Transformer les spectateurs en parieurs, l’un des défis du PMU

Courses / 30.07.2019

Transformer les spectateurs en parieurs, l’un des défis du PMU

A fin juin, les enjeux parisiens sur hippodromes ont progressé de 3,4 %. Des résultats encourageants mais à présent le défi est de transformer un public souvent peu aguerri au fonctionnement des courses et des paris pour en faire des parieurs réguliers.

Patrick Maggioli est le Directeur des ventes sur les hippodromes du PMU. Il nous a expliqué : « Notre rôle à tous, sociétés de courses et PMU, c’est d’accompagner le public tout au long de sa visite sur l’hippodrome, de lui expliquer l’univers des courses et du pari et de faire en sorte qu’il passe un bon moment. Et parier fait partie de ce plaisir, que l’on soit turfiste aguerri ou non. Par le passé trop de néophytes étaient découragés par le fait de faire la queue au milieu de parieurs expérimentés avant de se retrouver devant le comptoir face à un opérateur, sans être capable de formuler sa demande de jeu aisément. Pour y remédier, nous avons développé les solutions techniques, via les tablettes notamment, qui permettent à nos équipes d’aller à la rencontre du public pour l’aider à parier. Les opérateurs ont désormais une vraie souplesse pour accompagner le public à chacune des étapes, les aider à décrypter le programme des courses, le fonctionnement des cotes, comment placer un pari simple, etc... »

  • Le succès des Jeuxdi de ParisLongchamp.Les équipes du PMU ont mis en place un programme spécifique pour l’animation des espaces où les jeunes se retrouvent à ParisLongchamp : « Dans le cadre d’événements du type des JeuXdi à ParisLongchamp, les animations tiennent une place importante. Parmi elles, il y a par exemple les « battles de paris » : une table choisit un cheval avant la course et elle lance un défi à la table d’à côté. Nos équipes enregistrent le choix des deux parties et celle qui gagne remporte un cadeau. Nous jouons ainsi sur l’émulation d’un groupe et l’appropriation d’un cheval le temps d’une course. Les gens franchissent ce premier pas, très simple, avant de se lancer dans un pari hippique au sens traditionnel du terme. Ils doivent passer un bon moment, prendre du plaisir et certains deviendront des parieurs. Le premier objectif que nous visons, c’est que les gens reviennent avec de nouveaux amis pour partager le plaisir qu’ils ont expérimentés aux courses. On voit toute une nouvelle clientèle apparaître au fil de ce type d’opérations. Des jeunes bien sûr, mais pas uniquement »

  • Recruter et former des gilets verts. Par le passé – à Paris comme en province – le manque d’expertise des personnes censées conseiller les néophytes pouvait être assez flagrant. Les choses semblent avoir progressé sur ce point. Patrick Maggioli détaille : « L’idée, c’est que nos équipes soient de véritables ambassadeurs du pari et des courses. Avec leurs gilets verts, elles sont donc de véritables points de repère pour le public sur les hippodromes, à même de renseigner chacun, de les aider, de les conseiller. Elles sont donc formées au pari, à la culture hippique et encadrées par des tuteurs d’expérience. »

  • L’équivalent australien des JeuXdi existe depuis 1998. Carl di Lorio est journaliste hippique - au sein de la rédaction du site australien www.racing.com - et il nous a confié : « En Australie, presque tous les vendredi soir de septembre à avril accueillent des réunions nocturnes. Ce dispositif existe depuis 1998. Les réunions de Moonee Valley, avec animations musicales, peuvent attirer de 6.000 à 10.000 personnes. Les grandes échéances sportives d’octobre et novembre rassemble de 15.000 à 100.000 personnes, donc beaucoup sont âgés de 18 à 39ans. Parmi ces derniers, un grand nombre se déplace dans l’objectif de faire la fête et de rencontrer du monde. Cette audience est très sollicitée par les campagnes commerciales que lancent TAB et les bookmakers. La difficulté est de les mener tout en prévenant les risques d’addictions au jeu. Cette dernière problématique ternit un peu l’image des courses en Australie. Le grand challenge, c’est que les jeunes générations n’ont pas une culture hippique très poussée. Tout le monde connaît les champions comme Winx et Chautuaqua. Mais beaucoup moins de jeunes maitrisent les subtilités du sport hippique. » Neil Wilson, le Directeur Général du Victoria Racing Club – qui gère des hippodromes comme Melbourne – nous a expliqué : « Les paris hippiques sont vraiment ancrés dans la culture australienne, notamment lors de la réunion de la Melbourne Cup où le volume d’enjeux a progressé de 1,5% en 2018. Lors du AAMI Victoria Derby Day, la progression était de 16,8% par rapport à 2017 alors que pour le Seppelt Wines Stakes Day, l’augmentation était de 11,8%. Ces données attestent de l’attractivité des paris hippiques dans l’Etat du Victoria. Pour y parvenir nous accordons toute notre attention sur le nombre de partants par course.  La notoriété des hippodromes et les sommes investis par les opérateurs de paris hippiques sont très importants. La compétition entre les opérateurs de paris est très active et ils essayent tous de conquérir de nouveaux joueurs, en particulier des jeunes. En 1999, Victoria Racing Club a désigné TAB, l’équivalent local du PMU, comme son opérateur officiel. Le partenariat impose un programme d’initiation sur site à destination des parieurs. On notera la présence d’opérations de promotions comme le TAB Grab qui permet de gagner 5.000 $ de bons à parier en allant sur le champ de course ou encore la TAB Fantasy Racing Game, un dispositif sur l’hippodrome de Melbourne, où deux parieurs s’affrontent  le temps d’une course virtuelle. »

 

Créer du lien. Dada est mort, vive Dada. Ce journal à destination du grand public, après des débuts prometteurs et appréciés, a cessé d’être publié. Ce journal n’a pas su dépasser ses problèmes de distribution – impossible à trouver en province et difficile à dénicher en banlieue parisienne – tout en étant de manière surprenante totalement absent des JeuXdi et des grands évènements hippiques. On peut penser que Dada se serait bien vendu en nocturne à ParisLongchamp ou lors du week-end du Qatar Prix de l’Arc de Triomphe. La mission de ce type de média est d’apporter contenu pour attiser la passion des néophytes entre deux visites sur les hippodromes. Conscient de l’importance de ce lien à cultiver, The Jockey Club – le France Galop des Etats-Unis – a lancé www.americasbestracing.net Ce site propose initiation aux paris, actualités hippiques, découverte des acteurs… tout en étant très présent sur les réseaux sociaux.