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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Un souffle nouveau

Institution / Ventes / 15.08.2019

Un souffle nouveau

Par Adeline Gombaud

C’était l’un des faits marquants de la vente de yearlings Arqana l’an passé. En deuxième place du classement des vendeurs apparaissait La Motteraye Consignment, également à l’origine du top price de la vacation. Une structure jeune, créée en 2009 par deux trentenaires, Lucie Lamotte et Gwenaël Monneraye. La Motteraye n’est pas l’arbre qui cache la forêt : le paysage des préparateurs de yearlings s’est beaucoup rajeuni ces dernières années. L’écurie des Monceaux, apparue sur ce créneau en 2009, s’est développée et elle est devenue leader à Deauville sous l’impulsion d’Henri Bozo, 45 ans. Plus généralement, on peut même considérer que la France est en pointe sur le rajeunissement des acteurs des courses !

Le seul secteur florissant du secteur économique… Récemment, de nouvelles têtes sont apparues sur le créneau de la présentation des yearlings : Richard Powell, qui a développé le haras du Lieu des Champs, Matthieu Gouesnard, qui a créé le haras d’Ombreville, Benoît Jeffroy, qui a lancé le haras de Castillon, Charles Brière, à la tête de Fairway Consignment, Thierry Dalla Longa de HSV Agency, Guillaume Vitse, présent à Deauville pour la deuxième année sous l’entité Normandie Breeding… Tous sont âgés de moins de 45 ans et ont choisi la consignation pour se lancer. Tous ont voyagé, se sont construit un réseau solide, communiquent de façon moderne, et ont le dynamisme et l’enthousiasme de la jeunesse. Pourquoi ont-ils choisi la consignation ? Parce que l’élevage commercial est le seul secteur du secteur économique des courses qui est florissant. Comment investissent-ils les sommes générées par cette activité ? En développant leur propre élevage…

Une bulle ? Le volume d’affaires généré par Arqana progresse depuis une dizaine d’années. Apparue en 2008, l'agence Osarus connaît aussi une croissance régulière. Dans le même temps, la situation financière des entraîneurs se dégrade. Leur nombre est passé de de 1.100 à un peu de 900 en dix ans. Le volume des enjeux PMU décline depuis 2012, même si l’activité a connu un (très) léger sursaut en 2017. Les comptes de France Galop sont dans le rouge, et en 2018, les encouragements ont baissé de 25 millions d’euros… Les éleveurs tirent la langue, les propriétaires sont de plus en plus difficiles à recruter.

Dans ce contexte, l’élevage commercial apparaît comme une bulle, presque déconnectée des contraintes économiques. Vendre un yearling, c’est vendre du rêve. Mais un rêve de plus en plus raisonné. Si les grands acheteurs internationaux investissent à Deauville, c’est qu’ils y trouvent le produit qui les intéresse, grâce au professionnalisme des présentateurs, au travail de sélection et aux investissements des éleveurs français. Si (parfois) ils exploitent leurs achats sur notre sol, c’est que notre système de courses conserve une certaine attractivité. Si des jeunes s’installent, c’est qu’ils y croient en l’avenir. S’ils y croient, il faut y croire avec eux !