QATAR GOODWOOD CUP (GR1) - Qu’il fasse beau, qu’il pleuve ou qu’il vente, à la fin c’est toujours Stradivarius qui gagne !

International / 30.07.2019

QATAR GOODWOOD CUP (GR1) - Qu’il fasse beau, qu’il pleuve ou qu’il vente, à la fin c’est toujours Stradivarius qui gagne !

GOODWOOD (GB), MARDI

John Gosden n’avait pas caché son appréhension avant la Qatar Goodwood Cup (Gr1). Les fortes pluies tombées avant le début de la réunion avaient assoupli le terrain. Même un peu trop pour son protégé, Stradivarius (Sea the Stars). Et les parieurs se sont alors tournés vers les outsiders. Mais pluie ou vent, terrain souple ou léger, de 2.800m à 4.000m, Stradivarius est imbattable. Et il le fait si simplement que cela en est presque devenu banal. Il attend, place sa pointe de vitesse, gagne et Dettori fait le saut de l’ange…

Ce mercredi, il a remporté pour la troisième fois le marathon de Goodwood, exactement comme Double Trigger (Ela Mana Mou), à l’époque où la course était labellisée Gr2. La comparaison entre les deux est impossible à établir. En réalité, c’est juste en se penchant sur leurs gains respectifs que l’on y voit plus clair : Stradivarius est à 3,27 M£ (3,61 M€), en prenant en compte le Weatherbys Hamilton Bonus, après 17 courses, alors que Double Trigger s’est arrêté à 559.102 £ en 29 sorties.

Un dixième Gr1 en 60 jours pour Lanfranco. Stradivarius a un rating de 120, Double Trigger était à 119. Ce mardi, Stradivarius s’est imposé d’une encolure, mais il n’a jamais été menacé. Quand Lanfranco a appuyé sur le bouton "ON" à 300m du poteau, l’alezan a surclassé Dee Ex Bee (Farhh) et Cross Counter (Teofilo) en quelques foulées et son pilote a posé ses mains avant le poteau. Lanfranco, qui a signé son dixième Gr1 en 60 jours, a expliqué : « C’est un cheval de rêve pour un jockey. Il a un côté un peu "gros dur", il fait ce qu’il veut et il sait qu’il est bon. Il fait le strict minimum. Il ne gagnera jamais par dix longueurs, mais ce n’est pas plus mal car cela lui permet de rester encore à l’entraînement. » John Gosden a ajouté, non sans humour : « Il est venu, il a vaincu et notre héros a fêté sa victoire un peu à l’avance, ce qui est dangereux avec un cheval comme Stradivarius. Il s’est dit : "bon, c’est fini". Et il a ralenti. J’ai pensé que Frankie avait bien eu de la chance de ne pas passer par-dessus le guidon ! »

Un autre million en perspective. Le programme de Stradivarius est très simple. Le 23 août prochain, il se rendra à York pour la Lonsdale Cup (Gr2), dernière étape du Weatherbys Hamilton Stayers’ Million. Sa cote est de 0,40/1 car ses rivaux n’ont pas trop envie de le rencontrer à nouveau, malgré les trois livres de surcharge qu’il devra porter pour ses succès de Gr1. L’entourage de Dee Ex Bee a déjà annoncé que le cheval sera au départ de la Doncaster Cup (Gr2) et du Qatar Prix du Cadran.

Et pourquoi pas l’Arc de Triomphe ? ParisLongchamp est également un rendez-vous envisageable pour Stradivarius. Sa course ne serait alors pas le marathon du premier week-end d’octobre, mais le Qatar Prix de l’Arc de Triomphe. Sa cote dans l’ante-post betting est passée de 33 à 20/1. C’est vrai, il y aura Enable (Nathaniel), Crystal Ocean (Sea the Stars) et les jeunes Sottsass (Siyouni) et Japan (Galileo), mais c’est l’avenir de Stradivarius une fois sa carrière de stayer terminée qui est à prendre en considération désormais. Il est bien né (en plus de Sea the Stars, il remonte à la grande souche Wildenstein de la championne Pawneese) et mérite une vraie chance comme étalon de plat. Pour cela, il ne manque qu’une prouesse sur 2.400m à son palmarès.

QATAR LENNOX STAKES (GR2)

Sir Dancelot et Gérald Mossé, la même estocade un an après

Douze mois après, Sir Dancealot (Sir Prancealot) a une nouvelle fois remporté les Qatar Lennox Stakes (Gr2), une course sur-mesure pour ce hongre de 5ans. Les 1.200m sont trop courts et le mile trop long. Les 1.400m de Goodwood, un parcours qui demande beaucoup d’agilité, lui conviennent parfaitement. Et en plus, Gérald Mossé connaît le cheval mieux que quiconque. Le pilote français a attendu en bonne position avant de porter l’estocade dans les 200 derniers mètres et de faire la différence. Il devance d’une longueur le favori, Hey Gaman (New Approach), alors que le "FR" Suédois (Le Havre) a décroché une bonne troisième place. Sir Dancealot est le deuxième cheval à réussir le doublé dans les Lennox Stakes, après Nayyir en 2002 et 2003. Gérald Mossé a expliqué : « J’étais en selle sur le meilleur cheval. Son entraîneur, David Elsworth, m’a dit de le monter en confiance, sans me donner d’ordre. C’est un magnifique cheval et il a gagné plus facilement que l’année dernière. » Lanfranco Dettori, qui montait Hey Gaman, a été mis à pied quatre jours pour avoir gêné Donjuan Triumphant (Dream Ahead) dans les 200 dernier mètres.

David Elsworth, 108 jours après… Il n’était pas facile de se montrer confiant pour David Elsworth, mais avec l’âge on apprend la sagesse. L’entraîneur, qui va fêter ses 80 ans, n’avait pas gagné d’épreuve depuis les Fred Darling remportés par Dandhu (Dandy Man), il y a 108 jours. Très ému, il a déclaré : « Sir Dancealot a toujours été un très bon cheval, même si son entraîneur a souvent été trop ambitieux avec lui…. Un passage à vide était très dur à gérer, surtout pour le personnel. Mais ils ont gardé leur motivation et leur investissement. » 

Il est où, Sir Prancealot ? Sir Dancealot, acheté 30.000 € à la vente Goffs Sportsman’s, appartient à la première génération de Sir Prancealot (Tamayuz), tête de liste des first crop sires par nombre de gagnants en 2016. L’étalon, qui a donné trois vainqueurs de Groupe, n’est pas retourné en Europe après la saison 2017. Il office en Australie, à Cornerstone Stud, au prix de 14.300 dollars australiens (8.900 €). 

QATAR VINTAGE STAKES (GR2)

Pinatubo fait mieux que son père, Shamardal

Quinze ans après son père, Shamardal (Giant’s Causeway), le très prometteur Pinatubo s’est imposé d’une classe dans les Qatar Vintage Stakes (Gr2), ce mardi à Goodwood. Un joli coup pour l’étalon privé Darley à qui l’on doit le meilleur 2ans en France, le lauréat du Prix de Cabourg (Gr3) Earthlight, et le favori des 2.000 Guinées. Pinatubo était à 8/1 dans l’ante-post betting pour le classique, et sa cote a chuté à 3/1. C’est logique car le pensionnaire de Charlie Appleby a fait encore mieux que son père qui avait remporté l’épreuve par deux longueurs et demie. Pinatubo a laissé à cinq longueurs Positive (Dutch Art), alors que Lope Y Fernandez (Lope de Vega) s’est classé troisième à dix longueurs.

Un poulain pour les National Stakes. De tels écarts résultent d’une course qui a été sélective, sur un terrain assoupli par la pluie et menée à un train soutenu par Visinari (Dark Angel). James Doyle a attendu les derniers 400m pour mettre le clignotant et Pinatubo s’est alors envolé, avec de belles foulées. Ce n’est pas un géant mais il a un bon jeu de jambes… Son entraîneur, Charlie Appleby, a expliqué : « Le poulain est un vrai professionnel. James Doyle lui a donné une bonne course. Je lui avais dit de le monter en confiance et le plus simplement possible, car il a un peu de tenue par sa mère et avait gagné sur les 1.400m sélectifs d’Ascot. J’en discuterai avec le cheikh Mohammed Al Maktoum, mais les National Stakes (Gr1) au Curragh sont un objectif possible. C’est un poulain très excitant. » 

La mère avait gagné le Prix de la Seine. Pinatubo est le 70e lauréat de Groupe par Shamardal (Giant’s Causeway) et son dixième cette année. Le poulain est issu de Lava Flow (Dalakhani), qui ne fut pas une bonne 2ans mais a remporté le Prix de la Seine (L) à 3ans, sous la férule d’André Fabre. Pinatubo est son deuxième gagnant sur trois produits. La deuxième mère, Mount Elbrus (Barathea), a gagné le Prix Petite Étoile (L) alors qu’elle était entraînée par John Gosden. Elle a produit huit gagnants et deux autres sujets black types. Elle remonte à la souche de Rafha (Diesis), la mère du grand étalon Invincible Spirit (Green Desert).

Lava Flow a une yearling par Sea the Stars (Cape Cross) et une foal par Teofilo (Galileo).