LE TOUR DES HARAS - AOÛT 2019 - Pierre Talvard : « L’objectif reste avant tout de produire des chevaux de course. Les ventes ne sont qu’une étape. »

Élevage / 04.08.2019

LE TOUR DES HARAS - AOÛT 2019 - Pierre Talvard : « L’objectif reste avant tout de produire des chevaux de course. Les ventes ne sont qu’une étape. »

Comme chaque année, les journalistes de JDG visitent les haras qui présenteront des yearlings en août chez Arqana. L’occasion d’un questionnaire sur leurs lots 2019. Septième épisode : Pierre Talvard, du haras du Cadran.

Jour de Galop. - Comment jugez-vous votre lot pour ces ventes d’août ?

Pierre Talvard. - J’ai la chance d’avoir dans mon lot un produit de Siyouni (Pivotal), qui est un étalon assez exceptionnel. Tout comme Lope de Vega (Shamardal), dont je présente un mâle. Mais, plus que l’étalon, c’est surtout la qualité du poulain lui-même qui fait la différence. Et avoir un beau cheval, ce n’est pas facile. À force d’investissement dans les juments, à Deauville comme à Newmarket, nous parvenons à présenter des yearlings avec des pedigrees attractifs. À présent, il faut que ces yearlings fassent envie aux acheteurs. Tous les vendeurs savent que c’est compliqué. Quand on achète une jument pleine, aussi bonne et aussi belle soit-elle, on ne sait jamais ce qui va sortir. Cette année, ce qui est né de nos jeunes juments est plutôt réussi, comme, par exemple, le produit de Vadamos (Monsun) ou celui de Siyouni. Les autres sont issus de mères plus confirmées. On peut dire que notre lot tient la route mais je ne perds pas de vue que l’objectif reste avant tout de produire des chevaux de course. Les ventes ne sont qu’une étape.

Avez-vous un coup de cœur ?

Le yearling qui me plaît le plus… c’est celui qui ira le plus vite l’année prochaine et qui confirmera à 3ans ! Mon challenge – le plus difficile sans aucun doute – c’est de parvenir à déceler lesquels seront les bons parmi les yearlings. La facilité voudrait que je cite simplement le plus beau pedigree !

Comment jugez-vous l’état du marché des yearlings actuellement ?

Le très haut de gamme n’a pas de souci à se faire. Pour le milieu de gamme, il faut avoir sa clientèle. La confiance des entraîneurs, qui vous demandent votre avis, compte énormément.

Quelles sont, pour vous, les particularités de la vente d’août ?

La date de la vente ne me dérange pas. Elle serait organisée au mois de juin, cela ne me poserait pas de problème. Mes poulains sont toujours prêts, toujours beaux, tout au long de l’année. La préparation est de plus en plus gentille, nous faisons de moins en moins de choses. On les amène le plus naturellement possible, en travaillant dès l’hiver.

Comment décririez-vous le yearling idéal pour la partie sélectionnée ?

L’idéal pour cette vente d’août est d’avoir un sujet né de bonne heure et qui soit mature. Mais, si un entraîneur a une relation de confiance avec vous, il comprendra que tel sujet est né tard par exemple. Les bons voient tout cela, il n’y a parfois même pas besoin de le leur expliquer !

Quelle famille maternelle vous fait particulièrement rêver ?

Aucune en particulier. Acheter des juments, cela me passionne mais entrer par la petite porte dans la famille d’Urban Sea (Miswaki), cela ne m’intéresse pas. Et par la grande porte, c’est mission impossible. À la limite, j’aimerais bien acheter Urban Sea elle-même, mais cela me paraît compliqué aujourd’hui ! Je recherche des juments de course, saines, ayant fait leurs preuves en compétition car je veux produire des chevaux de course.

Quel est le jeune étalon (premiers yearlings) en qui vous croyez le plus ?

Je trouve que Territories (Invincible Spirit) produit bien, avec une certaine classe. Ses produits ont l’air précoces et ils sont signés. J’ai un très beau yearling par Harzand (Sea the Stars). Il sort vraiment de l’ordinaire.

Parmi les chevaux qui ont été préparés par vos soins, lequel vous a le plus marqué et pourquoi ?

C’est Qemah (Danehill Dancer). Sans aucune hésitation. Car je pensais vraiment qu’elle allait être bonne.

Quel est votre secret pour gérer la pression à la veille de ce rendez-vous majeur ?

Mon personnel est parfois plus tendu que moi, mais il gère aussi mieux la pression que moi ! En tout cas, ils ne font pas ressentir leur pression. Nous avons tous peur qu’un poulain s’abîme quand il va au paddock. Nous les sortons quotidiennement et c’est un risque. Mais c’est notre manière de faire.

En cette année électorale, quelle est selon vous la mesure la plus urgente à prendre pour la bonne santé des courses françaises ?

France Galop gère le déclin du sport hippique en France : j’aimerais que l’on m’explique en quoi supprimer Enghien et Maisons-Laffitte est quelque chose de positif. Combien d’économies réelles ? Pour le moment, nous sommes dans le brouillard. Les conséquences sont déjà visibles sur la piste de Deauville, qui souffre d’une surcharge d’activité.

LES YEARLINGS DE LA VENTE D’AOÛT

Lot

Sexe

Père

Mère

32

M.

Dark Angel

Varsity

105

M.

Siyouni

Kerila

111

F.

Gleneagles

Lana Girl

117

M.

Dark Angel

Lucky Look

125

F.

Kodiac

Mikkwa

137

M.

Vadamos

Nymeria

154

F.

Golden Horn

Reponds Moi

177

M.

Territories

Sheistheboss

179

M.

Gutaifan

Siderante

185

M.

Scissor Kick

Skysweeper

219

M.

Charm Spirit

Aliyeska

239

M.

New Bay

Comique

268

M.

Zoffany

Guerande

284

F.

Belardo

Iron Lips

285

M.

The Gurkha

James Bond Girl

324

F.

Mehmas

Princess Charm

333

M.

Lope de Vega

Rockatella

338

M.

Harzand

Russiana


La course d’une vie.
Nous avons demandé aux éleveurs de nous commenter LA course qui a le plus marqué leur carrière, en nous décrivant l’histoire du cheval qui portait tous leurs espoirs. Pour voir la vidéo de l’interview, cliquez ici

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HARAS DU CADRAN

LA FLEURIÈRE

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