succès classique.

Cinq Derby winners, zéro victoire ensuite. Aucun gagnant d’un Derby en 2018 n’a réussi à gagner après son jour de gloire. C’est une première depuis vingt ans ! On a parlé de Masar mais il y a aussi Latrobe (Camelot), lauréat du Derby irlandais, qui est à zéro sur quatre depuis son succès au Curragh, et l’allemand Weltstar (Soldier Hollow), par revu depuis Hambourg mais encore à l’entraînement et engagé dans un Gr3 en début du mois d’août. Le français Study of Man ** (Deep Impact), qui sera au départ du Prix Messidor (Gr3), dimanche à Maisons-Laffitte, s’est classé deuxième dans le Prix Ganay et le Prix d’Ispahan (Grs1). Il est le seul qui a confirmé, mais sans avoir encore gagné. Il y a un cinquième Derby winner, l’italien Summer Festival (Poet’s Voice), qui a changé son nom en Party Together et a aligné cinq zéros en cinq sorties à Hongkong.

Et ceux des Guinées ? Ce n’est pas beaucoup mieux chez les gagnants des Guinées. Le seul qui a gagné une course depuis est l’allemand Ancient Spirit (Invincible Spirit), qui avait remporté les Oettingen-Rennen (Gr2) avant de partir pour l’Australie. Il a terminé bon dernier dans ses deux sorties sous la férule de Chris Waller. Son propriétaire, Zhang Yuesheng, a décidé de l’envoyer en Irlande. Il est chez Jim Bolger et il est engagé dans les Meld Stakes (Gr3) jeudi soir, à Leopardstown, tout comme le gagnant des 2.000 Guinées irlandaises Romanised (Holy Roman Emperor).