Aliette Forien : « C’est le rêve absolu de remporter le Derby d’Epsom »

Élevage / 05.08.2019

Aliette Forien : « C’est le rêve absolu de remporter le Derby d’Epsom »

LE TOUR DES HARAS - AOÛT 2019

Comme chaque année, les journalistes de JDG visitent les haras qui présenteront des yearlings en août chez Arqana. L’occasion d’un questionnaire sur leurs lots 2019. Huitième épisode : Aliette Forien, du haras de Montaigu

Jour de Galop. - Comment jugez-vous votre lot pour ces ventes d’août ?

Aliette Forien. - Je le trouve de bonne qualité. Mais il est peut-être moins fourni que d’autres années : la sélection a été plus importante. Arqana veut faire une vraie vente de sélection en août.

Avez-vous un coup de cœur ?

O’Shalaa (Shalaa), notre vedette sur les réseaux sociaux ! Il a toujours été beau, il s’est développé sans incident et ne nous a vraiment jamais posé de problème. On voudrait qu’ils soient tous comme ça.

Comment jugez-vous l’état du marché des yearlings actuellement ?

Pour le très haut de gamme, il est excellent. Pour le moyen de gamme, il est plus difficile. Et je dirais qu’il est inexistant pour les petites valeurs.

Quelles sont, pour vous, les particularités de la vente d’août ?

L’ambiance y est unique. La vente d’août profite de tout ce que peut apporter Deauville : ses hôtels, ses bons restaurants, ses courses magnifiques… Les propriétaires, les entraîneurs, les courtiers aiment se retrouver à Deauville, où le travail a un petit air de vacances. De plus, le catalogue est excellent. Nous rivalisons avec la Grande-Bretagne et l’Irlande. Le seul petit inconvénient est que les poulains doivent être prêts assez tôt dans la saison.

Comment décririez-vous le yearling idéal pour la partie sélectionnée ?

Il faut qu’il soit parfait. Qu’il ait tout. Le pedigree avec de la précocité, de la vitesse. Aujourd’hui, avoir des juments et des étalons de distance tenue pour les ventes, c’est difficile. Il doit avoir un modèle (presque) parfait, un bilan radio excellent, bref il n’est pas forcément facile à produire.

Quelle famille maternelle vous fait particulièrement rêver ?

Avec Sybille, nous pensions à Hasili (Kahyasi) et toute sa production. Nous suivons les chevaux du prince Abdullah de manière générale. Mais aussi la championne Urban Sea (Miswaki), d’où Galileo (Sadler’s Wells), Sea the Stars (Cape Cross)…

Quel est le jeune étalon (premiers yearlings) en qui vous croyez le plus ?

Parmi ceux représentés chez nos yearlings, je pense à Shalaa (Invincible Spirit). Nous en avons plusieurs, et nous sommes gâtés. Ce sont de très beaux poulains. Les deux yearlings que nous présentons en août en sont de bons exemples.

Parmi les chevaux qui ont été préparés par vos soins, lequel vous a le plus marqué et pourquoi ?

Wings of Eagles (Pour Moi). Ce n’est pas celui qui a été vendu le plus cher mais il était un des plus beaux. Il nous avait vraiment marqués depuis sa naissance. C’est facile à dire après une telle victoire mais avec Gilles on l’adorait. C’était un poulain magnifique, avec une tête ravissante et des oreilles qui se rejoignaient à leur extrémité comme chez les chevaux arabes. Il est devenu un étalon au modèle somptueux. Il a gagné le Derby d’Epsom et c’est le rêve absolu de tout éleveur de remporter ce classique.

Quel est votre secret pour gérer la pression à la veille de ce rendez-vous majeur ?

Je prends des vacances fin juin et début juillet. Cela me permet d’arriver à la préparation des yearlings en forme et détendue. Mais ça n’a pas toujours été le cas. Je suis maintenant secondée par ma fille Sybille, cela me permet de moins stresser, je crois.

En cette année électorale, quelle est selon vous la mesure la plus urgente à prendre pour la bonne santé des courses françaises ?

Il est essentiel de relancer l’attractivité du jeu. Il faut rendre les paris plus ludiques pour attirer les jeunes joueurs. Il faut aussi redynamiser le spectacle des courses, faire de chaque réunion une fête. Les jeudis à Longchamp, c’est une grande réussite. Mais il faut arriver à transposer le concept partout. Nous devons mettre plus en avant les propriétaires pour attirer de nouveaux investisseurs. Il faut un podium pour chaque gagnant, il faut que le propriétaire soit honoré et passe une bonne journée quand il vient aux courses avec sa famille ou ses amis et que tous aient envie de revenir.

LES YEARLINGS DE LA VENTE D’AOÛT

Lot

Sexe

Père

Mère

50

F

Le Havre

Archangel Gabriel

93

M

Gleneagles

Gyrella

130

M

Shalaa

Mojo Risin

151

F

Australia

Regina Mundi

169

F

Shalaa

Satiriste

194

M

Myboycharlie

Terra Nova

232

F

Pride of Dubai

Camille’s Secret

252

F

Olympic Glory

Écume du Jour

277

M

Nathaniel

Hunza Dancer

320

F

Iffraaj

Peinted Song

La course d’une vie. Nous avons demandé aux éleveurs de nous commenter LA course qui a le plus marqué leur carrière, en nous décrivant l’histoire du cheval qui portait tous leurs espoirs. Pour voir la vidéo de l’interview, cliquez ici

HARAS DE MONTAIGU

MONTAIGU

61240 NONANT-LE-PIN