AUX ORIGINES DE  City Light, le digne héritier de Siyouni

Courses / 02.08.2019

AUX ORIGINES DE City Light, le digne héritier de Siyouni

Ce vendredi à Deauville, City Light a décroché le sixième succès de sa carrière à l’occasion du Prix d’Hudimesnil (Classe 1). Après le succès classique de Sottsass, il reste le meilleur fils de son père selon les Racing Post Ratings (121).

Siyouni (Pivotal), c’est un peu le porte-drapeau de la « marque France » ces dernières années. Déjà père de 60 black types, il a donné deux classiques. Deux de ses trois lauréats de Gr1 ont gagné à ce niveau en Angleterre : Ervedya (Coronation Stakes, Poule d’Essai des Pouliches et Qatar Prix du Moulin de Longchamp, Grs1), Laurens (Matron Stakes, Leopardstown, Sun Chariot Stakes, bet365 Fillies’ Mile Stakes, Prix Rothschild, Prix de Diane Longines et The Gurkha Coolmore Prix Saint-Alary, Grs1) et Sottsass (Qipco Prix du Jockey Club, Gr1). Laurens et City Light (deuxième des Diamond Jubilee Stakes, Gr1) ne sont pas les seuls à faire la publicité de leur père en Angleterre. Le 25 juillet à Sandown, la 2ans Walk in Marrakesh (Siyouni) s’est imposée de bout en bout dans les Star Stakes (L) sur 1.400m. Issue du même père, Rhea (Siyouni) a fini très fort à la troisième place. Il est rare de voir deux produits d’un étalon français sur le podium d’une épreuve black type pour 2ans outre-Manche. Actuellement tête de liste des pères de gagnants en France, l’étalon du haras de Bonneval est cinquième au classement des sires européens par les gains. Le 23 juillet, Hyperion a publié un classement des sires de distance intermédiaire en Europe – de 1.900 à 2.700m – et, toujours selon les gains, Siyouni est cinquième. Tous les éleveurs français – mais aussi beaucoup d’étrangers – rêvent d’utiliser cet étalon mais, à 100.000 €, le ticket d’entrée est désormais (et c’est logique vu la qualité de sa production) inaccessible pour nombre d’entre eux. Ses premiers fils au haras sont donc attendus avec impatience. City Light pourrait tout à fait être le premier. 

La rencontre de trois grands courants de sang. Le pedigree de City Light a la particularité d’être le point de rencontre de trois vecteurs de vitesse qui ont profondément marqué l’histoire de l’élevage français : Siyouni, Kendor (Kenmare) et Luthier (Klairon). Mais, en parallèle, il présente par ailleurs l’avantage d’avoir un pedigree très original et indemne du sang de Sadler’s Wells (et donc de Galileo, Montjeu…), Storm Cat (Giant’s Causeway, Lope de Vega, Shamardal…), Dubawi (Dubai Millennium), Linamix, Kaldoun… ce qui le rendra facile à croiser lors de son entrée au haras. Alec Waugh est l’éleveur de City Light avec Isabelle Corbani. L’année dernière nous lui avions posé la question suivante : « Pourquoi avoir croisé Siyouni avec la mère de City Light ? » L’homme de Jedburgh Stud nous avait alors répondu : « Je suis porteur de parts de l’étalon (…). Au moment de la conception de City Light, c’était sa troisième année de monte. Il n’était pas encore possible de savoir qu’il allait devenir le grand sire qu’il est aujourd’hui. Sa mère, Light Saber (Kendor), était issue de trois étalons remarquables, avec de la vitesse : Kendor, Irish River (Riverman) et Luthier. Lorsque je suis arrivé en France, au haras d’Étreham, j’ai bien connu Irish River et Luthier. Les voir réunis dans un papier, c’était un petit coup de cœur. J’ai acheté Light Saber à Arqana, où elle était vendue par le haras de Varaville. Sa mère et sa deuxième mère étaient performantes au niveau Gr1 et Light Saber avait elle-même montré de la qualité. Elle avait bien couru avec sept sorties, deux victoires, dont une course B sur 1.600m, et sans jamais terminer plus loin que troisième. Je pense qu’elle aurait mérité de décrocher une place au niveau Listed. (…) Elle est de taille moyenne, avec un peu d’os et une belle tête. Avec ses canons courts, on pouvait se dire qu’elle était capable de produire des chevaux de vitesse. »

Le frère de deux bons chevaux. Alec Waugh avait vu juste. Light Saber ne lui a donné que des bons chevaux avec des étalons très différents. Ses cinq produits vus en piste sont black types ou gagnants, notamment Busybeingfabulous (Soldier of Fortune), vainqueur de Listed et placé de Gr3 en Scandinavie, Soft Light (Authorized), impressionnant deuxième du Prix Hocquart (Gr2), et City Light, deuxième de Gr1 et lauréat du Prix de Saint-Georges (Gr3). La deuxième mère, Leariva (Irish River), a remporté le Budweiser International Handicap (Gr1), le Prix d’Astarté (Gr2) et le Prix Exbury (Gr3). Elle a donné Athanor (Ashkalani), gagnant des Prix du Ranelagh et Jacques de Brémond (Ls) et deuxième des Prix du Chemin de Fer du Nord et Quincey (Grs3), et Largesse (Saumarez). Cette dernière a produit à son tour Grandes Illusions, lauréate du Prix La Camargo (L), Highest Height (Highest Honor), troisième du Prix des Lilas (L), et Bumble (Pistolet Bleu), l’aïeule de la championne d’obstacle De Bon Cœur (Vision d’État). La troisième mère, Leandra (Luthier), s’est imposée dans le Prix de Malleret (Gr2), le Prix de la Nonette (Gr3) et s’est classée deuxième du Prix Vermeille (Gr1). Gérard Larrieu, qui manage les effectifs de Jean-Louis Bouchard, le propriétaire de City Light, nous a expliqué : « C’est un grand et beau cheval, qui toise au moins 1,67m. Il est beau, profond, avec une belle épaule, une très bonne locomotion. Ses jambes sont noires, tout comme ses pieds, qui sont très bons. »

Un vrai cheval de vitesse. Acquis sur le ring d’Arqana par Chantilly Bloodstock, City Light a été confié à Stéphane Wattel par Isabelle Corbani et Jean-Louis Bouchard. Le cheval a débuté en gagnant à 2ans sur 1.600m, avant de courir deux fois à cet âge au niveau Listed. À 3ans, raccourci sur 1.100m, il s’est classé deuxième du Prix Texanita (Gr3) avant de décrocher la deuxième place du Prix Marchand d’Or (Listed) sur 1.300m et la deuxième du Prix Luthier (Listed) sur 1.500m. En 2018, à 4ans, City Light a remporté les Betway All-Weather Sprint Championships Conditions Stakes à Lingfield et le Prix de Saint-Georges (Gr3), comme avant lui le top-étalon Anabaa (Danzig).

À Royal Ascot, très malchanceux en début de parcours, il a pris la deuxième place des Diamond Jubilee Stakes (Gr1) au prix d’une impressionnante fin de course face à Merchant Navy (Fastnet Rock). Cette édition est la meilleure depuis 2016 selon les ratings. Le cheval s’est aussi classé deuxième du Qatar Prix du Petit Couvert (Gr3).

Le podium des Diamond Jubilee Stakes a vu passer de nombreux futurs étalons, à l’image du regretté Society Rock (Rock of Gibraltar), de Choisir (Danehill Dancer) et de son fils Starspangledbanner (Choisir), de Royal Applause (Waajib), le père de père de Dark Angel (Acclamation), ou encore du chef de race Danehill (Danzig).

Après son succès de vendredi à Deauville, City Light vise désormais le Prix de la Forêt (Gr1) au mois d’octobre à ParisLongchamp. 

 

 

 

Polar Falcon

 

 

Pivotal

 

 

 

 

Fearless Revival

 

Siyouni

 

 

 

 

 

Danehill

 

 

Sichilla

 

 

 

 

Slipstream Queen

CITY LIGHT (M5)

 

 

 

 

 

 

Kenmare

 

 

Kendor

 

 

 

 

Belle Mécène

 

Light Saber

 

 

 

 

 

Irish River

 

 

Leariva

 

 

 

 

Leandra