LE TOUR DES HARAS - LA TESTE 2019 - Pierric Rouxel : « Les ventes de La Teste, c’est un peu le Saratoga français ! »

Courses / 26.08.2019

LE TOUR DES HARAS - LA TESTE 2019 - Pierric Rouxel : « Les ventes de La Teste, c’est un peu le Saratoga français ! »

Comme chaque année, les journalistes de JDG ont soumis un questionnaire aux haras qui présenteront des yearlings en septembre à Osarus. Premier épisode : Pierric Rouxel, du haras de Maulepaire.

Jour de Galop. – Comment jugez-vous votre lot pour ces ventes de septembre ?

Pierric Rouxel. – Je ne présente pas un lot important. Nous devions amener deux mâles et une femelle, mais nous ne pouvons finalement pas amener cette dernière. Nous vendons à l’amiable un certain nombre de poulains et j’ai beaucoup de juments à la maison appartenant à des clients qui élèvent pour les courses. Je ne présente donc jamais beaucoup de chevaux aux ventes. Mais mes deux poulains sont très bien.

HARAS DE MAULEPAIRE

72460 SAVIGNÉ-L’ÉVÊQUE

Avez-vous un coup de cœur ?

Les deux me plaisent beaucoup. Ce sont deux très beaux individus dotés d’un modèle qui, je pense, plaira aux acheteurs d’Osarus, avec un peu de précocité.

Comment jugez-vous l’état du marché des yearlings actuellement ?

Au vu des ventes d’août Arqana, ça part sur des chapeaux de roue ! On a vu un marché très fort, dans le très haut de gamme mais aussi dans les couches intermédiaires. J’avais un seul yearling lors de la v.2, et il a été vendu le double de ce que je pensais. Le reste de l’année ne va peut-être pas garder le même tempo, mais c’est très encourageant. Cela prouve qu’il y a des acheteurs. Osarus comme Arqana sont très sélectifs dans leur catalogue, et quand on y est, c’est déjà une petite victoire !

Quelles sont, pour vous, les particularités des ventes de septembre ?

Ce sont des ventes qui ont une atmosphère particulière. On change de cadre, on arrive dans ce très bel endroit, très décontracté qu’est La Teste… C’est un peu le Saratoga français ! Beaucoup d’entraîneurs viennent à La Teste et cela permet de tisser ou de renforcer des liens. Ce sont des gens qui ont un œil très professionnel. C’est un marché vrai.

Comment décririez-vous le yearling idéal pour ces ventes ?

C’est un yearling qui a du modèle, de la précocité mais pas que ! Il faut qu’il fasse un peu envie et qu’il soit issu d’un étalon qui a fait ses preuves en donnant de bons gagnants à 2ans. Il faut aussi qu’il ait un pedigree maternel vivant, sachant qu’entre la v.2 et les ventes de La Teste, on est exactement sur le même standard de yearlings.

Quelle famille maternelle vous fait particulièrement rêver ?

Celle d’Urban Sea (Miswaki), qui est extraordinaire d’excellence et de vigueur. Il y a certainement un petit chromosome qui se balade dans cette famille, qui fait qu’il y a un petit plus ! Je n’ai jamais eu la chance de toucher un membre de cette famille, mais je me souviens être allé visiter, il y a plusieurs années, le Gestüt Schlenderhan en Allemagne. Il y avait alors une jument nommée Turbaine (Trempolino), issue d’Allegretta (Lombard). C’était donc une sœur d’Urban Sea et elle avait un poulain qui était très impressionnant, et que j’avais suivi avec beaucoup d’intérêt. C’était Tertullian (Miswaki) ! Ce dernier ne produit d’ailleurs pas mal du tout, en Allemagne.

Quel est le jeune étalon en lequel vous croyez le plus ?

J’aime beaucoup Belardo (Lope de Vega), qui est stationné en Irlande. C’était un très bon cheval de course, avec beaucoup de puissance et un beau changement de vitesse, avec une mère par Danehill (Danzig). Je vais le suivre avec beaucoup d’intérêt, et j’ai d’ailleurs vu deux de ses produits à Arqana qui m’ont tapé dans l’œil. J’aime aussi beaucoup Territories (Invincible Spirit), qui était un super 2ans mais pas uniquement ! Il descend d’une lignée mâle très intéressante et j’ai une de ses filles à la maison, qui est très plaisante. Tous les produits que j’ai vus m’ont bien plu.

Parmi les chevaux qui ont été préparés par vos soins, lequel vous a le plus marqué et pourquoi ?

Je pense que c’est Bali Dancer (Balko), que nous avons vendu yearling l’année dernière. Il a toujours été un peu hors normes physiquement quand il était foal, il était plus grand et plus fort que les autres. Généralement, il y a toujours un moment où il arrive quelque chose à ces poulains-là ; ils vont prendre des risques et se faire mal, ou avoir un souci de croissance. Celui-là, il n’a jamais rien eu ! Il ne fallait surtout pas qu’il nous échappe, car il avait une force assez extraordinaire. J’y croyais beaucoup en l’amenant aux ventes, mais je craignais que son physique fasse un peu peur. Finalement, ça s’est très bien passé, puisque nous l’avons vendu 80.000 €. J’espère qu’il va performer à l’avenir, il a tout pour ! J’ai toujours été bercé par des récits de la saga de Right Royal (Owen Tudor) ici, au Mesnil. Lui aussi était plus grand, plus fort que les autres. De temps en temps, on espère toujours tomber sur un cheval de sa trempe !

Quel est votre secret pour gérer la pression à la veille de ce rendez-vous majeur ?

Je n’ai pas de secret. Avant les ventes, on est forcément toujours un peu anxieux, mais ça fait partie du charme du métier. On a toujours un peu peur, comme avant une course, mais c’est une pression positive. Nous n’avons jamais vendu des yearlings pour des millions d’euros non plus, donc la pression est plus facile à gérer pour nous que pour d’autres. Ce n’est pas le moment le plus agréable du métier, mais c’est nécessaire.

En cette année électorale, quelle est, selon vous, la mesure la plus urgente à prendre pour la bonne santé des courses françaises ?

La première mesure à prendre, à mon sens, est de créer de toute urgence une entité commune qui rassemble les forces vives du galop, du trot et du PMU. Tout ce qui peut être mutualisé doit l’être. Ce n’est qu’en réussissant à présenter un front commun et uni que l’on pèsera un peu en ouvrant les portes des bureaux ministériels, afin de garantir notre survie et celle des courses. L’État veut parler à une seule entité, il faut donc mettre de côté tous les problèmes d’ego des dirigeants des différentes institutions et réussir à former un gouvernement commun. Si on ne le fait pas très vite, on sera très bientôt en très mauvaise posture.

LES YEARLINGS DE LA VENTE DE SEPTEMBRE À LA TESTE

Lot Sexe Père Mère
22 F Casamento Subprime
106 M Sri Putra Castagne
252 M Myboycharlie Plebeya