LE BILAN DU MEETING DE DEAUVILLE - Les enjeux et la fréquentation dans le vert

Courses / 30.08.2019

LE BILAN DU MEETING DE DEAUVILLE - Les enjeux et la fréquentation dans le vert

LE BILAN DU MEETING DE DEAUVILLE

Les enjeux et la fréquentation dans le vert

En provenance de Maisons-Laffitte, Franck Le Mestre a pris la tête de l’hippodrome et du centre d’entraînement de Deauville au printemps 2018. Immédiatement adopté par les Normands, ce Breton d’origine nous a livré le bilan 2019 du meeting.

 En ce qui concerne la fréquentation, le directeur détaille : « Lors du meeting estival, nous avons enregistré une augmentation de 15,6 % de la fréquentation en ce qui concerne le grand public. Dans le même temps, chez les socioprofessionnels, nous constatons une augmentation de 4,3 %. Sur l’hippodrome de Deauville - La Touques, la fréquentation est bien sûr variable en fonction des journées. Celle du Lucien Barrière Grand Prix de Deauville a rassemblé 5.000 personnes et celle du Prix du Haras de Fresnay-Le-Buffard-Jacques Le Marois 7.000 spectateurs. Certaines réunions sans épreuves de prestige, comme celle de ce début de semaine, peuvent néanmoins tirer leur épingle du jeu, avec près de 2.500 personnes. Le 15 août, nous avons enregistré une baisse de 200 personnes. Mais c’est une date que tous les organisateurs d’événements recherchent et cette petite décroissance est peut-être la conséquence d’un certain chevauchement entre polo, courses et concours hippiques. Car à ce moment-là, la région de Deauville – avec les ventes Arqana également – devient la plus grande écurie de France ! »

Une hausse des enjeux. « La moyenne des partants est de 11,2 chevaux par course. Le PMH progresse de 8,6 %. L’accueil des joueurs néophytes, en partenariat avec le PMU, a été amélioré. Tout le monde peut constater de ses propres yeux l’évolution du parcours client. Et pour ceux qui sont plus experts, les abonnements et offres spéciales font leur effet. Le parieur, trop souvent oublié par le passé, est désormais au centre de toutes les préoccupations. J’aimerais aussi qu’à l’avenir, il soit à nouveau possible d’avoir des horaires permettant aux joueurs d’assister à la réunion de Deauville puis d’avoir le temps d’aller en voiture à Cabourg. »

Attirer et fidéliser le grand public. « Notre vocation est d’accueillir l’élite de la compétition – et nous sommes très heureux lorsque de grands propriétaires internationaux nous font l’honneur de leur présence, car ils font vivre une bonne partie de la filière – tout en faisant vibrer le grand public et les parieurs. Il est important de mesurer la satisfaction des clients de l’hippodrome. Nous avons mené une enquête avec l’institut GoudLink, dans cet objectif. Les premiers retours sont instructifs et positifs puisque 97 % des spectateurs interrogés s’estiment satisfaits. Nous avons travaillé sur le zonage du site où chaque type de public doit trouver sa place. Mais nous avons aussi – et surtout – proposé de nouvelles animations qui sont très appréciées. Les retours sur le photocall, le ponycycle et les structures gonflables obtiennent de très bonnes notes parmi le panel interrogé. C’est très important pour le public familial et celui venu des gîtes ou des campings environnants. Attirer ces personnes, c’est aussi mener une réflexion au niveau de la communication. L’époque où l’on pouvait tout planifier deux mois à l’avance est révolue. Les réseaux sociaux permettent de récupérer ceux qui se décident au dernier moment. Nous envoyons huit personnes du GTHP dans les rues de la ville – sur des trottinettes – pour distribuer des flyers et signaler aux gens que l’on court l’après-midi. Cette action a montré toute son efficacité cette année. En amont et pendant tout le meeting, nous avons beaucoup communiqué dans la presse locale, mais aussi dans de nouveaux supports, comme un journal gratuit qui a vu le jour récemment. Au mois de juin, les offices du tourisme de la région et les patrons de bar PMU ont été invités à visiter l’hippodrome et à assister à l’entraînement. Ce sont des prescripteurs. »

Les chantiers pour les années à venir. « Nous avons la chance d’avoir des journées à thèmes et elles constituent un angle de développement pour les années à venir, par exemple, les championnats de poneys au galop, déclencheurs de vocations, le défi des jockeys, un échange de disciplines entre le Trot et le Galop qui a rencontré un fort succès, l’Equestrian Challenge, un rendez-vous qui est devenu incontournable… La journée du Maroc et les Franciscaines étaient de très belles initiatives tout comme la soirée Un homme et une femme avec Claude Lelouch. L’offre de restauration simplifiée et les snacks à destination du grand public semblent avoir trouvé la bonne formule.

Les stands de restauration et boissons tirent un bilan positif du meeting. En ce qui concerne les socioprofessionnels, le Black Type en version agrandie a connu une belle fréquentation. Cet espace fonctionne vraiment très bien. Le jardin du Paddock a connu plus de difficultés. »

Les pistes. « Je dois saluer le travail de mes équipes. Ce sont des gens compétents, pragmatiques et à l’écoute, des socioprofessionnels et de la météo notamment. La P.S.F. a tenu sa partie. On parle des projections. Mais une P.S.F. sans projection est accidentogène. Martin Collins grand spécialiste international de la question a déclaré dans vos colonnes : "Comme toute piste de qualité, une P.S.F. génère des projections car c’est lié à la capacité d’absorption du sol. Le cas échéant, on casse les chevaux car la piste n’est pas assez souple. Aux États-Unis, à Keeneland, de nombreuses études statistiques ont été menées sur les différents types de pistes. Les chiffres prouvent que celles en sable fibré génèrent 85 % d’accidents en moins que les autres surfaces. C’est une différence considérable." Cette année, pour nous adapter au changement du programme, nous avons modifié le plan de cordage. En ce moment même, nous avons mis à blanc une bande de six mètres sur la piste en gazon pour pouvoir sursemer. Nous avons huit semaines avant les prochaines courses. Cette piste en turf était visuellement fatiguée durant le meeting, mais mécaniquement parlant, elle n’a pas altéré le verdict hippique des compétitions. Je voudrais conclure en saluant la réussite des entraîneurs basés à Deauville. Nous avons des jeunes – ils représentent l’avenir – et des professionnels connus dans le monde entier, comme Jean-Claude Rouget. »