ARQANA PRIX DES MARETTES (INÉDITES) - Savarin, des débuts pleins de promesses

Courses / 06.08.2019

ARQANA PRIX DES MARETTES (INÉDITES) - Savarin, des débuts pleins de promesses

ARQANA PRIX DES MARETTES (INÉDITES)

Savarin, des débuts pleins de promesses

Riche de huit candidatures, cette édition 2019 du Prix des Marettes a sacré la très bien née Savarin (Deep Impact), fille de la triple lauréate de Gr1 Sarafina (Refuse to Bend). Entraînée par André Fabre, la pouliche de Masaaki Matsushima a laissé entrevoir des promesses en s’imposant avec une certaine marge, sur une piste annoncée à 3,4. Elle a constamment galopé le long de la corde en cinquième position d’un peloton emmené par Like a Charm (Charm Spirit). Progressant en dehors à 200m du but, Saravin a pris assez facilement l’ascendant sur Dream and Do (Siyouni), qui a dû s’incliner d’une longueur et demie. Like a Charm a conservé la troisième place une demi-longueur plus loin.

Des maidens de classe internationale. Cette année, Arqana sponsorisait pour la première fois les Prix des Marettes et de Crèvecœur. Éric Hoyeau, directeur de l’agence, nous a dit : « D’une part, nous souhaitions participer à la valorisation du programme. Nous avons pensé que les maidens, et plus particulièrement les courses d’inédits qui se déroulent à Deauville, sont tout à fait en cohésion avec les ventes. Les courses d’inédits à Deauville sont en général de véritables tremplins, car les entraîneurs aiment y débuter des chevaux de qualité. C’est une période où un certain nombre de poulains arrive à maturité. Il nous a donc semblé que c’était une bonne idée de soutenir cela, ainsi que le Prix de Lieurey (Gr3) qui se trouve être une course de pouliches, donc liée directement à l’élevage. Cela me semblait être du bon sens que de soutenir les allocations de cette manière. On a voulu aussi marquer le coup en ce qui concerne la valorisation du propriétaire, en doublant l’allocation des maidens. Sachant que dans les grands meetings internationaux, comme à Saratoga par exemple, celles dans les maidens représentent un montant très supérieur à celles que l’on offre ici. De cette manière, nous nous élevons véritablement au niveau des meilleurs maidens ou courses d’inédits qui se déroulent dans le monde entier. » Il n’y a donc (désormais) pas que la qualité des chevaux issus du palmarès du Prix des Marettes et de Crèvecœur qui donnent à ces épreuves une dimension internationale…

La francophilie de Teruya Yoshida et Masaaki Matsushima. Patrick Barbe, représentant de l’éleveur de Savarin, Teruya Yoshida, a expliqué : « Le propriétaire, M. Matsushima, est associé avec Teruya Yoshida sur cette pouliche qu’il a élevée à Shadaï Farm. C’est un nouveau propriétaire, qui a eu ses couleurs il y a trois ans. Apparemment, il se débrouille bien (rires) ! C’est un monsieur ambitieux et très sympathique. M. Yoshida adore les juments qui sont à l’arrivée du Prix de Diane (Gr1) : outre Sarafina, il a déjà eu Stacelita (Monsun), Avenir Certain (Le Havre), La Cressonnière (Le Havre), Physiocrate (Doctor Dino), Commes (Le Havre)… C’est sa course fétiche. En général, les juments qui sont à l’arrivée du Diane produisent très bien. » Masaaki Matsushima a d’ailleurs eu un partant dans le Prix de Diane (Gr1) 2019 avec Amarena (Soldier Hollow). Patrick Barbe poursuit : « Savarin est entraînée en France car c’est une question de prestige. Car si vous comparez les allocations japonaises aux françaises, il faut ajouter un zéro de plus là-bas. En outre, si vous voulez courir les courses classiques françaises avec une chance, il vaut mieux mettre les chevaux à l’entraînement en France. Les chevaux n’ont pas le droit de rester plus de deux mois à l’extérieur du Japon. C’est ce qui les pénalise dans l’Arc : ils n’ont pas le temps de vraiment s’acclimater. La pouliche, qui vient de gagner en Angleterre, a d’ailleurs quitté le Japon depuis six mois et elle n’a plus le droit de revenir y courir. Mais elle a eu un temps d’acclimatation nettement plus important ce qui fait la différence. »

Pourquoi Teruya Yoshida adore-t-il les gagnantes du Diane ? Les éleveurs japonais ne laissent pas grand-chose au hasard, en particulier en ce qui concerne les statistiques. Nul doute que Teruya Yoshida a bien étudié la production au haras des différentes épreuves classiques européennes avant d’investir. Et les gagnantes du Prix de Diane n’ont pas à rougir de leur bilan au haras si on le compare à celui des lauréates des Oaks. Sur les dix dernières lauréates du classique cantilien dont on peut juger la production, huit ont donné des black types, sept au moins un cheval de Groupe et trois au moins un lauréat de Gr1. Il s’agit de Zarkava (la mère de Zarak, Grand Prix de Saint-Cloud, Gr1), Stacelita (la mère de Soul Stirring, deux Gr1 au Japon dont les Oaks locales) et Daryaba (Daryakana, Hong Kong Vase, Gr1). Or, outre-Manche, le bilan des gagnants des Oaks est statistiquement le même avec huit mères de black types, sept qui ont donné au moins un cheval de Groupe et trois au moins un lauréat de Gr1 : Ouija Board (la mère d’Australia, Derby d’Epsom et d’Irlande, International Stakes, Grs1), Kazzia (la mère d’Eastern Anthem, lauréat de la Dubai Sheema Classic, Gr1) et Light Shift (la mère d’Ulysses, gagnant des Eclipse Stakes et des Juddmonte International Stakes, Grs1). Le détail qui change la donne, c’est le fait que les gagnantes du Diane sont plus souvent sur le marché que celle des Oaks !

Une histoire d’amitié. Masaaki Matsushima, installé à Kyoto, a fait fortune dans le monde de l’automobile de luxe. En septembre 2015, son ami Yutaka Take nous avait expliqué comment il était devenu propriétaire : « Il a toujours aimé les courses hippiques. Il pariait beaucoup… Et il perdait beaucoup ! C’est pour cela que je lui ai dit d’acheter un cheval plutôt que de perdre de l’argent en pariant (rires). Mais ce n’est pas simple en tant que propriétaire non plus. Il perd encore de l’argent et la perte est finalement plus importante (rires) ! Il n’a pas encore gagné de Groupe au Japon. La victoire de Géniale (Deep Impact) dans le Prix Messidor (Gr3) était sa première à ce niveau. Il était vraiment très heureux. C’était le plus grand moment de sa vie… après son mariage (rires) ! »

Un top acteur des ventes en quelques années. Masaaki Matsushima a, depuis 2013, été très actif à la vente de sélection de la JRHA. Il n’a pas hésité à investir des sommes très importantes dans quelques-uns des plus beaux pedigrees de cette vente. Toujours dans une même optique : espérer trouver un cheval d’Arc pour réaliser son rêve, et gagner cette course mythique. En 2013, il a investi sous son nom. On ne trouve pas trace de lui en 2014, où il a malgré tout été actif. En 2015, son entité Kieffers fait son apparition sur la liste des résultats… Parmi eux, un certain Géniale.

http://www.jourdegalop.com/Media/Jdg/Documents/SAVARINpedigree.pdf

Une fille de Sarafina. Élevée par Shadaï Farm, Savarin est une fille du regretté Deep Impact (Sunday Silence) et de la championne Sarafina (Refuse to Bend). Exportée au Japon en 2012, cette dernière a remporté cinq Groupes parmi lesquels le Grand Prix de Saint-Cloud, le Prix Saint-Alary et le Prix de Diane (Grs1). Elle a également conclu deuxième du Prix Ganay à trois reprises et troisième des Prix de l’Arc de Triomphe et Vermeille (Grs1). Au haras, elle a donné Geniale (Deep Impact), vainqueur du Prix Messidor (Gr3) en 2018, Plus (Victoire Pisa), gagnante de Listed au Japon et Go Timing (Deep Impact), récent troisième du Radio Nikkei Sho (Gr3). Elle a un yearling par Victoire Pisa (Neo Universe) et elle a été saillie par Kitasan Black (Black Tide) en 2018.

La deuxième mère, Sanariya (Darshaan), s’est placée à 3ans sur les 2.000m de Yarmouth. Outre Sarafina, elle a donné Sandagiyr (Dr Fong), lauréat des Dubai Firebreak Stakes (Gr3), Sanaya (Barathea), gagnante du Prix Casimir Delamarre (L) et deuxième du Prix Saint-Alary (Gr1) et Sanjida (Polish Precedent), troisième des Prix de Condé, Cléopâtre et Pénélope (Grs3). C’est la famille de Saint Loup (Zamindar), deuxième du Prix La Force (Gr3).

Halo

Sunday Silence

Wishing Well

Deep Impact

Alzao

Wind in her Hair

Burghclere

SARAVIN (F2)

Sadler’s Wells

Refuse to Bend

Market Slide

Sarafina

Darshaan

Sanariya

Sanamia

LES CHRONOS

TEMPS PARTIELS

Du départ à 1.000m : 34’’51

De 1.000m à 600m : 26’’52

De 600m à 400m : 12’’86

De 400m à 200m : 11’’47

De 200m à l’arrivée : 11’’72

Temps total : 1’37’’05