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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Quels sont les faits marquants du premier semestre en plat à l’étranger ?

Magazine / 19.07.2019

Quels sont les faits marquants du premier semestre en plat à l’étranger ?

Quels sont les faits marquants du premier semestre en plat à l’étranger ?

Par Franco Raimondi

Plus de six mois se sont écoulés et le temps est venu de faire un bilan, pour le premier semestre, de l’actualité en plat à l’étranger. Nous vous proposons donc quelques noms qui renvoient à des moments forts de celle-ci. Nous poursuivrons prochainement cette mini-série par l’obstacle.

Lanfranco et son Magnificent Seven

C’est le 28 septembre 1996 que le sept est devenu son chiffre fétiche. Ce jour-là, il avait remporté toutes les courses du British Festival of Racing à Ascot. Cette année, le 20 juin pour être précis, les bookmakers ont failli revivre le même cauchemar, quand Lanfranco Dettori a remporté les quatre premières courses de la journée de la Gold Cup. Le célèbre Magnificent Seven leur avait coûté plus de 30 millions de livres. Les bookies ont sauvé les meubles, car les deux derniers partenaires de Frankie n’ont pas passé le poteau en tête. Toutefois, ses quatre victoires en début de réunion ont quand même fait des dégâts, à tel point que plusieurs agences de paris ont décidé de limiter les reports sur les chevaux du pilote italien dans les grands meetings. Leur image en a un pris un coup mais bon… Quoi qu’il en soit, Lanfranco Dettori a marqué ce premier semestre 2019. Il a égalé son record à Royal Ascot, établi en 1998, avec sept succès, et il a terminé la première partie de la saison en faisant enfin gagner un Gr1, le Grand Prix de Saint-Cloud, à sa bien-aimée Coronet (Dubawi). Lors de ce premier semestre, il a remporté un total de dix-huit Groupes. Et la seconde partie de saison a à peine commencé qu’il s’est offert, avec Enable (Nathaniel) dans les Eclipse, un autre Gr1. Le Qatar Prix de l’Arc de Triomphe est le grand objectif de la championne et de son pilote. L’année dernière, c’était l’année du six pour Lanfranco. Après le succès d’Enable à ParisLongchamp, il avait déclaré : « J’ai gagné six fois la Gold Cup et six fois l’Arc de Triomphe ! » Stradivarius (Sea the Stars) lui a permis d’inscrire une septième fois son nom au palmarès du marathon d’Ascot. Et on espère pour lui que le premier dimanche d’octobre à ParisLongchamp, ce soit le chiffre sept qui lui porte encore une fois bonheur…

La domination Ballydoyle, la faiblesse anglaise

Le QIPCO Prix du Jockey Club, le French Derby, lui échappe toujours. Aidan O’Brien a cependant dominé le Derby et le Irish Derby avec deux produits de son Galileo : Anthony Van Dyck et Sovereign. Le Juddmonte Grand Prix de Paris (Gr1) se déroule lors du second semestre, si l’on se fie au calendrier, mais il fait partie du premier cycle de la sélection, quand les 3ans se rencontrent entre eux. Les 3ans de Ballydoyle ont décroché tous les Grs1 sur 2.400m. D’après plusieurs analystes, le meilleur du lot est probablement Japan (Galileo), qui s’est imposé dimanche dernier à ParisLongchamp. La domination des 3ans de Ballydoyle est insolente, encore plus évidente dans une génération qui, à l’exception du français Sottsass (Siyouni), n’a pas offert grand-chose sur 2.000m et plus. Le meilleur 3ans entraîné en Angleterre dans le Derby a été Humanitarian (Noble Mission), septième à sept longueurs du lauréat. Au Curragh, les anglais ont brillé par leur absence et dans le Grand Prix de Paris, Jalmoud (New Approach) s’est classé troisième pour l’entraînement de Charlie Appleby. Mais nos amis anglais peuvent toujours se consoler avec la Coupe du monde de cricket qu’ils ont remportée suite à un codicille du règlement…

Thunder Snow, le patron de Meydan

Le 30 mars, Thunder Snow (Helmet) et son pilote Christophe Soumillon ont écrit une page de l’histoire des courses en remportant une deuxième Dubai World Cup consécutive. La course à douze millions de dollars n’est pas une épreuve historique puisque sa première édition date de 1996. Aucun cheval jusqu’à présent n’avait cependant réussi à faire le doublé. Pour les visiteurs, les Américains surtout, il est très difficile de retrouver la forme après ce déplacement (Arrogate pourra en témoigner). Thunder Snow est un cheval pas comme les autres. Deux fois gagnant de Gr1 en Europe sur le gazon, il adore le dirt. Il avait fait rire beaucoup de monde quand il était parti comme un cheval sauvage dans le Kentucky Derby en 2017. Son retour à Meydan, où il avait décroché le ticket pour Churchill Downs via le succès dans le UAE Derby (Gr2), l’a transformé en sujet capable de remporter par neuf grandes longueurs la World Cup 2018. Cette année, il a devancé d’un nez Gronkowski (Lohnro). Meydan a beau être son jardin, Thunder Snow est un vrai bon cheval et il l’a démontré aux États-Unis également.

Les adieux de Winx, beaucoup plus qu’une championne

La reine des courses australiennes a tiré sa révérence le 13 avril à Randwick après un troisième succès consécutif dans les Queen Elizabeth Stakes (Gr1). Elle est restée invaincue du 16 mai 2015 jusqu’à sa retraite, soit 1.428 jours. Elle a remporté 33 courses consécutives et 25 Grs1. Winx (Street Cry), pendant sa longue carrière, a été beaucoup plus qu’une machine à records et une jument imbattable. On peut lui reprocher de n’avoir jamais quitté l’Australie, mais son rôle dans l’industrie des courses australiennes dépassait tout ce que l’on avait pu voir jusqu’à présent. Winx est devenue petit à petit un symbole, une image dont la simple présence a poussé les hippodromes à organiser de nouvelles courses, non pas pour attirer la championne qui a toujours suivi un programme établi en toute logique par son entraîneur Chris Waller, mais parce que le public s’était à nouveau passionné pour ce sport. Toute l’Australie a surfé sur la vague "Winx" et pendant sa domination, le monde des courses a beaucoup évolué.

Le Kentucky Derby au tribunal

Pour la première fois en 145 ans, ce sont les commissaires qui ont désigné le vainqueur du Kentucky Derby. C’est donc après une enquête, qui aura duré 22 minutes, que Maximum Security (New Year’s Day) a été rétrogradé de la première à la dix-septième place pour avoir modifié sa trajectoire et empêcher la progression de plusieurs de ses adversaires. C’est Country House (Lookin at Lucky), associé au Français Flavien Prat, qui a hérité d’un succès doux-amer d’après son entraîneur Bill Mott. Même le président Donald Trump avait accusé les commissaires d’avoir pris une décision scandaleuse… La suite s’est déroulée au Tribunal fédéral et entre-temps, Gary West avait demandé à ce que son poulain et Country House soient déclarés "co-gagnants". Depuis le premier samedi de mai à Churchill Downs, Country House n’a plus couru, alors que Maximum Security, battu lors de sa rentrée dans les Pegasus Stakes (L), sera au départ ce samedi à Monmouth Park dans le Haskell Invitational (Gr1).