LE TOUR DES HARAS - AOÛT 2019 - Antoine Lepeudry : « Les indicateurs des ventes de chevaux à l’entraînement de mi-saison sont excellents »

Élevage / 03.08.2019

LE TOUR DES HARAS - AOÛT 2019 - Antoine Lepeudry : « Les indicateurs des ventes de chevaux à l’entraînement de mi-saison sont excellents »

ÉLEVAGE DE TOURGÉVILLE

14800 TOUGÉVILLE

LE TOUR DES HARAS - AOÛT 2019

Antoine Lepeudry : « Les indicateurs des ventes de chevaux à l’entraînement de mi-saison sont excellents »

Comme chaque année, les journalistes de JDG visitent les haras qui présenteront des yearlings en août chez Arqana. L’occasion d’un questionnaire sur leurs lots 2019. Cinquième épisode : Antoine Lepeudry de l’élevage de Tourgéville.

Jour de Galop. - Comment jugez-vous votre lot pour ces ventes d’août ?

Antoine Lepeudry. - Nous avons un bon lot cette année, et la sélection d’Arqana nous permet de présenter des poulains aux profils variés. De bons modèles, issus d’étalons que nous aimons, de juments confirmées ou de jeunes juments bien nées.

Avez-vous un coup de cœur ?

Le lot 30 est une pouliche qui a un physique exceptionnel. C’était un excellent foal et elle a bien fait cet hiver. Elle est par Siyouni (Pivotal) et elle est issue d’une jument dont le premier produit, Firstman (Zoffany), vient de faire de bons débuts à 2ans sous l’entraînement de Jean-Claude Rouget. Je suis particulièrement excité à l’idée de présenter cette yearling le samedi.

Comment jugez-vous l’état du marché des yearlings actuellement ?

C’est difficile de porter un jugement cette année, car on parle des premiers yearlings à vendre en Europe et que seuls les Japonais ont commencé à vendre dans l’hémisphère Nord. Cependant, les indicateurs des ventes de chevaux à l’entraînement de mi-saison sont excellents, même chez les acheteurs locaux. Cela nous donne de bons espoirs.

Sur le plus long terme, le marché continue de progresser doucement mais les chevaux sont plus chers à produire. C’est très difficile d’acheter une belle jument en décembre. Les marges ont baissé.

Quelles sont, pour vous, les particularités de la vente d’août ?

C’est un challenge au niveau de la préparation par rapport aux autres ventes haut de gamme en Europe. Nous devons présenter des chevaux quatre à dix semaines plus jeunes qu’en Angleterre ou en Irlande. Il faut bien choisir quel poulain envoyer en août. Cela cause un peu de stress. Pour nous, c’est la première "course"de l’année, mais c’est déjà le "Derby". Si on vend bien en août, on aborde le reste de la saison avec sérénité.

Comment décririez-vous le yearling idéal pour la partie sélectionnée ?

Il faut un beau cheval, qui ait le calibre pour les acheteurs internationaux. Un yearling qui ait de la jambe, de la force dans l’arrière-main, un peu d’épaisseur, une bonne ligne de dos, une belle encolure et des aplombs presque irréprochables. Il faut qu’il soit par un étalon qui ait la cote et qu’il soit issu d’une jeune jument ou d’une jument très confirmée. En gros, le top.

Quelle famille maternelle vous fait particulièrement rêver ?

Bien sûr, nous sommes de grands adeptes des souches Aga Khan et Wertheimer. Notre lot 335 est issu de la page de Rajsaman (Linamix) et de Rosanara (Sinndar), et le lot 348 est issu de la famille de Poliglote (Sadler’s Wells). Mais notre rêve à Tourgéville, c’est la souche de Miller’s Lily (Miller’s Mate), la petite "matrone du haras". Nous allons d’ailleurs présenter en août son arrière-petite-fille, une sœur de Robin of Navan (American Post). Il s’agit du lot 71.

Qui est le jeune étalon (dont les premiers produits sont yearlings) en qui vous croyez le plus ?

Je pense que Shalaa (Invincible Spirit) a donné de très bons foals l’an dernier. J’ai deux belles pouliches par Dariyan (Shamardal) et Territories (Invincible Spirit).

Parmi les chevaux qui ont été préparés par vos soins, lequel vous a le plus marqué et pourquoi ?

Je pense que Robin of Navan est celui qui nous a le plus marqués dans le sens où il avait été difficile à préparer, car on lui a découvert une petite fracture à la mâchoire quelques semaines avant les ventes. Il a perdu beaucoup de condition en arrivant au jour J. Il a heureusement bien évolué ensuite sous les soins de Con Marnane pour devenir le cheval si consistant qu’il est aujourd’hui, sous l’entraînement d’Harrry Dunlop.

Quel est votre secret pour gérer la pression à la veille de ce rendez-vous majeur ?

J’ai une équipe excellente sur laquelle je compte les yeux fermés. Mes enfants et ma famille m’entourent énormément, surtout mon épouse Anne.

En cette année électorale, quelle est selon vous la mesure la plus urgente à prendre pour la bonne santé des courses françaises ?

La clé de voûte de notre économie, c’est le pari. Sans le PMU, les allocations disparaissent, ainsi les propriétaires réduisent leurs effectifs et les éleveurs perdent du chiffre d’affaires. Il faut donc continuer de surveiller et soutenir les plans de relance autour du PMU. Cette période de récession nous oblige aussi à continuer à optimiser les charges de structures des sociétés mères. Je soutiens particulièrement Olivier Delloye sur toutes les mesures fortes et parfois douloureuses qui ont été prises dans ce sens.

LES YEARLINGS DE LA VENTE D’AOÛT

Lot Sexe Père Mère

30 F. Siyouni Tortsanlottie

71 F. Muhaarar Cloghran

328 M. Gleneagles Reine des Plages

335 M. Sea the Stars Roxelana

La course d’une vie. Nous avons demandé aux éleveurs de nous commenter LA course qui a le plus marqué leur carrière, en nous décrivant l’histoire du cheval qui portait tous leurs espoirs. Pour voir la vidéo de l’interview, cliquez ici

https://www.facebook.com/jourdegalop/videos/713125375777760/