QATAR SUSSEX STAKES (GR1) - Too Darn Hot, vers le chaud de la Californie

International / 31.07.2019

QATAR SUSSEX STAKES (GR1) - Too Darn Hot, vers le chaud de la Californie

GOODWOOD (GB), MERCREDI

Too Darn Hot (Dubawi) est le meilleur miler de la génération 2016. Il a pris sa revanche sur Circus Maximus (Galileo) ce mercredi dans les Sussex Stakes (Gr1), à l’issue d’une course limpide et sélective. Tout le monde voulait le voir passer le poteau en tête et c’est chose faite. Mais, malgré son deuxième Gr1 de la saison, il plane toujours un doute le concernant : est-il un vrai miler ou s’agit-il d’un cheval de vitesse capable d’aller sur un peu plus long lorsque les conditions lui sont favorables ? Le tracé de Goodwood ne permet pas de répondre à cette question. Les rivaux de Too Darn Hot ont cherché à mettre en lumière un possible manque de tenue du favori, mais sans trop oser. Phoenix of Spain (Lope de Vega) a mené à un train régulier sans plus et Circus Maximus a attaqué de loin, alors que Too Darn Hot était bien caché en troisième position, calé à la corde. Lanfranco Dettori l’a déboîté à 400m du poteau et la pointe de vitesse de Too Darn Hot a fait le reste. Il l’emporte d’une demi-longueur sur Circus Maximus. I Can Fly (Fastnet Rock) est venue décrocher la troisième place tout à la fin.

Lanfranco, un onzième Gr1 en 2019. Lanfranco Dettori a remporté son onzième Gr1 depuis le 31 mai. Il a expliqué : « J’ai dit à John Gosden que d’ici à la fin de la semaine, il me faudra une transplantation cardiaque. Mais il m’a répondu : "Tais-toi, tu es en train de t’amuser". » Le  pilote a ensuite analysé la course : « Too Darn Hot a eu un bon parcours, il a beaucoup de vitesse et il m’a refait les bras. Je pense que sa victoire dans le Prix Jean Prat (Gr1) lui a fait du bien et lui a permis de reprendre confiance. John Gosden m’avait demandé d’attendre, sans paniquer. Et c’est exactement ce que j’ai fait. Sa vraie distance, c’est les 1.400m. Je pense qu’avec un poulain capable d’aller aussi vite, il faut aller vers la Breeders’ Cup Mile. » Lanfranco l’avait gagnée une première fois en 1994 avec Barathea (Sadler’s Wells), alors que John Gosden avait remporté la première édition en 1984 avec Royal Heroine (Lypheor). Que de beaux souvenirs !

Et pourquoi pas les sprints ? Le plus difficile sera de choisir la façon d’arriver à Santa Anita. Too Darn Hot est le favori à 2,5/1 dans la course américaine. John Gosden a déclaré : « C’est un cheval de 1.400m, ce qui est parfait pour le Mile de Santa Anita. Il a été battu sur 1.600m au Curragh sur une piste très sélective, tout comme celle d’Ascot, où il a trouvé en plus un terrain assoupli. La vitesse est son point fort. Le Prix du Haras de Fresnay le Buffard - Jacques Le Marois (Gr1) arrive un peu tôt, mais ensuite nous avons d’autres options, soit le Qatar Prix du Moulin de Longchamp (Gr1) soit les sprints. Je l’ai engagé dans la Sprint Cup, début septembre, et il y a aussi le QIPCO British Champions Sprint (Grs1) à Ascot. » Ce qui ressort de l’analyse pointue de John Gosden, c’est que les Queen Elizabeth II Stakes (Gr1) ne l’intéressent pas, pas plus que les Irish Champion Stakes (Gr1) car il a déclaré forfait.

Circus Maximus a l’embarras du choix. Un Too Darn Hot qui hésite entre les sprints et la Californie fait le plaisir des autres. Circus Maximus a tracé un très bon parcours. Il a été battu sur une accélération, mais il peut aussi aller sur un peu plus long. I Can Fly continue d’aligner les places dans les Grs1 et, un jour ou l’autre, elle finira par gagner, même si elle aura une certaine Laurens (Siyouni) face à elle dans les courses réservées aux femelles. La quatrième place de Happy Power (Dark Angel), à moins de deux longueurs du lauréat, ne permet pas aux handicapeurs d’accorder un rating élevé à la course. Le pensionnaire d’Andrew Balding navigue entre 110 et 112 de rating.

MOLECOMB STAKES (GR3)

Liberty Beach surclasse les poulains et rêve du Morny

Les Molecomb Stakes (Gr3) n’ont pas sorti un futur étalon. Et la faute n’en revient pas aux poulains. Liberty Beach (Cable Bay) a failli se retrouver coincée à 200m du poteau, mais elle avait tellement de ressources… C’est très soudainement qu’elle s’est faufilée entre les deux français Wheels on Fire (Sidestep) et Fan Club Rules (Gutaifan) – rentré déferré – pour s’imposer d’une longueur sur l’irlandais Alligator Alley (Kingman), alors que Show Me Show Me (Showcasing) a arraché la troisième place à Fan Club Rules dans la toute dernière foulée. Liberty Beach a remporté son quatrième succès en cinq sorties. Et son entraîneur, John Quinn, s’est montré très ambitieux : « Je viens de l’engager dans le Prix Morny (Gr1). C’est une course que j’aime beaucoup et je l’ai déjà gagnée avec The Wow Signal (Starspangledbanner). Elle est aussi dans les Lowther Stakes (Gr2), quelques jours après. Si tout se passe bien, elle pourrait aller sur le Prix de l’Abbaye de Longchamp (Gr1) et la Breeders’ Cup pour les jeunes sprinters. » Le propriétaire et éleveur, Philip Wilkins, ne partage pas cet avis, lui qui a refusé de bonnes offres pour sa pouliche. Il aimerait davantage courir les Cheveley Park Stakes (Gr1).

Le premier Groupe pour Cable Bay. Liberty Beach, rachetée 16.000 £ (17.500 €) par son éleveur Philip Wilkins à la vente Tattersalls Ireland Ascot, est la première lauréate de Groupe issue de Cable Bay (Invincible Spirit), un des sujets en vue dans la lutte pour le titre de Champion First Crop Sire. Le jeune étalon est représenté par 114 juniors, dont 13 ont déjà gagné. Il est au centre d’un conflit entre le Highclere Stud, où il a officié cette année à 6.500 £ (7.100 €), et le Woodside Park Stud, un haras australien où il a fait la navette pour deux saisons avec 219 saillies. Le haras anglais a empêché l’étalon de voyager, suite à un pépin de santé pendant la période de quarantaine.  Le tribunal anglais doit rendre son verdict le 8 août. Affaire à suivre… La mère de Liberty Beach, Flirtinaskirt (Avonbridge), a gagné une course sur 1.000m sur P.S.F. à 3ans. Elle est une demi-sœur de La Rioja (Hellevelyn), pouliche de vitesse, qui a remporté les Dick Poole Stakes (Gr3) et s’est placée à plusieurs reprises dans les Gr3. La deuxième mère, Talampaya (Elusive Qualit,) a donné aussi Pastoral Girl (Pastoral Pursuits), deuxième des Princess Margaret Stakes (Gr3).

Flirtinaskirt a une yearling par Mehmas (Acclamation).

QATAR INTERNATIONAL STAKES (Gr1 PA)

La troisième est la bonne pour Ebraz !

Deuxième des éditions 2017 et 2018 de ces Qatar International Stakes (Gr1 PA), Ebraz (Amer) n’a pas laissé passer l’occasion, tout en jouant des épaules dans la ligne droite. Il s’impose sous la monte de Maxime Guyon. Il remporte ainsi son 4e Gr1 PA après ses succès dans le HH The Amir Sword (2017 et 2019) et la Qatar Cup - Prix Dragon (2017). Il est entraîné par Julian Smart pour Son Altesse le cheikh Mohammed bin Khalifa Al Thani.

Objectif, la Qatar Arabian World Cup. Lightning Bolt (Munjiz) a mené le peloton à l’amorce du tournant final tandis que le futur lauréat a attendu son heure derrière les premiers. Tenant du titre, Muraaqib (Munjiz) est venu sur la ligne de tête avec des ressources, suivi par Rodess du Loup (Dahess) à la corde et Tayf (Amer) à l’extérieur. Ebraz, juste derrière eux, n’avait pas le passage. Finalement, il a pu s’infiltrer entre Muraaqib et Rodess du Loup, non sans frotter un peu ses adversaires, mais le pensionnaire de Julian Smart avait beaucoup trop de ressources. Il s’est rapidement mis hors de portée tandis que Tayf a conservé la deuxième place. Courageux en diable, Lightning Bolt est troisième, comme l’an passé, devançant Rodess du Loup et Muraaqib, qui ont cédé quelque peu pour finir.

Julian Smart était heureux d’épingler cette prestigieuse épreuve à son palmarès et pour cette casaque, après plusieurs essais : « La troisième fois a été la bonne, c’est sûr. Je crois que j’ai présenté un partant dans cette épreuve à quatre reprises. Tous les entraîneurs de pur-sang arabes veulent gagner les plus grandes courses. Finalement, j’y suis arrivé après deux deuxièmes places. C’est un Ebraz complètement différent que j’ai vu aujourd’hui. Il est mal sorti des boîtes et d’habitude, il est toujours bien posé dans un parcours, ce qui n’était pas le cas cette fois et j’étais très inquiet quand j’observais le langage corporel de Maxime, le cheval se montrant négligent. Je ne pensais même pas être dans les trois premiers. Toutefois, quand il a trouvé l’ouverture, il a accéléré alors qu’auparavant c’était un cheval qui voyageait toujours bien dans un parcours mais qui s’arrêtait un peu quand il prenait l’avantage. Aujourd’hui, il n’a rien fait durant la majeure partie de la course, s’est retrouvé bloqué avant de produire une incroyable accélération. C’était vraiment un Ebraz différent mais les pur-sang arabes sont souvent imprévisibles. »

Concernant le tracé particulier de Goodwood, Julian Smart a ajouté : « Je suis très fier d’ajouter cette victoire à mon CV. Peu d’entraîneurs de pur-sang arabes peuvent se prévaloir d’une victoire à Goodwood. Il n’y a qu’une seule course ici dans la saison depuis quatre ou cinq ans. Cette piste est un autre monde, une nouvelle expérience pour nous tous. C’est génial d’être ici et c’est une fantastique expérience. »

Pour la suite de la carrière d’Ebraz, Julian Smart a déclaré : « Tout comme Gazwan, qui a couru à Newbury dimanche dernier, l’objectif d’Ebraz est la Qatar Arabian World Cup (Gr1 PA), le jour du Prix de l’Arc de Triomphe. C’est leur objectif. Je pense qu’il est peu probable qu’ils courent entre-temps et on devrait aller directement sur la grande course. »

Le propre frère de Mared Al Sahra. Élevé par Son Altesse le cheikh Mohammed bin Khalifa Al Thani, Ebraz est un fils d’Amer et de Massamarie (Tidjani). C’est le propre frère de Mared Al Sahra, qui remporta également l’Emir’s Sword (Gr1 PA) et qui officie désormais comme étalon, mais aussi de Mu’Azzaz, lauréat des Shadwell Dubai International Stakes (Gr1 PA), ou bien de Metrag, qui a remporté le Grand Prix de Sa Majesté le Roi Mohammed VI (Gr3 PA) en novembre dernier, à Casablanca. Ebraz est un petit-fils de Margau (Manganate). Sa deuxième mère est une propre sœur des cracks Dormane (Manganate) et Djendel (Manganate). Elle a donné naissance à un élément comme Santhal (Djebbel), qui remporta six courses dont l’Al Maktoum Challenge Round 3 (Gr1 PA). Enfin, la troisième mère n’est autre que Mandore (Grabiec), la grande jument de l’élevage Watrigant.