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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Que retenir du premier semestre sur les obstacles ?

Courses / 20.07.2019

Que retenir du premier semestre sur les obstacles ?

Que retenir du premier semestre sur les obstacles ?

Par Christopher Galmiche

Après le plat, voici ce que nous avons retenu de la première partie de saison sur les obstacles. Des chevaux, des hommes et des femmes qui nous ont procuré de drôles d’émotions !

Carriacou couronne Isabelle Ire

Forcément, en gagnant le Zeturf Grand Steeple-Chase de Paris (Gr1) de neuf longueurs, Carriacou (Califet) a été le grand héros du printemps. Son succès est historique, car au-delà du côté sportif, il y a tout l’extra-sportif qui est passionnant ! Son entraîneur, Isabelle Pacault, n’avait pas de jockey et elle a fait appel au crack irlandais Davy Russell, trois jours avant la course, grâce au courtier Seamus Murphy. Finalement, Isabelle Pacault est devenue la première femme entraîneur au palmarès et Davy Russell a gagné le Grand Steeple pour sa première sortie en steeple à Auteuil. Isabelle Pacault a réussi dans son entreprise, malgré peu de tentatives dans la grande course. Elle avait sellé son premier partant dans le Grand Steeple en 1994 avec Vénus de Mirande (Carmont) puis Lord Carmont (Goldneyev) qui a participé à quatre Grand Steeples, faisant trois fois l’arrivée, et enfin Carriacou et Winneyev (Goldneyev), respectivement troisième et non placé en 2017. Elle ne s’est pas souvent trompée en courant la grande épreuve et son succès a été rafraîchissant !

Bénie des Dieux, la nouvelle Dawn Run ?

Willie Mullins ne tarit pas d’éloges lorsqu’il parle de sa pensionnaire Bénie des Dieux (Great Pretender). Ce printemps, elle nous a fait l’honneur de sa présence dans la Grande Course de Haies d’Auteuil (Gr1) qu’elle a enlevée avec brio devant une De Bon Cœur (Vision d’État) un ton en dessous de sa valeur. Douée sur les claies, mais aussi en steeple, discipline dans laquelle elle est invaincue, elle pourrait aller sur la Cheltenham Gold Cup (Gr1) dans le futur. On se prend alors à rêver d’une nouvelle femelle au palmarès de la grande épreuve anglaise, ce qui est rare, et surtout d’une nouvelle Dawn Run !

La jeunesse à l’assaut de l’obstacle !

La jeunesse attaque en force sur les obstacles français ces derniers mois. Dans le top 30 des entraîneurs, nous retrouvons actuellement David Cottin, la troisième force derrière François Nicolle et Guillaume Macaire pendant un moment cette saison, Gabriel Leenders, Mickaël Seror, Augustin Adeline de Boisbrunet, Anne-Sophie Pacault, Pierre Fertillet, Camille Peltier, Mickaël Mescam, Jérôme Marion et Sylvain Dehez. Du côté des jockeys, il y a Angelo Zuliani, vainqueur de son premier Groupe avec Equemauville (Saint des Saints) dans le Prix Journaliste (Gr3), Kilian Dubourg, son frère Pierre, Esteban Métivier, Baptiste Le Clerc, Antoine Coupu, Maxime Lefebvre ou encore Anthony Beaudoire. Autant de raisons de croire aux belles années futures de la discipline !

Goliath du Berlais, la plus belle impression du printemps

Si l’on exclut Bénie des Dieux et Carriacou, la grosse impression du printemps est l’œuvre, ou le chef-d’œuvre, de Goliath du Berlais (Saint des Saints). Doté d’un modèle magnifique, il a survolé les Groupes pour steeple-chasers de 4ans jusqu’à son sacre impressionnant dans le Prix Ferdinand Dufaure (Gr1). Ce sauteur était une publicité pour l’obstacle tant il avait l’air d’aimer son métier et tant ses sauts paraissaient fluides. Nous avons déjà hâte de voir ses produits en piste !

Le week-end du Grand Steeple fait recette

Le week-end du Grand Steeple a fait recette, car sur l’ensemble des deux réunions des 18 et 19 mai, les enjeux nationaux ont progressé de 9,4 % à Auteuil, alors qu’il était proposé autant d’épreuves que l’an dernier (16). Sans oublier que ces 2 réunions tombaient pendant le ramadan. L’obstacle est donc capable de produire de bons enjeux, lorsqu’on lui donne de bons créneaux…

Nouveau record de chevaux français gagnants à Cheltenham

Les chevaux et éleveurs français ont réalisé un véritable carton lors du Festival de Cheltenham, de quoi rendre jaloux bon nombre de nos voisins. L’édition 2019 du Festival a sacré quatorze french breds, un vrai record, avec en point d’orgue le triplé de français dans la Gold Cup (Gr1) avec le succès d’Al Boum Photo (Buck’s Boum) devant Anibale Fly (Assessor) et Bristol de Mai (Saddler Maker). Cette réussite montre un triple savoir-faire, à la fois celui des éleveurs et étalonniers dans leurs choix de croisements et d’achats, et celui des entraîneurs dans leur travail de dressage et de préparation. Durant le Festival du Grand National, les français ont été moins percutants, même si Kemboy (Voix du Nord) a réalisé un drôle de truc pour gagner le Bowl Chase (Gr1). Enfin, à Punchestown, durant le Festival, les french breds ont très bien tenu leur partie face aux irlandais, avec des vedettes comme ce même Kemboy, lauréat de la Punchestown Gold Cup (Gr1), Fusil Raffles (Saint des Saints), Chacun pour Soi (Policy Maker) ou encore Un de Sceaux (Denham Red). "FR" = Gr1 winners ! CQFD.

Pierre Pilarski, la casaque de plume

Après avoir connu de grandes émotions au trot avec le crack Bold Eagle (Ready Cash), Pierre Pilarski s’est lancé dans l’obstacle il y a un an. Son premier partant a été Fiumicino (Sageburg), lauréat du Prix… Wild Monarch (L) ! Un an plus tard, il a d’ores et déjà accroché ses premiers Groupes et un premier Gr1 en France grâce à Feu Follet ** (Kapgarde), gagnant des Prix Amadou (Gr2), d’Indy (Gr3) et Alain du Breil (Gr1), et un Gr1 en Italie avec Candalex (Alex the Winner). Tous ses partants ont réussi de belles choses et ont fait l’arrivée à un bon niveau. Et une nouvelle histoire pourrait s’écrire puisque, samedi à Clairefontaine, Galléo Conti (Poliglote), le frère de Silviniaco Conti (Dom Alco), acheté 180.000 € lors de la vente d’été Arqana, a réalisé des débuts victorieux dans le Prix de l’Oudon. Galléo Conti est entraîné par Guillaume Macaire avec lequel Pierre Pilarski a noué une belle relation et est sur la même longueur d’onde.

Un printemps de toute beauté pour Guillaume Macaire

Bien que certaines casaques aient disparu de son pool de propriétaires, Guillaume Macaire a signé un premier semestre de haut vol. Juste un exemple qui illustre cela à la perfection. Lors du week-end du Zeturf Grand Steeple-Chase de Paris (Gr1), si l’on exclut cette épreuve et la Grande Course de Haies (Gr1), il a enlevé toutes les belles compétitions du week-end grâce à Sainte Saône (Saint des Saints), lauréate du Prix d’Arles (L), Aterisk (No Risk at All), gagnante du Haras d’Étreham Prix d’Iéna (Listed), For Fun (Motivator), vainqueur du Prix Stanley (L), Goliath du Berlais (Saint des Saints), gagnant du Prix Ferdinand Dufaure (Gr1) et enfin Feu Follet (Kapgarde), lauréat du Prix Alain du Breil (Gr1).