LE BILAN DES GROUPES DU MEETING DE DEAUVILLE - Earthlight, le Maradona de l’équipe Fabre

International / 26.08.2019

LE BILAN DES GROUPES DU MEETING DE DEAUVILLE - Earthlight, le Maradona de l’équipe Fabre

L’équipe d’Argentine a remporté la Coupe du monde de football 1986 avec le concept suivant : Maradona et dix autres footballeurs. C’est un peu ce qu'il s’est passé à Deauville chez les 2ans : Tropbeau et Earthlight, ont remporté quatre des 11 Groupes. Sept autres chevaux ont remporté les sept autres épreuves.  

Par Franco Raimondi

Ces deux-là ont fait carton plein. Affirmer cela n’est pas très valorisant pour les sept autres. Et surtout c’est loin d’être exact. Mais la réussite des 2ans français est le fait marquant de ce meeting 2019. C’est sur un score de 11 à10 que la France s’est imposée face au reste de l’Europe. Exactement comme en 2017. Le meilleur meeting pour les tricolores – sur les cinq dernières années – reste celui de 2016 avec 14 succès. Sur la même période, la France a gagné une seule fois davantage de Grs1 que les étrangers, c’était en 2018. Étant donné qu’Earthlight (Shamardal) est le seul lauréat de Gr1 entraîné dans notre pays, il est primordial que son succès soit intervenu dans une course qui apparaissait comme inaccessible aux 2ans français. L’élève de Godolphin et Tropbeau (Showcasing) ont transformé le 0 à 4 de l’année dernière en 4 à 0. Un élément donne encore plus de relief à cette performance : le lauréat du Darley Prix Morny décroche le meilleur rating de la réunion (119). Et ce rating est le même que celui d’Advertise (Showcasing), lequel a confirmé dans le Larc Prix Maurice de Gheest (Gr1) sa solide valeur anglaise.

Un Jacques Le Marois en demi-teinte. Le Prix du Haras de Fresnay-le-Buffard - Jacques Le Marois (Gr1) est depuis toujours la course de référence, celle qui sort le champion du mois d’août. Le gagnant de cette année, Romanised (Holy Roman Emperor), a fourni un rating de 118. C’est le plus bas enregistré ces dix dernières années, comme l’a souligné le blog des handicapeurs de France Galop. Si l’on prend les éditions disputées depuis le début des années 2000, on trouve au même rating Whipper (Miesque’s Son) en 2004. Et une livre en-dessous, la pouliche Six Perfections (Celtic Swing) qui, en 2003 avait terminé sa saison en remportant le Breeders’ Cup Mile (Gr1). Sur cette même ligne, il y a également Vahorimix (Linamix) qui, en 2001, avait profité des malheurs de Banks Hill (Danehill), lauréate l’année suivante, et du gagnant des Sussex Stakes (Gr1) Noverre (Rahy), gênés par l’allemande Proudwings (Dashing Blade), disqualifiée après avoir passé le poteau en tête.

Le clash avec les Sussex Stakes. Le Prix Jacques Le Marois a un rival : les Qatar Sussex Stakes (Gr1). Un seul cheval a réussi à faire le doublé depuis 2001. Il s’agit de Kingman (Invincible Spirit) qui, en 2014, avait profité de 18 jours d’intervalle entre les deux épreuves. Il avait affiché un rating de 126 à Goodwood et 123 à Deauville, ce qui est assez logique lorsque l’on court de manière si rapprochée. S’il est vrai que le mile anglais se court avec tournant (et ondulations !) mais également que celui de Deauville est une ligne droite (plate comme un billard), les deux courses s’adressent aux mêmes chevaux. Et cette année, en étant organisées respectivement le 31 juillet et le 11 août, il était impossible de viser les deux à la fois. Too Darn Hot (Dubawi) a gagné en Angleterre avec à la clé un rating de 120. C’est une donnée importante au niveau du programme européen, encore plus maintenant que les deux courses sont millionnaires, en livres et euros. Si l’on met de coté Kingman, depuis 2000, en 18 éditions, le gagnant du Jacques Le Marois a affiché à huit reprises une meilleure valeur que celui des Sussex. Et par neuf fois, la course anglaise a fait mieux que la française. Dernier élément : en 2016 Ribchester (Iffraaj) et The Gurkha (Galileo) ont affiché le même rating (122).

Ceux qui peuvent monter dans les Grs1. Les trois autres Grs1 du meeting ne nous ont rien appris de neuf. Laurens (Siyouni) est la meilleure pouliche d’Europe sur le mile et elle a remporté le Prix Rothschild (Gr1), Advertise est un vrai sprinter de Gr1 et il a conquis son troisième succès au top-niveau, Coronet (Dubawi), après avoir vaincu le signe indien dans le Grand Prix de Saint-Cloud, a confirmé dans le Prix Jean Romanet (Grs1). Penchons-nous désormais sur ceux qui peuvent décrocher leur Gr1 plus tard dans la saison, voire l’année prochaine. Le prince Abdullah a gagné trois Groupes avec des 3ans qui peuvent monter de catégorie. L’anglais Headman (Kingman), après un parcours chaotique, est venu à bout du Prix Guillaume d’Ornano - Haras du Logis Saint-Germain (Gr2). Il devrait progresser encore de quatre ou cinq livres, ce qui est fort possible. Son entourage envisage un essai dans les Qipco Irish Champion Stakes (Gr1), un poil trop ambitieux peut-être, mais le temps joue en sa faveur. Delaware (Frankel) a eu un long parcours d’apprentissage, mais lors de ses deux sorties à Deauville, il a progressé de 7,5 kilos sur sa valeur précédente. Il est a 50,5 (112), un peu juste je vous l’accorde, mais un 3ans sur la montante n’a pas de limites. Il est engagé dans le Prix du Moulin de Longchamp (Gr1). Fount (Frankel), qui ne possède pas d’engagements de Gr1, est capable d’afficher encore des progrès, même si sa valeur de 48,5 (107) est un peu mince

Les ambitions de Ziyad. Le Grand Prix de Deauville (Gr2) nous a offert un autre sujet de Gr1 en puissance en la personne de Ziyad (Rock of Gibraltar), déjà très bon deuxième du Grand Prix de Saint-Cloud. Cirrus des Aigles (Even Top) en 2011 est le dernier lauréat du Grand Prix à avoir réussi au top-niveau, en décrochant ensuite dans les Champions Stakes, le premier de ses 7 Grs1. On ne demande pas à Ziyad d’aller si loin, mais il peut franchir un autre palier. La pouliche Spinning Memories (Arcano) a confirmé dans le Prix de Meautry (Gr3) sa bonne course dans le Maurice de Gheest (Gr1). Et on sait que chez les sprinters, un détail peut changer beaucoup de choses. Le parcours avec tournant nous a permis de retrouver un Olmedo (Declaration of War) à son niveau. Et pour terminer, il ne faut pas oublier que cette année, le Qatar Prix de Royallieu est devenu Gr1. Ce sera sans doute l’objectif visé par Dame Malliot (Champs Élysées), après sa victoire dans le Prix de Pomone (Gr2).

Un meeting signé André Fabre. Un dernier mot sur les entraîneurs. Pour la troisième fois consécutive, André Fabre a terminé en tête du classement dans les Groupes avec 7 succès, son meilleur score de ces cinq dernières années. Lui, comme la France, doit sa réussite en grande partie aux deux juniors, Tropbeau et Earthlight. On en revient toujours au même point : le gagnant du Prix Morny est bel est bien le cheval du meeting 2019, un très bon 2ans capable de s’imposer en Angleterre, ce que l’on attend depuis belle lurette.

BILAN DES GROUPES COURUS DEPUIS 2015 LORS DU MEETING DE DEAUVILLE

Année Groupes Gr1 Gr 2ans Meilleur entraîneur (Groupes)
France  Étranger France Étranger France Étranger 
2019 11 10 1 4 4 0 André Fabre (7)
2018 12 9 3 2 0 4 André Fabre (5)
2017 11 10 1 4 2 2 André Fabre (3)
2016 14 7 2 3 2 2 Jean-Claude Rouget (4)
2015 12 9 1 4 2 2 John Gosden (3)