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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Génération Galop devient Génération Courses…  et présente son plan de relance

Institution / Ventes / 23.08.2019

Génération Galop devient Génération Courses… et présente son plan de relance

Les adhérents de Génération Galop se sont réunis mercredi pour dévoiler leur projet de relance en vue des élections 2019 au comité de France Galop. Si l’entité change de nom, elle s’inscrit toujours dans une volonté de réforme en profondeur de la filière.

Steve Burggraf, tête de la liste propriétaires, a annoncé en introduction le changement de nom de l’association en Génération Courses avant de déclarer : « Notre volonté est de rassembler les acteurs professionnels du galop, mais aussi d’établir des ponts avec la filière trot, car nos destins sont intimement liés et il n’y a qu’en travaillant ensemble que nous arriverons à sortir de la crise actuelle. Le rapprochement des deux sociétés mères fait d’ailleurs partie de nos propositions phares. » Ce jeune propriétaire était accompagné des trois premiers candidats de Génération Courses pour chacun des collèges propriétaires et éleveurs. Ensemble, ils ont présenté leur projet, qui tourne autour de la relance des cinq moteurs de la croissance, les "5P" : le pari hippique, les propriétaires, le public, le programme de courses et le personnel des écuries et des haras.

LES CANDIDATS DE GÉNÉRATION COURSES

Liste propriétaires

Liste éleveurs

1. Steve Burggraf

1. Georges Rimaud

2. Didier Krainc

2. David Salabi

3. Christian de Villeneuve

3. Henri Bozo

France Galop, le Trot et le PMU sous une marque unique. En préalable, l’équipe de Génération Courses identifie une condition nécessaire : la simplification de la gouvernance de la filière. À ce sujet, Steve Burggraf précise : « Il est urgent de rapprocher les deux sociétés mères et de réunir les fonctions commerciales de France Galop, du Trot et du PMU au sein d’une entité et d’une marque unique, afin de parler d’une seule voix. La communication sur les courses est trop souvent l’apanage du PMU alors que le parieur est également un potentiel client pour les hippodromes, voire un propriétaire en puissance. À l’heure actuelle, il existe un fossé entre les membres des sociétés mères et le PMU. Beaucoup de professionnels des courses ignorent tout du jeu, tandis que les équipes du PMU ne connaissent pas grand-chose aux courses. Il est essentiel d’homogénéiser le discours que tiennent ces différentes entités et d’intégrer le fait que les courses sont tout à la fois un sport, un support de pari, un investissement plaisir et un produit de loisir. » Rappelons que Georges Rimaud vient d’être nommé par le conseil d’administration de France Galop pour travailler avec Philippe Savinel, représentant Le Trot, sur la mise en œuvre de projets communs aux deux sociétés mères, notamment l’évolution de la gouvernance de la filière.

Les conditions pour imaginer les jeux de demain. Au sujet du premier chantier identifié, le pari hippique, Didier Krainc détaille : « Mon expérience dans l’accompagnement de la transformation digitale m’a appris que ce sont rarement les leaders qui mettent en œuvre les innovations "disruptives" dans un secteur donné. Kodak ne croyait pas à la photo numérique, pas plus que Xerox n’avait vu venir la disparition du "print". De la même manière, nous pensons que le PMU n’est pas le plus à même d’opérer la révolution dont a besoin le pari hippique pour séduire les nouvelles générations, qui s’adonnent pourtant si volontiers aux paris sportifs. Les sociétés mères doivent impulser la création d’une plate-forme d’open innovation, c’est-à-dire mettre à la disposition des start-up intéressées par le pari hippique toutes les données et tous les moyens nécessaires pour imaginer les jeux de demain. »

L’expertise des entrepreneurs au service de la prospection. Concernant la relance du propriétariat, Christian de Villeneuve explique : « Dans un premier temps, il est essentiel de déployer tous les efforts possibles pour fidéliser les propriétaires existants. Pour cela, nous sommes déterminés à défendre le niveau de nos allocations, à rouvrir le dossier de la TVA et à nous battre pour que France Galop améliore la qualité de ses services aux propriétaires, à distance comme sur les hippodromes. » Steve Burggraf ajoute : « France Galop doit être plus offensif pour conquérir de nouveaux propriétaires. En tant qu’entrepreneurs, David Salabi et moi-même pouvons apporter notre expertise en matière de prospection commerciale. Cela nécessite aussi de faciliter l’accès au propriétariat en unifiant le parcours client – un seul interlocuteur depuis la prise de contact avec France Galop jusqu’à l’obtention de l’agrément – et en assouplissant le régime de l’association, qui devrait être accessible sans agrément en deçà d’un montant minimum. »

Pour l’indépendance des hippodromes parisiens. Le public constitue la troisième population à reconquérir, particulièrement sur les hippodromes France Galop. Steve Burggraf détaille : « Aujourd’hui, les hippodromes France Galop manquent d’âme et de dynamisme car il n’y a pas de "taulier". Et l’ensemble des actions marketing sont gérées depuis Boulogne. Les Jeuxdi sont une formidable réussite mais ils ne doivent pas être l’arbre qui cache la forêt : la même équipe ne peut pas se charger de la promotion de ParisLongchamp, Saint-Cloud, Chantilly et Deauville. Si ces hippodromes fonctionnent comme des centres de profit autonomes, ils pourront se doter des moyens humains et financiers nécessaires pour avoir une communication locale, non seulement sur les grands prix mais aussi sur les réunions plus modestes lorsqu’elles tombent à des dates propices à la venue du public. Prenons exemple sur les sociétés de courses indépendantes comme Clairefontaine, Nantes ou Vichy, qui rivalisent de créativité pour trouver des sponsors, proposer des animations et générer des revenus hors des jours de courses. »

La défense de la sélection et du commerce. Pas de paris, de propriétaires ni de public sans un programme de courses attractif. Georges Rimaud a déclaré à sujet : « L’objectif du programme doit demeurer la valorisation de notre élevage. L’optimisation du nombre de partants est un objectif important car il rend les courses plus compétitives et intéressantes pour les parieurs. Cependant le programme de courses ne doit pas être à la solde du PMU. L’offre de courses pour les jeunes chevaux doit être défendue car ces épreuves représentent autant d’opportunités de valorisation pour les propriétaires. Nous sommes en effet résolument engagés en faveur du commerce, qui est un moteur essentiel de la filière. Pour les éleveurs comme pour les propriétaires, la vente de chevaux de valeur permet d’alimenter le réinvestissement. Nous devons donc nous attacher à défendre le rating de nos bonnes courses à travers un véritable lobbying auprès du Pattern Committee : la valeur sportive et commerciale de tout notre élevage en dépend. »

Une nouvelle dynamique de recrutement et de formation. La formation et la fidélisation du personnel sont problématiques et Georges Rimaud précise : « La pénurie de personnel qualifié est générale. L’Afasec peine à fournir aux écuries d’entraînement des apprentis au profil approprié, tandis que, dans l’élevage, de multiples formations ne répondent pas à nos besoins. L’emploi dans la filière hippique est non délocalisable. Il offre des opportunités en zone rurale et à des personnels peu qualifiés. Nous devons nous emparer de ces caractéristiques pour amorcer une nouvelle dynamique de recrutement, avec le soutien des pouvoirs publics et des collectivités locales. »