TRIBUNE LIBRE - Philippe Garin : « La province ne tient que grâce aux bénévoles »

Courses / 25.07.2019

TRIBUNE LIBRE - Philippe Garin : « La province ne tient que grâce aux bénévoles »

Par Philippe Garin

Vice-président de la Société des courses de Corlay,

Commissaire à Corlay - Rostrenen - Carhaix - Saint-Brieuc et Morlaix,

Administrateur des Sociétés de courses de Rostrenen et Saint-Brieuc

« Monsieur de Giles,

Votre tribune a le mérite de dénoncer certaines vérités, mais certains propos ne sont pas acceptables en l’état par les sociétés de courses de province dont je fais partie. Vous oubliez tout d’abord que la province ne tient que grâce aux bénévoles et sans eux, pas de province et par conséquent pas de courses "parisiennes", nous représentons la base de la pyramide.

Vous oubliez tout le travail de sécurité qui a été fait depuis une dizaine d’année avec par exemple la mise en place de barre d’appels et d’ailes en PVC.

Vous oubliez que le médecin officiant sur un hippodrome doit avoir une formation d’urgentiste. Pour information, sur de nombreux hippodromes, le médecin est dans une voiture suiveuse avec des secouristes et un commissaire. Si les médecins de service ne vous conviennent pas, merci de prendre ce service en charge, y compris financièrement, vous verrez que ce n’est pas facile.

Vous oubliez que tout jockey qui tombe de cheval doit être vu par le médecin avant de remonter en course, c’est l’article 143 du Code des courses. C’est un devoir du jockey d’aller voir le médecin (avec son casque) s’il s’est relevé sans gravité apparente. Le cas échéant, il est pris en charge par le service médical.

Vous oubliez que de nombreux travaux (virages relevés – arrosage – obstacles relookés) sont effectués tous les ans sur les hippodromes de province avec des aides techniques et financières de France Galop et des fédérations régionales. Si certains hippodromes ne conviennent pas, ayez le courage de le dire aux instances concernées.

Bref, vous oubliez que tous les dirigeants bénévoles d’hippodromes de province font de la sécurité un axe majeur des investissements annuels et n’ont qu’un seul but le jour de leurs courses : rentrer chez eux le soir sans avoir eu d’incidents, que ce soit pour les professionnels ou les spectateurs.

Cependant, j’approuve totalement vos suggestions d’amélioration, notamment la formation des jeunes jockeys, nous sommes à votre écoute, mais pour cela, je pense que tous les professionnels doivent s’investir un peu plus si nous voulons sauvegarder notre modèle actuel. Nous devons travailler ensemble.

Je regrette, comme tout le monde, les derniers accidents et j’ai une pensée pour tous les jockeys blessés, vous faites un beau mais dur métier de passionnés : bravo à vous.

P.S. : Je ne veux surtout pas faire une polémique sur un tel sujet, mais je veux juste faire reconnaître le travail réalisé en province. »