Sayonara, Deep Impact

International / 31.07.2019

Sayonara, Deep Impact

Il est des réveils difficiles, comme ce matin, avec la mort de mon idole Deep Impact – euthanasié suite à une fracture de la colonne cervicale. Nous savions que l’étalon de Shadai avait dû faire l’impasse sur la saison de monte 2019, mais de là à imaginer une telle issue…

Par Anne-Louise Échevin

Deep Impact, au Japon, était plus qu’un cheval… C’était une star absolue, un Dieu, lui qui était associé à la légende vivante Yutaka Take. Il doit cette aura à ses performances en piste : lauréat de la Triple couronne, gagnant de douze courses en quatorze sorties, dont sept Grs1. Sur les réseaux sociaux actuellement, beaucoup débattent de savoir qui de Frankel ou d’Enable est le meilleur, qui est ou a été le meilleur cheval du monde… On va citer des Dancing Brave, des Sea the Stars… Tout est aussi une question de ressenti personnel, de feeling. En Europe, on citera rarement Deep Impact. Pour moi, il est tout là-haut, avec les étoiles. Par son palmarès bien sûr, mais aussi par sa façon de courir : cette capacité à remonter les pelotons en quelques foulées, cette accélération foudroyante, tout ce qui, à mes yeux, représente la quintessence du pur-sang. Je n’ai pas assisté à ses victoires au Japon, mais regarder ses grandes victoires déclenche des frissons. Avec lui et Orfèvre, j’ai appris à tellement aimer les courses japonaises. Deep Impact est
toujours avec moi : j’ai sa peluche, signée par Yutaka Take. Sur le sac de mon ordinateur, il y a un porte-clé Deep Impact. Sur mon bureau, des post-it à son effigie ou encore des feuillets de rangement de documents…

Deep Impact a atteint une dimension émotionnelle que peu de chevaux ont réussi à atteindre. Peut-être aucun : on a connu en France la ferveur autour de Goldikova ** ou de Trêve… C’était des milliers de fois plus fort pour Deep Impact au Japon. Et même des années après la fin de sa carrière de course. J’ai eu la chance d’assister à la Japan Cup en 2017 et Deep Impact est encore dans le cœur de tous les Japonais… Il est à l’honneur dans le hall de l’hippodrome de Tokyo. Une exposition lancée en 2017 au musée de l’hippodrome, intitulée Dear Deep Impact, lui avait été consacrée. Au Turfy Shop, la boutique des hippodromes japonais, il est encore au cœur du merchandising de la J.R.A. Deep Impact était le Dieu cheval de son pays lorsqu’il était en piste et il l’est encore et toujours, via ses produits. Deep Impact a été l’un des plus formidables reproducteurs de ces dernières années : il était le Galileo et le Tapit du Japon, en encore plus fort tant le Japon, pays qui ne manque pas de paradoxes en ce qui concerne la condition animale, aime ses champions équins. Il a su s’imposer sur la scène mondiale : Deep Impact est aussi une référence en Europe, avec par exemple Beauty Parlour **, Saxon Warrior, Study of Man **, tous trois classiques.

La disparition de Deep Impact est plus que celle d’un cheval. C’est celle d’une super star des courses mondiales. C’est la perte d’un trésor national. C’est l’adieu à celui qui a changé l’histoire hippique de son pays. Sayonara, Deep Impact…

Voici une vidéo de la dernière course de Deep Impact, l’Arima Kinen, avec aussi l’après-course… Pour avoir une petite idée de la ferveur autour du cheval. Cliquez ici. (https://youtu.be/yvLACmnyV68 ). Vous pouvez retrouver notre article sur la carrière de Deep Impact en page XXXXXXXXXXXXXXXX.