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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

RÉPARTITION DES RÉUNIONS DE COURSES DE MAISONS-LAFFITTE - Olivier Delloye : « Un compromis équilibré »

Institution / Ventes / 09.07.2019

RÉPARTITION DES RÉUNIONS DE COURSES DE MAISONS-LAFFITTE - Olivier Delloye : « Un compromis équilibré »

Lundi, la répartition pour 2020 des réunions de courses disputées en 2019 à Maisons-Laffitte a été dévoilée. Olivier Delloye, directeur de France Galop, explique la démarche qui a conduit à ces attributions.

Par Adeline Gombaud

Jour de Galop. – Lors du Conseil d’administration de ce lundi, vous avez annoncé la répartition des réunions de courses disputées en 2019 à Maisons-Laffitte. Comment avez-vous construit cette répartition qui, en résumé, attribue 21 réunions à la grande région parisienne et 3 aux régions ?

Olivier Delloye. – Cette répartition est le résultat d’un long travail de concertation et de consultation, débuté en avril. Il y a eu beaucoup d’évolutions depuis le projet initial, que nous avons présenté deux fois au Conseil du plat, deux fois en Conseil d’administration, et une fois en commission des régions. Je pense que nous avons abouti à un compromis équilibré, qui répond aux objectifs principaux, en matière de programme, d’économies, de garanties techniques pour les professionnels, d’enjeux… Les trois hippodromes en régions qui ont été retenus offrent des qualités techniques reconnues de tous, et génèrent des enjeux tout à fait satisfaisants.

Pourquoi avoir avancé aussi vite sur cette répartition alors que Jacques Myard vient de déposer les statuts de la future Société hippiques de Maisons-Laffitte ?

Principalement, parce que nous devons anticiper. Anticiper sur la construction du programme, comment répartir intelligemment ces réunions, où positionner les courses de sélection, anticiper sur le calendrier, construit en concertation avec le PMU et LeTrot, dès lors que le projet comporte la création de quelques mini-meetings, informer à temps l'European Pattern Committee des changements pour les Listeds et les Groupes, anticiper pour que les hippodromes retenus puissent se préparer, anticiper pour que les organismes comme le G.T.H.P., les équipes du PMU, le groupe Carrus s’adaptent à ces changements… Nous ne faisons donc que dérouler le plan prévu depuis que nous avons annoncé la décision de courir sans Maisons-Laffitte en 2020.

Est-ce à dire que cela ferme totalement la porte aux courses à Maisons-Laffitte l’an prochain ?

Pour 2020, cela semble aujourd’hui très compromis que des courses puissent se disputer à Maisons-Laffitte. Nous sommes déjà en juillet et il ne suffit pas d’avoir rédigé des statuts pour être en mesure d’organiser des réunions dès le mois d’avril prochain dans les meilleures conditions. Ce n’est pas rien de reprendre un hippodrome et de se préparer à accueillir des courses parisiennes avec une équipe qui à ce jour n’existe pas. Les sociétés qui organisent déjà des réunions premium le savent bien, et celle de Maisons-Laffitte devrait naturellement être soumise aux mêmes règles qu’elles. Là aussi, il faut de l’anticipation. J’ajoute que nous attendons de Jacques Myard un projet précis et viable, et pas simplement des idées ou des intentions : quel modèle d’organisation, quel business plan, quelles activités développer en dehors des courses pour espérer un équilibre économique de l’ensemble de l’opération sur la durée. Nous devons ce réalisme et ces exigences à toutes les sociétés premium avec lesquelles nous collaborons, et dont nous demandons des efforts. Nous espérons sincèrement qu’une solution viable puisse émerger pour Maisons-Laffitte. Ce serait une nouvelle formidable pour tout le monde et nous avons œuvré à livre ouvert avec le maire de Maisons-Laffitte depuis plusieurs mois pour qu’il puisse travailler. Mais on ne peut pas avancer "à l’aveugle", ce ne serait pas responsable. 

Jacques Myard réclame un peu de patience de votre part… Pensez-vous qu’il aura le temps de vous apporter les garanties demandées dans un délai suffisant pour organiser des courses à Maisons-Laffitte en 2020 ?

Pour imaginer attribuer des réunions à la Société hippique de Maisons-Laffitte en 2020, il faudrait que le projet soit bouclé d’ici l’automne, au plus tard. Or, l’appel à projets pour valoriser les tribunes ne sera lancé que fin septembre… Mais cela ne ferme pas la porte à la possibilité de décaler le projet d’une année, et de prévoir des courses à Maisons-Laffitte en 2021.

Jacques Myard a donné des chiffres sur le coût pour l’Institution de la fermeture de Maisons-Laffitte. Il parle d’un million d’euros par an d’entretien, et de trois millions pour le désamiantage du site….

Pour les charges résiduelles de fonctionnement du site, nous sommes à 575.000 € par an, dont 350.000 € de taxes et cotisations sur l’immobilier. Quant au désamiantage, il ne serait nécessaire qu’en cas de transformation des tribunes, ce qui n’est pas notre intention. D’autre part, aucun chiffrage n’a été réalisé pour une telle opération… Il n’y a aucune surprise sur les charges d’exploitation de l’hippodrome une fois fermé. Elles avaient été évaluées à ce niveau lorsque nous avions chiffré l’économie du projet de réorganisation des activités de France Galop à Maisons-Laffitte.