LE TOUR DES HARAS - LA TESTE 2019 - Olivier Campos : « L’opportunité de présenter ses chevaux sans être noyés dans la masse »

Élevage / 27.08.2019

LE TOUR DES HARAS - LA TESTE 2019 - Olivier Campos : « L’opportunité de présenter ses chevaux sans être noyés dans la masse »

Comme chaque année, les journalistes de JDG ont soumis un questionnaire aux haras qui présenteront des yearlings en septembre à Osarus. Deuxième épisode : Olivier Campos, du Gaec de La Seguègne.

Jour de Galop. – Comment jugez-vous votre lot pour ces ventes de septembre ?

Olivier Campos. – Nous présentons deux sujets sérieux. Nos yearlings sont toujours en bel état mais ils ne sont jamais lourds. Nous les avons élevés exactement de la même manière que Master Dino (six victoires de Groupe dont les Prix Cambacérès & Renaud du Vivier, Grs1), Wind Tartare (deuxième du Critérium de l'Ouest, L), Kitten Rock (Red Mills Trial Hurdle, Gr2), Loyal Tartare (Prix Isonomy, L), Volo Cat (multiple placé de Listed en Europe du nord) ou encore Everneyev (deuxième du Gran Premio Gobierno Vasco, L).

Le lot 243 est un poulain énergique, qui sort de l’ordinaire physiquement. C’est un fils de la black type Ovidie (Gold Away), laquelle a déjà donné cinq gagnants. Il peut tout aussi bien séduire pour le plat que pour l’obstacle car sa mère – une sœur de Mon Nickson (Nickname), black type à Auteuil – a déjà produit Tiger Back (Hold that Tiger), lequel compte trois succès sur les haies.

Le lot 206 est une très plaisante fille de Penny’s Picnic (Kheleyf), un étalon dont on connaît la réussite. La mère a déjà donné quatre gagnants, dont un black type et deux chevaux qui ont remporté plus de cinq courses.

GAEC DE LA SEGUÈGNE

LA SEGUÈGNE

81700 BLAN

Avez-vous un coup de cœur ?

C’est difficile à dire. Les deux sont très plaisants mais dans un style différent.

Comment jugez-vous l’état du marché des yearlings actuellement ?

Il n’est pas forcément toujours évident. Mais nous avons toujours trouvé des acheteurs pour notre production. Dans notre catégorie, celle des éleveurs qui n’ont pas des moyens illimités et moins de cinq juments, il est très important de produire des chevaux sains, qui vont aux courses, car les primes à l’éleveur sont primordiales pour pérenniser notre activité. Cela nous permet de réinvestir, notamment dans les saillies et l’amélioration de la qualité de nos pedigrees.  

Quelles sont, pour vous, les particularités des ventes de septembre ?

C’est un marché que l’on peut qualifier de réaliste. C’est aussi une opportunité pour des éleveurs "locaux" de présenter leurs chevaux sans être noyés dans la masse. Nous avons une longue histoire avec les ventes Osarus. Imaginez-vous, notre élève Fly Tartare (Greengroom) était le lot numéro 1 de la première édition de la vente de La Teste en septembre 2008 ! C’est Thierry Larrivière qui l’avait acheté. La jument a gagné cinq courses et décroché 21 places. Comme tous les éleveurs, nous ne sommes jamais aussi heureux que lorsque tout le monde sort gagnant d’une vente. En 2015, Christian Delcher Sanchez nous a acheté Wind Tartare (Air Chief Marshal) à La Teste. Elle a gagné à 2ans et, une fois black type, elle a été vendue aux États-Unis. Là aussi, tout le monde a été gagnant, entraîneur comme propriétaire.

Quelle famille maternelle vous fait particulièrement rêver ?

Plus que rêver d’une souche de prestige en particulier, qui est probablement inaccessible pour notre élevage, j’essaye d’avoir des aspirations réalistes. Ainsi, au fil des années, nous avons amélioré le niveau de nos juments.

Quel est le jeune étalon en qui vous croyez le plus ?

J’aime beaucoup Johnny Barnes (Acclamation) qui est représenté cette année par ses premiers foals.

Parmi les chevaux qui ont été préparés par vos soins, lequel vous a le plus marqué et pourquoi ?

Magic Tartare (Lesotho) était une pouliche à part, avec un comportement différent des autres. Concernant Master Dino, nous croyions énormément en lui mais il était en pleine croissance au moment des ventes, si bien que monsieur Allard l’a acheté pile à ce moment-là. Mais je pourrais tout aussi bien vous citer les deux derniers chevaux que nous avons vendus. En 2018, nous présentions deux chevaux à La Teste et ils ont tous les deux gagné cette année, à 2ans. Non Monsieur (Lucayan), entraînée par madame Bernard, vient de remporter son maiden, en débutant face à des chevaux d’expérience. Elle porte les couleurs de Pierre-Jean Allard. Villa Anabaa (Anabaa Blue), entraînée par Charley Rossi pour le haras de La Gousserie, a remporté une course et décroché deux places.

Quel est votre secret pour gérer la pression à la veille de ce rendez-vous majeur ?

Je crois que présenter les yearlings permet de beaucoup marcher, un exercice physique qui sert aussi de défouloir !

En cette année électorale, quelle est, selon vous, la mesure la plus urgente à prendre pour la bonne santé des courses françaises ?

Je crois qu’il est vraiment important de continuer à démocratiser l’accès aux courses pour le grand public, tout en préservant la base de la pyramide de notre filière, que ce soit au niveau des propriétaires, des entraîneurs ou des éleveurs. En ce qui nous concerne, nous qui sommes agriculteurs et éleveurs, la réhabilitation des prime aux chevaux d’âge est un élément nécessaire à la pérennité de notre activité.

LES YEARLINGS DE LA VENTE DE SEPTEMBRE À LA TESTE

Lot       Sexe              Père                                                    Mère

206      F                   Penny's Picnic                                    Magic Tartare                          

243      M                  Tin Horse                                           Ovidie