ARQANA PRIX DE CRÈVECŒUR (INÉDITS) - Hopeful et Pao Alto offrent le jumelé aux frères Wertheimer

Courses / 06.08.2019

ARQANA PRIX DE CRÈVECŒUR (INÉDITS) - Hopeful et Pao Alto offrent le jumelé aux frères Wertheimer

ARQANA PRIX DE CRÈVECŒUR (INÉDITS)

Hopeful et Pao Alto offrent le jumelé aux frères Wertheimer

Seul hongre au départ, Hopeful (Motivator) s’est imposé en poulain tenace dans cet Arqana Prix de Crèvecœur. Bien parti, le représentant des frères Wertheimer a effacé son mauvais numéro de corde en se portant rapidement près des premiers, s’installant en troisième position à l’extérieur. Après avoir galopé nez au vent tout au long du parcours, il a placé une jolie accélération dans la phase finale et a pris le meilleur aisément à 200m du poteau. Attaqué dans les derniers mètres par son compagnon de casaque, Pao Alto (Intello), Hopeful a fait preuve de combativité en lui résistant jusqu’au bout, triomphant d’une demi-longueur. La troisième place est revenue trois longueurs plus loin à Asharann (Zoffany).

Castré en début d’année, car un peu caractériel. Au cours des dix dernières années, aucun hongre ne s’était imposé dans ce Prix de Crèvecœur. Carlos Laffon-Parias, entraîneur du lauréat, nous a dit : « J’espérais bien gagner. C’est pour cela que je suis venu, sinon je serais resté à Chantilly (rires) ! J’ai mis la décharge, parce que les jockeys "maison" en avaient choisi d’autres. Olivier Peslier n’était pas là aujourd’hui, donc j’ai choisi un apprenti [Thomas Trullier, ndlr] qui a quand même beaucoup de métier. Le poulain a été castré, car il montrait un peu de caractère, comme beaucoup de mâles par Motivator. En début d’année, lorsque j’ai vu qu’il était un peu compliqué dans sa tête, j’ai pris la décision de le faire castrer. Il ne va pas avoir beaucoup de courses et le Critérium du Fonds Européen de l’Élevage (L) va venir un peu vite… On verra. En principe, il sera mieux l’année prochaine ! » Thomas Trullier, jockey d’Hopeful, a quant à lui déclaré : « Il est très bien sorti des boîtes, du coup je l’ai laissé un petit peu avancer car nous n’avions pas un très bon numéro. Il l’a très bien fait, il a très bien accéléré et a fait preuve de beaucoup de sérieux. Il a eu un beau passage, je l’ai bien équilibré et il a bien répondu. »

Une bonne famille argentine. Élevé par ses propriétaires, Hopeful est un fils de Motivator (Montjeu). L’étalon du haras du Quesnay a aussi donné aux frères Wertheimer Donizzeta (Motivator), gagnante de son maiden ce mardi à Dax. Monst (Monsun), la mère d’Hopeful, est gagnante à 3ans sur les 1.900m de Nîmes. Le gagnant du Prix de Crèvecœur est son quatrième produit. Monst avait été achetée 200.000 € par les frères Wertheimer lors des ventes de yearlings d’août Arqana en 2010, alors qu’elle était présentée par le haras du Mézeray. Ils se sont séparés de la jument à la dernière vente d’élevage Arqana, la cédant pour 25.000 € à Ralf Ernst.

Hopeful est le frère d’Architect (Anodin), auteur de débuts victorieux à 3ans sur les 2.300m de Tarbes et de Fast Game (Rock of Gibraltar), lauréate sur les haies de Cagnes-sur-Mer et cinquième du Prix André Massena (L).

La deuxième mère, First One (Southern Halo), est quadruple gagnante de Groupe en Argentine, dont le Premio Maipu (Gr1). C’est une propre sœur de Fontal, lauréate du Manuel J. Guiraldes (Gr3) et troisième du Carrera de las Estrellas (Gr1), mais elle est aussi la sœur de Fond (Old Trieste), gagnante des Busher Stakes et des Open Mind Stakes (Ls). La troisième mère, Fontemar (Babor), a remporté les 1.000 Guinées argentines, le Gran Premio Enrique Acebal et le Gran Premio de Potrancas (Grs1).

http://www.jourdegalop.com/Media/Jdg/Documents/HOPEFULpedigree.pdf

Sadler’s Wells

Montjeu

Floripedes

Motivator

Gone West

Out West

Chellingoua

HOPEFUL (H2)

Konigsstuhl

Monsun

Mosella

Monst

Southern Halo

First One

Fontemar

LES CHRONOS

TEMPS PARTIELS

Du départ à 1.000m : 34’’31

De 1.000m à 600m : 27’’26

De 600m à 400m : 12’’38

De 400m à 200m : 11’’30

De 200m à l’arrivée : 11’’66

Temps total : 1’36’’89

De l’exotisme chez les Wertheimer. La souche d’Hopeful a ses racines en Argentine. Les frères Wertheimer n’hésitent pas à acheter des origines différentes, voire exotiques. Safari Queen (Lode) fut une vraie championne en Argentine, où elle a gagné deux Grs1, avant d’ajouter quatre autres courses de Groupe à son palmarès aux États-Unis. Elle a très bien démarré sa carrière de poulinière. Le premier produit, Royalmania (Elusive Quality), a remporté deux Listeds et est placé de Gr3. Le deuxième, Queen’s Jewel (Pivotal), s’est imposé dans le Coolmore Prix Saint-Alary (Gr1), le Prix Pénélope (Gr3), et a terminé troisième de la Queen Elizabeth Challenge Cup (Gr1) aux États-Unis. La pouliche avait d’ailleurs battu le record des 2.000m de ParisLongchamp. Forcément lorsque l’on achète en Amérique Latine ou du Sud, il n’est jamais facile de connaître le niveau exact de la jument que l’on convoite. Mais les championnes restent des championnes, des êtres à part, quel que soit leur pays d’origine.

Les juments sud-américaines dans l’misphère Nord. Lady Aurelia (Scat Daddy) lauréate de l’édition 2016 du "Morny" à Deauville est née aux États-Unis, comme sa mère et sa deuxième mère. Mais ces dernières ont principalement couru à Porto Rico, où la compétition hippique est de moindre niveau. Il est donc assez inattendu qu’elles engendrent une lauréate à haut niveau en France et en Angleterre. D’Wildcat Speed (Forest Wildcat), la génitrice de Lady Aurelia, a gagné seize courses à Porto Rico et aux États-Unis, dont un Gr2 Gulfstream Park. Sa deuxième mère, Velvet Panther (Pentaquod), a remporté trente et une courses sur l’Hipódromo Camarero.

Des exemples historiques. On cite souvent aussi l’exemple de Forli (Aristophanes). Invaincu, il était un véritable phénomène en Argentine dans les années 1960. Exporté aux États-Unis, il y a gagné, établissant le record de la piste à Hollywood avant de s’accidenter. Au haras à Claiborne, il a laissé une descendance de grande qualité, dont Special (Forli), qui est la mère de Nureyez (Northern Dancer) et la deuxième mère de Sadler’s Wells (Northern Dancer). Le sang de Forli est donc désormais omniprésent en Europe.

Le Boussac Coaraze (Tourbillon), fils de la légendaire Corrida (Coronach VI), a donné naissance à Emerson (Coaraze) au Brésil. Importé en France, ce dernier est notamment le père de Rescousse (Emerson), lauréate du Diane et deuxième de l’Arc. Plus près de nous, le brésilien Leroidesanimaux (Candy Stripes) ou l’argentin Candy Ride (Ride the Rails) ont donné des chevaux de haut niveau dans l’hémisphère Nord.

Plus près de nous. Élisabeth Fabre a mis à la reproduction la jument argentine Bailonguera (Sourthern Halo), une gagnante de Gr2 dans son pays d’origine. Dans sa descendance, on trouve plusieurs bons chevaux, comme Bayargal (Bernstein), lauréate du Prix Petite Étoile (L), Bulliciosa (Successful Appeal), troisième du Prix des Rêves d’Or (L), Bargouzine (Stravinsky), deuxième du Prix La Flèche (L) et Baghadur (Zanzibari), gagnant du Prix de la Porte Maillot (Gr3). En 2016, Makahiki (Deep Impact) et Satono Diamond (Deep Impact) ont décroché les deux premières places d’un derby japonais. La mère de Makahiki, Wikiwiki (French Deputy), est née au Japon et était une bonne pouliche, mais pas de Groupe. La deuxième mère est en revanche Real Number (Rainbow Corner), gagnante du Premio Gilberto Lerena (Gr1 dirt) à Palermo et fille de Numeraria (Southern Halo), elle aussi gagnante de Gr1 en Argentine. 

Satono Diamond est quant à lui le premier produit de la famille argentine Malpensa (Orpen), gagnante de trois Grs1 dans son pays natal.