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French Purebred Arabian

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Les Dubai International Arabian Races, une histoire à cheval entre l’Angleterre et la France

01.07.2019

Les Dubai International Arabian Races, une histoire à cheval entre l’Angleterre et la France

Alors que La Teste s’apprête à accueillir – le 2 juillet – trois courses préparatoires à la finale des Dubai International Arabian Races, nous avons profité de cette occasion pour faire un point sur l’influence française dans l’histoire de cet événement.

Unique en son genre. Les Dubai International Arabian Races sont l’un des événements les plus solidement et anciennement ancrés dans le calendrier hippique européen pour les pur-sang arabes. Il n’existe d’ailleurs pas d’autre meeting de ce type, rassemblant la base de la pyramide des compétiteurs dans des handicaps, mais également des Grs1 pour les chevaux d’âge et des Grs3 pour les jeunes. Cet événement fut organisé à Kempton Park, près de Londres, de 1984 à 1996. Et il a été déplacé à Newbury, son lieu actuel, en 1997. L’épreuve phare, les Dubai International Stakes, est désormais un Gr1 sur 2.000m. Son ouverture aux concurrents internationaux remonte à 1995, et de 1989 à 1993, sa distance était de 2.400m. Depuis 2016, avec l’arrivée des courses préparatoires partout en Europe, le meeting a encore renforcé sa stature internationale, conformément à l’idée de son principal soutien, le cheikh Hamdan Al Maktoum. Genny Haynes est à la tête de l’Arabian Racing Organisation et elle nous a expliqué : « Les Dubai International Arabian Races ont toujours été, et seront toujours, une des plus belles réussites du cheikh Hamdan, du comité d’organisation, de Shadwell Arabians, de l’Arabian Racing Organisation et de l’ensemble des personnes impliquées dans cet événement. À l’origine, il y a l’idée que les meilleurs pur-sang arabes doivent se rencontrer en piste et cet objectif n’a pas changé. Depuis trois décennies, l’amélioration est constante, que ce soit au niveau de la qualité des chevaux, de leurs entourages ou de l’organisation. Cette journée est internationalement reconnue comme un sommet de la compétition hippique. Et je peux dire, au nom de l’équipe dirigeante de l’Arabian Racing Organisation, que nous sommes extrêmement fiers d’être associés à un tel événement. »

La réussite des français. Le fait que les français réussissent si bien lors de cette finale britannique n’est pas vraiment une surprise, compte tenu du fait qu’ils sont depuis longtemps reconnus pour leur implication dans cette spécialité, mais également pour leur capacité à élever des chevaux de très haut niveau. À ce jour, les Dubai International Stakes ont été remportés à vingt-cinq reprises par des chevaux élevés en France, dont quatorze étaient aussi entraînés dans leur pays de naissance. C’est notamment le cas des trois doubles lauréats, Bengali d’Albret (Chéri Bibi), Al Sakbe (Kesberoy) et No Risk Al Maury (Kesberoy), lesquels ont été repérés par le directeur de Shadwell, Richard Lancaster, avant de courir sous les couleurs du cheikh Hamdan. On notera qu’avant cela, Al Sakbe a gagné sa première course avec la casaque de Faiz Al Elweet.

Les autres Grs1 ont également été dominés par les professionnels français. Les entraîneurs installés dans l’Hexagone ont en effet gagné treize des dix-neuf éditions des Hatta International Stakes (femelles, 2.000m). Les françaises de naissance Djainka des Forges (Kerbella) et Sylvine Al Maury (Munjiz) se sont d’ailleurs imposées à deux reprises. Dans les Za’abeel International Stakes (1.200m), treize des dix-sept derniers gagnants étaient entraînés en France, dont Dahess (Amer), la triple gagnante Al Mouhannad (Nizam) et son propre frère Al Chammy (Nizam).

L’épreuve pour 3ans sur 1.400m porte désormais le label Gr3 et treize des dix-huit derniers lauréats ont vu le jour dans l’Hexagone. Une des années les plus significatives de cette réussite est certainement 2012, date à laquelle le meeting a été déplacé à la fin du mois de septembre. Manark, entraîné par Damien de Watrigant, avait remporté les Emirates Equestrian Federation International Stakes de peu, en devançant les futurs lauréats de Groupe  Samima (Dahess), Al Anga (Amer), Dejbelia Al Mels (Dahess), Al Atique (Amer) et Djainka des Forges. La carrière de Manark a ensuite été perturbée par une blessure mais, une fois remis sur pied, il a notamment gagné la Dubai Kahayla Classic (Gr1PA) pour Erwan Charpy en 2014.

L’influence du haras de Mandore. Parmi les gagnants à avoir marqué les premières éditions des Dubai International Arabian Races, il faut bien sûr citer les élèves et représentants de Jean-Marc de Watrigant : Cherifa (Chéri Bibi), en 1985, et, trois ans plus tard, Dormane (Manganate). On connaît ensuite l’importance et la qualité de leur production, notamment dans le palmarès des épreuves de Newbury.

Cherifa a donné un gagnant des Dubai International, Djebbel (Djelfor), en 1998 et en 2003, sa fille Djourifa (Djouras Tu) a produit à son tour Djourdan (Dormane), lauréat sous l’entraînement de Damien de Watrigant. Dormane peut aussi se prévaloir de la paternité d’autres gagnants dans cette réunion de prestige, avec Darike, en 1995, et Dariya, en 2009. Il apparaît aussi à de multiples reprises en tant que père de mère, comme par exemple dans le cas de Sylvine Al Maury. De son côté, l’influence de Cherifa s’est aussi exprimée par l’intermédiaire de Djelmila (Manganate), gagnante des Hatta International avant de produire Majd Al Arab (Amer). Une autre de ses filles, Ziva (Dormane), a gagné les Hatta International et a donné Elraawy (Monsieur Al Maury) et Azizi (Monsieur Al Maury), deux lauréats du Diar Premier handicap (2.500m). De son côté, Djezika (Dormane), battue de peu par le "FR" Aikido Vege (Elios de Carrère) dans les Dubai International, est à l’origine de Taymour (Mahabb), lequel a gagné une préparatoire, la Shadwell Coupe du Sud-Ouest des Pur-sang Arabes (Gr3 PA). Il est engagé à Newbury cette année.

L’ensemble de ces chevaux descend de Magicienne (Nedjanor), la quatrième mère de Cherifa. Cette dernière a la même troisième mère que Dormane. La propre sœur de cet étalon, Margau (Manganate), est la génitrice de Massmarie (Tidjani), d’où Mu’Azzaz (Amer). Une autre de ses sœurs, Madjela (Manganate), a gagné les Dubai International, tout comme son fils, Jaafer ASF (Amer), pour le compte d’Al Shahania Stud.

L’effet des bonus lors des préparatoires. La mise en place des courses préparatoires et des bonus pour les gagnants et placés de ces épreuves lors de finales a fait son effet. L’année dernière, Al Chammy et Joudh (Mahabb) ont ainsi collecté, par exemple, des allocations supplémentaires. Avant le jour J, Al Chammy a gagné à Newbury, alors que Joudh s’était classée deuxième à La Teste. Richard Lancaster, le directeur de Shadwell, estime que les préparatoires ont renforcé l’attractivité du meeting en Europe et il attend avec impatience le verdict des courses de La Teste qui sont « toujours d’un très bon niveau. » Il s’agit notamment du Shadwell Critérium des Pouliches (Gr2 PA, 1.900m), la préparatoire dotée du rating le plus élevé.

Thierry Delègue est racing manager de Yas Horse Management, l’éleveur et propriétaire de Belqees (Mahabb) et Taymour (Mahabb), gagnant des Groupes de La Teste en 2018. Après les succès de Bayan (Munjiz) et Kanaan (Sarrab) en avril, à Rome, il a déclaré : « Le programme des Diar est parfait. Nous sommes venus en Italie avec deux chevaux et nous irons ensuite à La Teste. Nous espérons y présenter deux ou trois chevaux en vue d’aller à Newbury. »

Ils sont déjà engagés. Après la première étape des engagements pour les Groupes, laquelle s’est clôturée le 18 juin avec 84 candidatures, on dénombre déjà dix-neuf lauréats de courses black types. C’est une amélioration par rapport aux forces en présence l’année dernière à la même date. On retrouve notamment Gazwan (Amer), codétenteur du meilleur international en 2018. À l’âge de 4ans, en 2015, il avait gagné les Dubai International et s’était classé proche deuxième deux ans plus tard. Son compagnon d’entraînement Ebraz (Amer) est lui aussi en lice. C’est un propre frère de Mu’azzaz. Le premier produit de leur sœur Theeba (Amer), Methgal (TM Fred Texas), est engagé dans la course des jeunes chevaux. La meilleure pouliche à l’échelle internationale pour la saison 2018, Al Shamoos (No Risk Al Maury), est en lice dans les Hatta International. Elle pourrait y rencontrer Belquees, Najah (Munjiz), Bayan et Vivabaina (Kerbella), la sœur de Nafees (Azadi), lauréat à Newbury. Le premier et le troisième du Derby français, Hayyan (Munjiz) et Kanaan, sont engagés dans les Dubai International. C’est aussi le cas de Rodess du Loup (Dahess), lauréat des Derby anglais et français en 2018. Les engagements dans les courses internationales sont encore ouverts. Mais à cette heure, 24 des 79 candidats sont entraînés en France, un pays où 45 d'entre eux ont été élevés. Tout pousse à croire que l’édition 2019 des Dubai International Arabian Races sera encore une réussite pour la filière française. Genny Haynes a déclaré : « Nous voyons bien, au niveau des engagements, que l’intérêt pour cet événement de haut niveau ne cesse de se renforcer à travers l’Europe. »